Chris Anker Sørensen, né le 5 septembre 1984 à Hammel (Danemark dans l'amt d’Århus) et mort le 18 septembre 2021 à Zeebruges (Belgique), est un coureur cycliste danois, professionnel entre 2005 et 2018, reconverti en journaliste sportif.
Il court avec une licence luxembourgeoise et a longtemps été membre de l'équipe CSC, devenue par la suite Saxo Bank entre autres puis Tinkoff-Saxo. Il compte cinq victoires au niveau professionnel, principalement obtenues à l'issue d'ascension de cols de haute catégorie. Il a notamment remporté des étapes sur le Critérium du Dauphiné libéré en 2008 et sur le Tour d'Italie en 2010. Il devient en 2012 le premier Danois à remporter le Prix de la combativité du Tour de France.
Chris Anker Sørensen est né le 5 septembre 1984 à Hammel dans l'amt d’Århus (région du Jutland-Central). Il est le père d'une petite fille, Lark, depuis le 4 août 2011. Elle est née au petit matin de la deuxième étape du Tour du Danemark. Il soutient l'équipe de football FC Midtjylland.
Début 2010, il part vivre au Luxembourg (Altzingen), ce qui l'oblige à prendre une licence luxembourgeoise pour courir, puisque la Fédération danoise n'attribue pas de licence aux coureurs vivant à l'étranger. Ses partenaires d'entraînement sont par ailleurs Lars Bak, Michael Mortensen, Andy Schleck et Fränk Schleck. Cependant, il déménage en novembre 2010 et part habiter en Italie pour des raisons sportives et personnelles. Il loue le paysage montagneux qui lui sera bénéfique pour ses talents de grimpeur, mais aussi à cause de la météo, Sørensen préférant le soleil à la pluie. Il attache une attention particulière au café, qu'il juge comme un élément déterminant dans son déménagement.
2005-2006 : débuts chez Designa Køkken
Chris Anker Sørensen commence sa carrière en 2005 dans la nouvelle équipe continentale danoise Designa Køkken, et prend part à des compétitions en catégorie espoirs. Il remporte la troisième étape vallonnée du Ringerike Grand Prix devant Fredrik Kessiakoff et Peter Velits avant d'achever le championnat du Danemark élites sur route à la septième place. Grâce à ses résultats, l'équipe ProTour CSC l'engage comme stagiaire à partir du mois d'août. Malgré une onzième place finale du Tour de Grande-Bretagne, il n'obtient pas de contrat dans la structure de Bjarne Riis qui désire qu'il s'aguérisse avant de l'engager.
En 2006, il confirme son talent lors de parcours en altitude avec sa seconde place acquise lors de la première étape du Triptyque des Barrages et collectionne les bons résultats en Belgique. Il obtient cette fois un contrat chez CSC et Riis déclare après sa signature : « Depuis longtemps nous avions prévu de le recruter (…) Il a bien sûr besoin de temps pour se développer, mais je ne serais pas surpris qu'en tant que néo-pro il obtienne de bons résultats. »
2007-2008 : le haut niveau avec CSC / CSC Saxo Bank
Lors de sa première saison dans le ProTour, Chris Anker Sørensen s'affirme comme étant un bon grimpeur en finissant sixième du Tour d'Allemagne au service de Jens Voigt après avoir glané la deuxième étape en contre-la-montre par équipes. Il participe à son premier grand tour en terminant à la 19e place du Tour d'Espagne en étant au service de Carlos Sastre.
Il commence la saison 2008 avec Paris-Nice, où il manque de peu la première place du classement du meilleur grimpeur. Il participe à son premier Tour d'Italie, qu'il achève à la 28e place. Durant celui-ci, il porte le maillot du meilleur jeune durant deux journées (à la suite du contre-la-montre par équipe de la première étape) avant que Morris Possoni ne le lui prenne. Après une longue échappée, il remporte la 6e étape du Critérium du Dauphiné libéré en distançant Pierrick Fédrigo et Levi Leipheimer, entre autres, à plus d'une minute avec une arrivée à La Toussuire. En juillet, il s'inscrit au Tour d'Autriche avec ambition. Il enlève la deuxième étape sur un parcours accidenté et ravit par la même occasion le maillot de leader de Paolo Bettini. Mais le lendemain, il concède 39 secondes à son dauphin de la veille, Ruslan Pidgornyy et perd le maillot jaune.
Il est sélectionné en équipe nationale pour participer à la course en ligne des Jeux olympiques d'été. Sørensen se classe à la douzième position à 22 secondes du vainqueur final Samuel Sánchez. Il achève sa saison avec une place sur le podium du Grand Prix d'Isbergues, battu au sprint par William Bonnet et Wesley Sulzberger.
2009 : le Tour de France avec Saxo Bank
Après un début de saison marqué notamment par une 5e place du Tour du Haut-Var, Chris Anker Sørensen participe à la victoire collective sur Liège-Bastogne-Liège, en lançant les hostilités via une attaque dans la côte de la Vecquée avant d'être repris dans la Côte de La Redoute. En juin, il termine deuxième du championnat du Danemark sur route que son coéquipier Matti Breschel remporte. Il prend part un mois plus tard à son premier Tour de France au service de ses leaders Fränk et Andy Schleck. Après la course, il reçoit un avertissement pour avoir manqué à un contrôle antidopage, n'étant pas à l'endroit qu'il avait indiqué dans ses whereabouts.
À la fin de saison, il remporte la Japan Cup, après une échappée avec Daniel Moreno qu'il lâche ensuite. Durant cette même saison, Chris Anker Sørensen se montre excellent équipier en montagne, sur des étapes vallonnées ou planes. Ainsi, il est sélectionné par l'équipe nationale pour participer aux championnats du monde de Mendrisio au service de son coéquipier chez Saxo Bank, Matti Breschel. Il termine ses premiers mondiaux à la treizième place, à 1 minute et 59 secondes de Cadel Evans, le champion du monde. En décembre 2009, Bjarne Riis le désigne leader pour le Tour d'Italie 2010 et lui fait signer un contrat pour trois années supplémentaires.
2010 : première victoire d'étape sur un grand tour
Sa saison 2010 débute avec le Challenge de Majorque où il dispute les manches de Calla Millor, de Deia et de Magalluf. Sa première course à étapes de l'année, le Tour du Haut-Var, se solde par une sixième place finale. Il peaufine sa condition en vue du Tour d'Italie en s'alignant sur Paris-Nice puis sur le Tour de Catalogne en mars. Il se blesse lors de ce-dernier et ne prend par le départ de la dernière étape. Il est forcé d'interrompre son programme de course durant un mois.
Sørensen prend malgré tout le départ du Giro, mais perd déjà une minute à l'occasion du prologue dans les rues d'Amsterdam. Après avoir concédé plus de trente minutes durant la première semaine, il remporte sa première victoire sur un grand tour à l'occasion de la 8e étape, qui faisait office de la première arrivée au sommet. Après avoir fait partie d'une échappée de 17 coureurs, Sørensen lâche tous ses adversaires à l'exception de Simone Stortoni avec qui il reste durant cinq kilomètres supplémentaires. À trois bornes de l'arrivée, Sørensen ne compte qu'une minute d'avance sur le peloton des favoris qui se neutralisent. Il remporte l'étape sous la brume avec plus de 30 secondes d'avance sur Stortoni et 36 sur Xavier Tondo. Cette victoire acquise, Sørensen passe du rôle de leader à celui d'équipier pour Richie Porte, qui prend la tête de ce Tour d'Italie. Porte ne parvient cependant pas à garder le maillot rose et finit septième du classement général et meilleur jeune mais loue Sørensen pour l'avoir aidé à conserver une bonne place au général.
Après ce Tour d'Italie, Chris Anker Sørensen effectue une trêve durant plus d'un mois avant de partir en tant que leader sur le Tour de Slovénie. Il l'achève à la troisième marche du podium derrière les Italiens Vincenzo Nibali et Giovanni Visconti. Il participe ensuite aux championnats du Danemark du contre-la-montre (9e) et puis de la course en ligne (5e). Il est sélectionné pour la deuxième fois de sa carrière pour prendre le départ du Tour de France. Il occupe un rôle de coéquipier dans la montagne avec Jakob Fuglsang notamment, au service d'Andy Schleck. Schleck termine ce Tour à la deuxième place du classement général et avec le maillot blanc de meilleur jeune, comme en 2009. Sørensen, lui, est 69e. Il court ensuite la Classique de Saint-Sébastien en tant qu'équipier de Richie Porte. Il finit la course en 13e position, à un peu plus de deux minutes du vainqueur final, Luis León Sánchez. À l'attaque sur le Grand Prix cycliste de Montréal, il conclut cette classique canadienne à la onzième place, prouvant ainsi ses bonnes aptitudes dans les courses à circuit. Moins d'un mois plus tard, il est convoqué pour la quatrième année consécutive par son équipe nationale pour courir les championnats du monde qui se déroulent à Geelong. Il franchit la ligne d'arrivée en vingt-troisième position tandis que son compatriote Matti Breschel décroche la médaille d'argent. Sa saison s'achève par les classiques italiennes, où il est le soutien de Jakob Fuglsang auteur d'une excellente campagne.