Ce Jour-là

Charlie Bauer

Militant révolutionnaire français

Anúncio

Charlie Bauer, né le 24 février 1943 à Marseille et mort le 7 août 2011 à Montargis dans le Loiret, est un militant révolutionnaire d'extrême gauche.

Ancien complice de Jacques Mesrine, il a été détenu 25 ans en prison, dont neuf dans les quartiers de haute sécurité (QHS).

Charlie Bauer naît dans le quartier de l'Estaque à Marseille, fils d’ouvriers juifs, communistes et résistants.

Adhérent des Jeunesses communistes, il rompt avec celles-ci au moment du vote par le PCF de crédits militaires pour la guerre d'Algérie.

Il soutient dès lors le Front de libération nationale, pendant la guerre d’Algérie, pour lequel il vole des armes, et détourne des conteneurs sur le port de Marseille.

Arrêté à l'âge de 19 ans (la majorité est alors à 21 ans), il est condamné à plusieurs reprises pour des vols, qu’il considère comme une « pratique politique ». En bande organisée et armée, il dévalise trains et magasins de luxe afin de redistribuer les marchandises. L'expression « tombé du camion » viendrait de là.

Arrêté en 1962, la dernière année de la guerre d'Algérie, il est torturé à l'électricité par des policiers [réf. nécessaire] puis reste 15 ans en prison.

Tentative d'évasion de la prison de Clairvaux en 1971

Il tente de s'évader de la prison de Clairvaux, en 1971, par les égouts. Les surveillants inondent les sous-sols pour l'en empêcher. Les évadés manquent de se noyer et doivent passer sous une haie de matraques avant de regagner leurs cellules.

Libération conditionnelle en février 1977

En septembre 1976, il est transféré à la prison de la Santé, où il rencontre brièvement Pierre Goldman qui s'apprête à en sortir et donne des cours dans différentes disciplines aux détenus. Il bénéficie d'une libération conditionnelle en février 1977 et se voit hébergé par Pierre Goldman les premiers jours. « Quand je suis sorti en 1977, on a nourri le projet de monter un groupe d'intervention antifasciste », racontera-t-il, mais « sans lendemain » car Goldman est rapidement pris par la création d'un club de jazz à la Chapelle des Lombards. Bauer s'est ainsi engagé dans un groupe antifasciste de réfugiés politiques d'Amérique latine, en compagnie de Pierre Goldman.

Alors qu'il préparait un livre qui sortira en 2006, le commissaire Lucien Aimé-Blanc accusera en janvier 2010 le même Goldman, via une déclaration rapportée quatre ans plus tard par Fred Guilledoux dans La Provence le 29 janvier 2010, d'avoir en 1979 tenté de s'être attaqué aux groupes antibasques montés par la police espagnole (Groupes antiterroristes de libération, GAL), en tentant de « monter un groupe armé pour contrer ces anti-ETA », aboutissant à ce que « des truands marseillais l'ont alors tué avec Maïone », ce que Lucien Aimé-Blanc affirmait en 2010 au journaliste de La Provence « avoir pu vérifier ».

Soupçonné de complicité avec Mesrine

Sur la base d'informations de policer erronées, reprises par la presse, il est considéré comme le complice de Jacques Mesrine, traqué par toutes les polices, dans deux affaires l'enlèvement du milliardaire Lelièvre, et la tentative de meurtre du journaliste de Minute Jacques Tillier. Il sera acquitté dans les deux.

Le complice de Jacques Mesrine dans l'enlèvement d'Henri Lelièvre en 1979 ne sera découvert qu'après la mort de ce dernier, malgré de nombreux indices. Il s'agit de Michel Schayewski, 35 ans, recherché par la police comme membre du « gang à Nénesse », spécialisé dans le racket, le proxénétisme et les attaques à main armée au sud de la région parisienne.

La police s'intéresse à cette nouvelle piste seulement en novembre, car Bauer, arrêté le jour de la mort de Mesrine, a rapidement démontré son innocence. Il avait a été mis sur écoute six semaines avant, acceptant une invitation de Mesrine au restaurant, une autre pour acheter des meubles avec des billets provenant de la rançon, qu'on retrouvera chez lui, mais dont le nombre n'a jamais été précisé. Henri Lelièvre a entre-temps versé 500 000 francs en octobre à un émissaire de Mesrine. Ayant vu la photo de Mesrine dans Détective, il a le même mois cru reconnaître Charlie Bauer lors de l'enquête de police, mais n'en est plus sûr au procès.

Bauer sera aussi finalement blanchi après avoir été aussi, un temps, soupçonné d'avoir séquestré le 10 septembre 1979, avec le même Jacques Mesrine, Jacques Tillier, journaliste de l'hebdomadaire d'extrême-droite Minute, qui sera retrouvé nu et à moitié mort.

Charlie Bauer a passé vingt-cinq ans de sa vie en prison, dont neuf en Quartier de haute sécurité. Il tentera de s'évader huit fois. Il passe par Paris, Marseille et Lisieux où il rencontre sa femme, Renée, professeur de philosophie.

Anúncio

Bientôt sur l'application World in Stories

Audio, téléchargement hors ligne, sans publicité et plus.

Découvrir Premium
Charlie Bauer | World in Stories