Charles-Philippe de France, comte d'Artois, né le 9 octobre 1757 au château de Versailles (France) et mort le 6 novembre 1836 à Görtz (Autriche, aujourd'hui Gorizia en Italie), est roi de France et de Navarre du 16 septembre 1824 au 2 août 1830, sous le nom de Charles X. Il est le dernier Bourbon de la branche aînée à avoir régné.
Issu de la maison capétienne de Bourbon, il est le septième enfant et cinquième fils du dauphin Louis et de la dauphine, née Marie-Josèphe de Saxe. Il est le dernier petit-fils de Louis XV et de Marie Leszczynska et succède à ses deux frères Louis XVI et Louis XVIII comme roi de France.
Attaché aux conceptions et valeurs de l'Ancien Régime, chef de file des ultraroyalistes sous Louis XVIII, il tente d'incarner la continuité de l'État et de la monarchie après la période révolutionnaire. Lorsqu'il accède au trône en 1824, à la mort de son frère, il a près de 67 ans, ce qui fait de lui le plus vieil héritier de l'histoire de la monarchie française à devenir roi. Sa priorité est de conserver la charte constitutionnelle octroyée par son frère dix ans plus tôt. Il renoue avec la tradition du sacre en 1825.
Très pieux et adhérant aux concepts sociaux du christianisme, il est confronté à plusieurs blocages parlementaires après la démission du président du Conseil Villèle, en 1827. Souffrant de sa réputation d'« ultra » et tentant de se passer de l'accord parlementaire avec des ordonnances, il est populaire parmi les paysans et opposants à la Première République, tout en étant moqué et critiqué, en particulier à Paris.
Son règne est pour la France une période de stabilité politique et de prospérité économique, qui, en matière de politique extérieure, voit le retour du royaume de France dans le concert des grandes puissances. Il instaure la loi d'indemnisation des émigrés et lance les expéditions françaises en Grèce (1828) et en Algérie (1830).
En 1830, ses ordonnances de Saint-Cloud, qui restreignent notamment la liberté de la presse et modifient le système électoral, provoquent une révolution à Paris, connue sous le nom des « Trois Glorieuses ». Face à l'insurrection, Charles X abdique le 2 août 1830 en faveur de son petit-fils Henri d'Artois. Mais son cousin Louis-Philippe d'Orléans, nommé entre-temps lieutenant général du royaume à l'initiative des députés libéraux, écarte la succession d'Henri d'Artois. Soutenu par les députés et les pairs, Louis-Philippe accepte la couronne et prend le titre de « roi des Français ».
Avec sa famille, Charles X — qui est le dernier monarque à avoir porté le titre de « roi de France » — part dans la foulée en exil, où il décède du choléra en 1836, à l'âge de 79 ans. Il demeure le monarque français ayant vécu le plus longtemps.
Petit-fils de Louis XV, roi de France et de Navarre, Charles-Philippe est le cinquième fils du dauphin Louis et de son épouse, la dauphine Marie-Josèphe de Saxe. Charles est ondoyé le 9 octobre 1757, jour de sa naissance, par l'abbé de Bouillé, doyen des comtes de Lyon.
À sa naissance, il est au cinquième rang dans la succession au trône de France après son père, le dauphin et ses frères, le duc de Bourgogne, le duc de Berry (futur Louis XVI) et le comte de Provence (futur Louis XVIII). Deux filles le suivront : Marie-Adélaïde-Clotilde, future reine de Sardaigne, et Élisabeth, victime de la terreur révolutionnaire. Son frère Xavier-Marie, duc d'Aquitaine, est mort au berceau en 1754.
Le petit prince est d'abord titré comte d'Artois, en mémoire de Robert de France, comte d'Artois, frère de Saint Louis, mais le choix de ce titre serait également lié aux conséquences de la tentative d'assassinat menée par Damiens contre Louis XV. Damiens était né près d’Arras, dans l’Artois. Il fut donc décidé de lui donner le titre de comte d’Artois pour faire savoir aux habitants qu’on ne leur tiendrait pas rigueur de l’incident. Le comte d'Artois se vit attribuer pour armes de France à la bordure crénelée de gueules.
Le petit prince grandit dans une cour en deuil. En effet, l'année 1759 inaugure une décennie de décès pour la maison royale de France. La duchesse de Parme, fille aînée du roi, meurt à Versailles. En mars 1761, le duc de Bourgogne, âgé de 9 ans, meurt après une chute. En 1763 vient le tour de leur grand-père le roi de Pologne, également électeur de Saxe, suivi de peu par l'archiduchesse Marie-Isabelle après avoir donné le jour à une fille qui ne survit pas. En 1765, le duc de Parme et le dauphin meurent, suivis en 1766 par leur arrière-grand-père le roi Stanislas, en 1767 par la dauphine et en 1768 par la reine.
L'enfant est baptisé le 19 octobre 1761, le lendemain du baptême du futur Louis XVI et du futur Louis XVIII, avec les prénoms Charles Philippe par l'archevêque Charles Antoine de La Roche-Aymon dans la chapelle royale du château de Versailles, en présence de Jean-François Allart, curé de l'église Notre-Dame de Versailles. Sa marraine est sa tante Madame Sophie, et son parrain le roi Charles III d'Espagne (ce qui explique le choix de ses prénoms), représenté par Louis Auguste de France, duc de Berry.
L’éducation de Charles-Philippe est assurée par cinq précepteurs, mais reste quelque peu délaissée du fait de ses maigres chances de régner. On ne lui enseigne pas moins l’histoire, la géographie, l’anglais et l’allemand, langue maternelle de sa mère. Il est confié à la comtesse de Marsan puis au duc de La Vauguyon à l’âge de trois ans. Le duc étant chargé de l'éducation des quatre fils du Dauphin, il les appelle « mes quatre F » : le duc de Bourgogne est « le fin », le duc de Berry « le faible », le comte de Provence « le faux », et le comte d'Artois « le franc ».
Bien que devant se marier dans un premier temps avec Louise-Adélaïde de Bourbon-Condé, il doit consolider l'alliance savoyarde et épouse le 16 novembre 1773 Marie-Thérèse de Savoie (Palais royal de Turin, 31 janvier 1756 - Graz, 2 juin 1805), fille de Victor-Amédée III de Savoie, roi de Sardaigne, et de l'infante Marie-Antoinette d'Espagne.
Avec cette dernière, il a quatre enfants :
Louis-Antoine d'Artois (1775-1844), duc d'Angoulême (1775-1824) puis dauphin de France (1824-1844) et comte de Marnes (1830-1844) ;
Mademoiselle d'Artois, ondoyée mais n'ayant pas reçu les cérémonies supplétives du baptême, ne fut pas prénommée. Citée parfois par erreur sous le prénom de Sophie (5 août 1776 – 5 décembre 1783) ;
Charles-Ferdinand d'Artois (1778-1820), duc de Berry ;