Ce Jour-là

Charles de La Fosse

Peintre français

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Charles de La Fosse, né le 15 juin 1636 à Paris, où il est mort le 13 décembre 1716, est un peintre français.

Il est considéré comme l'un des peintres français les plus importants vers 1700, avec Antoine Coypel et Jean Jouvenet, assurant la transition entre les XVIIe et XVIIIe siècles, entre l'art de Charles Le Brun et celui d'Antoine Watteau.

Il naît à Paris dans une famille d'orfèvres. Fils d’un joaillier qui lui donna le goût pour la peinture, après un premier apprentissage chez François Chauveau, il entre en apprentissage dans l'atelier de Charles Le Brun en 1654-1655. Il y reste trois ans et se familiarise avec les règles imposées par le grand décor, en travaillant sur les chantiers du séminaire de Saint-Sulpice et de l'Hôtel Lambert. Il fut influencé par son clacissisme et devint l’un de ses disciples les plus connus. Les progrès rapides du jeune La Fosse furent tels que Le Brun, en grand observateur, découvrit bientôt, par la singularité de ses premiers essais, ce qu’il deviendrait un jour et présagea dans quelle partie de la peinture il devait paraître avec plus de succès.

Le voyage en Italie (Rome et Venise) (1658-1664)

Il part faire son voyage en Italie, probablement en 1658 et Charles Le Brun, avec l'aide de Colbert, lui fit obtenir une pension de Louis XIV pour y poursuivre ses études. Il passe deux ans à Rome et y étudie surtout Raphaël et les Antiques. Il passe ensuite trois ans à Venise ce qui est peu courant à l'époque. Il se passionne pour les grands peintres vénitiens du XVIe siècle, les œuvres du Giorgione, du Titien, des Bassano, de Véronèse, du Le Tintoret et du Corrège, dont il chercha à découvrir les grands principes et les effets qu’ils ont su répandre dans leurs ouvrages. À la vue de leurs œuvres, La Fosse se fit une méthode de couleur et de clair-obscur qu’il mit ensuite en pratique dans toutes ses productions.

Ayant appris la peinture à fresque, il revint en France avec une technique presque inconnue jusqu’à lui et il se tourna vers un langage baroque privilégiant les trouvailles chromatiques. Il travaille dans l'équipe de peintres de Charles Le Brun et participa en 1666-1667 à différents chantiers aux Palais des Tuileries. Il fit une rapide fortune et marqua cette époque comme un des peintres les mieux doués de son pays. La Fosse, dont le genre de talent semblait devoir appartenir à l’école vénitienne ou flamande, est celui des artistes du XVIIe siècle, qui, le premier, ait deviné les secrets de l’effet et de la couleur.

Il obtint des commandes prestigieuses et en 1673, l’Académie de peinture le reçut parmi ses membres pour son tableau de l’Enlèvement de Proserpine. En 1674 il en est nommé professeur et directeur en 1699. Les commandes royales s'enchaînent et on peut suivre son parcours à travers les Grands Appartements de Versailles jusqu'en 1680, et grâce aux nombreux décors privés dont on garde la trace dans les archives.

La renommée ayant porté le nom de La Fosse au-delà des frontières, celui-ci visita Londres, où il fut appelé par un amateur distingué, Lord Montaigu, ancien ambassadeur en France, pour y décorer son palais, Montagu House, situé à Bloomsbury, avec James Parmentier. Il passa plus de deux ans en compagnie des décorateurs Jacques Rousseau (1630-1693) et Monnoyer. Charles II en fut si émerveillé qu’il offrit de grands avantages à La Fosse s’il voulait se fixer en Angleterre.

Chez Jules Hardouin-Mansart en 1692

Mais Charles Le Brun étant mort en 1690, Jules Hardouin-Mansart, qui venait d’achever le dôme de l' Hôtel des Invalides et était devenu le directeur des travaux ordonnés par Louis XIV, rappela La Fosse auprès de lui en 1692, le logea dans sa maison, et lui demanda des esquisses pour la décoration des Invalides. Voulant encore ajouter à la magnificence de ce monument, La Fosse peignit à fresque l’intérieur du dôme de 1702 à 1706. En 1702 il devient recteur de l'Académie sous la direction d'Antoine Coysevox, mais Mansart mourut à son tour en 1708, et La Fosse dut partager avec les frères Bon et Louis Boullogne, et avec Jean Jouvenet, les peintures de l’hôtel des Invalides.

Il eut comme élève François Marot qui, selon Pierre-Jean Mariette, était également son neveu.

Chez Pierre Crozat (1706-1716)

À la mort de Mansart en 1708, La Fosse s’était retiré depuis 2 ans, chez le célèbre collectionneur et financier Pierre Crozat, qui voulut le loger toute sa vie dans son hôtel, rue de Richelieu, à Paris, dans l'Hôtel Crozat (dit plus tard Hôtel de Choiseul). Il peignit le plafond de la grande galerie, représentant la Naissance de Minerve, qu’il termina en 1707. « L’on ne sauroit assez admirer, écrit Germain Brice, avec quel art il a su tirer avantage de la place qu’il avoit à peindre ; son ciel est peint avec tant de vérité et d’harmonie que la voûte semble effectivement percée en cet endroit-là. ». Chez Crozat, Charles de La Fosse travaille avec le jeune Watteau, dont les paysages s'inspirent fortement du maître. Le marchand Gersaint raconte qu'il a généreusement parrainé Watteau pendant les deux dernières années de sa vie. Pour Pierre Crozat, La Fosse peint aussi le plafond du château de Montmorency, sur le thème de Phaéton et amorce, juste avant sa mort, la conception d'un ensemble de quatre toiles sur le thème des Quatre saisons, dont l'exécution est poursuivie par Antoine Watteau.

À la mort de La Fosse chez Crozat en 1716, sa veuve, Élisabeth Béguin, continua jusqu'à propre sa mort, en 1737, à occuper l’appartement de l’attique où ils habitaient avec leur nièce et fille adoptive, Anne Marguerite de La Pierre d'Argenon. Cette dernière jouait du clavecin et chantait, participant aux concerts donnés par Pierre Crozat dans la galerie de son hôtel, où elle demeurait encore à la mort de Pierre Crozat, en 1740.

Son neveu était le poète tragique Antoine de La Fosse et son beau-frère le paysagiste Jean-Baptiste Forest.

Peignant indifféremment à l’huile et à fresque, il pourrait, « sans son défaut de proportion dans les figures, la dureté des draperies et l’emphatique de ses compositions, compter comme un maître dans l’art ». Ce peintre était né spécialement pour les grandes machines ; c’est dans les dômes, dans les plafonds, que brillent surtout ses talents et sa capacité à percer les voûtes et y transporter le soleil dans tout son éclat. De La Fosse est celui de tous les peintres de l’école française qui a le plus de ressemblance avec Véronèse, dont il rappelle le goût dans ses grandes ordonnances.

Commande de dix tableaux pour la chapelle des Gonfalons à Lyon, aujourd'hui dans l'Église Saint-Bonaventure (?). Il n’en fit que deux : la Visitation et l’Adoration des Rois.

Adam et Ève, et le Mariage de la Vierge (1667-1670) pour la chapelle des Mariages de l'église Saint-Eustache, pour faire pendant à la chapelle du Baptême, que décorait Mignard avec lequel il entra en lutte. Ces peintures dont on vantait le coloris, furent détruites, comme celles de Mignard, lors de la construction du nouveau portail de Saint-Eustache. Un esquisse du Mariage de la Vierge (huile sur toile, 117 × 83 cm) est conservée au Musée du Louvre.

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Charles de La Fosse | World in Stories