Ce Jour-là

Charles de Belgique

Régent du royaume de Belgique

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Charles Théodore Antoine Meinrad de Belgique, comte de Flandre, né le 10 octobre 1903 à Bruxelles et mort le 1er juin 1983 à Ostende, est le second fils du roi Albert Ier et d'Élisabeth en Bavière. Il est régent du royaume de Belgique du 20 septembre 1944 au 20 juillet 1950, alors que son frère aîné, le roi Léopold III, reste dans l'impossibilité de régner en raison de la polémique sur son comportement pendant la Seconde Guerre mondiale.

Charles Théodore Henri Antoine Meinrad, prince de Belgique, duc de Saxe, prince de Saxe-Cobourg-Gotha, naît le 10 octobre 1903 au palais du marquis d'Assche à Bruxelles. Il est le second fils du roi Albert Ier de Belgique et de la reine Élisabeth. Il porte le prénom de son grand-père maternel, le duc Charles-Théodore en Bavière. Il a un frère aîné, le roi Léopold III, et a une sœur, laquelle deviendra par mariage la reine Marie-José d'Italie. En 1910, il est fait comte de Flandre par son père (titre qui précède désormais celui de prince de Belgique).

Lors de l'invasion de la Belgique par les Allemands en août 1914, les trois enfants du couple royal sont envoyés en Angleterre où ils séjournent durant toute la Première Guerre mondiale, y poursuivant des études, alors que le roi Albert Ier et la reine Élisabeth restent en Belgique avec l'armée belge qui continue à combattre. Le prince Charles entreprend ensuite sa formation militaire dans la Royal Navy jusqu'en 1926, année où il rentre en Belgique.

En 1917, les Alliés lui proposent le trône de Grèce laissé libre après le départ du roi Constantin Ier jugé trop germanophile, mais son père refuse cette offre.

Dans les années 1930, le prince Charles commence à constituer son domaine de Raversyde à la côte belge et restaure l'aile gauche du château de Laeken à Bruxelles. Il apparaît lors de certaines cérémonies protocolaires.

En 1935, la reine Astrid, l'épouse de son frère, le roi Léopold III, est tuée dans un accident de voiture en Suisse.

En 1940, le prince Charles participe à la campagne des dix-huit jours : il visite les postes de commandement et fait rapport chaque soir à Léopold III et à ses généraux. Il approuve la capitulation de l'armée belge décidée par son frère, mais leurs opinions divergent ensuite : Charles est anglophile, tandis que l'entourage de Léopold conseille l'expectative vis-à-vis des alliés.

De 1940 à 1944, Charles vit dans les appartements de l'aile gauche du château de Laeken et son frère, qui se remarie en 1941 avec Lilian Baels, dans l'aile droite. Le palais est entouré d'une garde allemande, les deux frères étant en résidence surveillée, ainsi que la reine mère Élisabeth. Cette surveillance n’empêche cependant pas le prince de passer de nombreux séjours au château de Brugelette chez Robert Goffinet, son mentor et homme de confiance.

Pour bien apprécier la situation qui sera celle du prince Charles après la guerre, lorsqu'il sera prince régent, il faut connaître la politique du gouvernement belge libre exilé à Londres. Pendant toute la guerre, ce gouvernement, privé par la force des événements du contreseing du roi, prend collégialement toutes ses décisions en attendant de soumettre sa politique au parlement dès que possible, et ce en application de la constitution qui prévoit une telle procédure dans le cas d'empêchement royal. Il s'agit, pour ce gouvernement, d'acquérir une crédibilité auprès des Alliés par un effort de guerre sérieux. Réunissant les énergies de Belges qui ont pu fuir l'occupation allemande du pays, le gouvernement — libéré de l'approbation royale — s'engage dans une politique qui renonce à la neutralité que le roi avait voulu défendre jusqu'au bout, mais que l'agression allemande a rendue caduque.

La Belgique libre s'engage donc dans la guerre aérienne avec 29 pilotes dans la bataille d'Angleterre puis, par la participation de trois escadrilles belges dans la Royal Air Force, la reconstitution d'une force armée belge en Grande-Bretagne, les victoires belges de la campagne d'Abyssinie et l'important effort économique du Congo belge avec, notamment, grâce à la marine marchande qui a échappé aux Allemands, les livraisons d'uranium et de diverses matières premières dans le cadre des accords belgo-américains de 1941. Ce dernier aspect de la politique de guerre des Belges libres est rendu possible par le maintien du Congo belge sous l'autorité exclusive du gouvernement, bien que, au moment de la reddition, le roi se soit montré partisan d'une neutralisation du domaine colonial belge.

On a su, depuis, que Léopold III essayait de protéger le Congo d'une mainmise anglaise qui aurait pu être perpétrée en profitant de l'effacement politique de la Belgique. En effet, le roi savait, par ses relations dans la noblesse anglaise, que le Premier ministre britannique Chamberlain avait échafaudé, à la fin de 1938, un projet de partager le Congo belge avec l'Allemagne pour apaiser les appétits impérialistes d'Hitler. C'était la continuation, au détriment de la Belgique, d'une part, de l'esprit colonial britannique qui avait exproprié les Allemands de toutes leurs colonies après la Grande guerre et, d'autre part, de l'esprit des accords de Munich par lesquels la France et le Royaume-Uni avaient cédé à l'Allemagne la Tchécoslovaquie croyant sauver la paix. C'était bafouer la souveraineté belge.

Aussi, plutôt qu'une neutralisation illusoire, le passage du Congo sous l'autorité exclusive du gouvernement belge en exil à Londres mit-il fin à toute tentative étrangère de s'approprier le domaine africain de la Belgique, d'autant plus que les forces coloniales belges appuyaient victorieusement les troupes britanniques dans la campagne d'Abyssinie, d'abord avec la reddition italienne à Asosa devant les troupes du lieutenant-général Auguste-Edouard Gilliaert et du colonel Edmond Van der Mersch suivie des combats de Gambela et de la Bortaï couronnés par la victoire de Saïo. Ainsi, après la défaite de 1940, la Belgique s'affirmait à nouveau comme puissance autonome. Voulant profiter de cette situation, le gouvernement tenta de renouer des contacts avec le roi Léopold et son frère Charles vivant au château de Laeken, à Bruxelles, sous surveillance allemande.

On ne peut que supputer les suites qu'auraient pu avoir ces tentatives. En effet, un émissaire clandestin du gouvernement, le propre beau-frère du premier ministre Pierlot, qui était parvenu clandestinement jusqu'à Bruxelles pour y rencontrer le roi et son frère, fut arrêté par les Allemands au cours de son voyage de retour vers Londres et fusillé. Le gouvernement persévéra cependant dans sa volonté d'imposer sa légitimité en Belgique occupée, nouant progressivement des contacts avec l'armée secrète, un important mouvement de résistance parmi d'autres qui sont nés spontanément dans la clandestinité.

Le fonctionnement du gouvernement belge à Londres, avec son administration de fonctionnaires belges réfugiés, est financé, comme l'ensemble de l'effort de guerre belge sur divers théâtres d'opérations, par l'or du Congo et la partie du trésor belge qui a pu être évacuée aux États-Unis, ainsi qu'avec les avances sur les payements dus par l'Amérique pour les fournitures belges de guerre en provenance du Congo (céréales, caoutchouc et minerais stratégiques dont, notamment, l'uranium). Tout cela va avoir des répercussions, à la libération, sur les relations entre le gouvernement et le roi qui n'a pu, évidemment, pendant quatre ans, donner ses avis ni apporter son appui — ou son opposition éventuelle — aux divers aspects de la politique gouvernementale.

Alors que le roi Léopold III et sa famille avaient été emmenés en Allemagne par les Allemands le 9 juin 1944, le prince Charles se cachait dans une petite ferme de Sart-lez-Spa. En septembre 1944, la Belgique est libérée par les Alliés avec la participation d'une unité belge, alors que le roi est prisonnier on ne sait où en Allemagne. Dans cette situation, il est nécessaire de pourvoir à la vacance du pouvoir royal afin de compléter le pouvoir exécutif dont le roi est partie intégrante.

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