Christian Bobin, né le 24 avril 1951 au Creusot en Saône-et-Loire et mort le 23 novembre 2022 à Chalon-sur-Saône, est un écrivain et poète français.
Fils d'un père dessinateur et d'une mère calqueuse, tous deux employés à l’usine Schneider du Creusot, il est le dernier né d’une famille de trois enfants. Il passe une enfance solitaire dans la compagnie des livres.
À propos de son enfance, il déclare : « Je serais incapable de faire des récits d'enfance. Je me demande comment sont faits ces livres-là. Je me sens infirme devant ça. Et pour aggraver les choses, j'ai l'impression d'avoir une mémoire presque anéantie de tout ça. »
Il déclare aussi au sujet de l'école : « Ce qui me paraît le plus insupportable — et c'est aussi ce que fait notre société — c'est que l'école me séparait de moi-même. Ce n'était pas d'une personne, mais de moi-même, dans le vagabondage des heures, des humeurs. C'était ça dont j'étais séparé. »
Attiré par l’écriture dès l’âge de 15 ans, il se lance dans des études de philosophie et se passionne pour les œuvres de Platon, Spinoza et Kierkegaard.
À 25 ans, il écrit Lettre pourpre, un premier ouvrage publié en 1977 grâce à sa rencontre avec Laurent Debut, jeune fondateur des éditions Brandes.
Ne cherchant pas vraiment le succès, Christian Bobin continue à écrire en enchaînant les petits boulots. Il est tour à tour bibliothécaire à la bibliothèque municipale d’Autun, guide à l’écomusée du Creusot, rédacteur à la revue Milieux, élève infirmier en psychiatrie et professeur de philosophie.
Ses premiers textes, brefs et se situant entre l'essai et la poésie, sont publiés aux éditions Brandes, Paroles d’Aube, Le Temps qu'il fait, Théodore Balmoral et surtout Fata Morgana chez qui il publie notamment Lettres d'or. À la fin des années 1980, ses livres paraissent alternativement chez Fata Morgana et Gallimard, puis en alternance entre Gallimard, les éditions Lettres Vives et Le Temps qu'il fait.
En 1991, il connaît un premier succès avec Une petite robe de fête, ouvrage vendu à 270 000 exemplaires. L’année suivante, l’auteur, toujours aussi discret, fait sensation avec Le Très-Bas, livre consacré à saint François d’Assise, qui s’écoule à plus de 400 000 exemplaires et est salué par la critique (prix des Deux Magots et grand prix catholique de littérature en 1993).
En 1995, marqué par la mort prématurée de son amie de cœur (connue lors d'une soirée et déjà mère), Ghislaine Marion, Christian Bobin rend un hommage vibrant à la vie dans La plus que vive (1996), œuvre qui ne fait qu’accroître son public.
Malgré ces succès, il reste un auteur « amoureux du silence et des roses », fuyant les mondanités de la scène littéraire. « Ma vie, écrit-il dans Louise Amour, s’était passée dans les livres, loin du monde, et j’avais, sans le savoir, fait avec mes lectures ce que les oiseaux, par instinct, font avec les branches nues des arbres : ils les entaillent et les triturent jusqu’à en détacher une brindille, bientôt nouée à d’autres, pour composer leur nid. »
Il tient également une chronique intitulée Regard poétique dans le magazine mensuel Le Monde des religions.
En 2016, il reçoit le prix d'Académie de l'Académie française pour l'ensemble de son œuvre.
En 2020, il reçoit le Prix Prince-Pierre-de-Monaco.
Le 11 mai 2023, Christian Bobin reçoit à titre posthume le prix Goncourt de la poésie décerné à titre spécial pour l'ensemble de son oeuvre poétique.
Le 6 novembre 2023, les éditions Gallimard annoncent la publication pour le 1er février 2024 d'un essai posthume de Christian Bobin intitulé Le Murmure, commencé chez lui au Creusot en juillet 2022 puis poursuivi sur son lit d'hôpital durant les deux mois précédant sa mort.
Christian Bobin trouve un écho et une grande inspiration chez des poètes et romanciers capables, comme lui, de s’émerveiller des choses simples de la vie, comme Jean Grosjean, André Dhôtel ou l’écrivain allemand Ernst Jünger.
Sa forme de prédilection est le fragment, une écriture concentrée faite de petits tableaux représentatifs d’un moment. Ses ouvrages tiennent à la fois ou séparément du roman, du journal et de la poésie en prose.