Ce Jour-là

Charles Spinasse

Politicien français (1893-1979)

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Charles Spinasse, né le 22 octobre 1893 à Égletons et mort le 9 août 1979 à Rosiers-d'Égletons, est un homme politique français.

Député SFIO de Corrèze et maire d'Égletons, pour laquelle il mène un projet innovant d'urbanisme, il est ministre dans le gouvernement du Front populaire et signe comme ministre de l'Économie nationale les accords Matignon. Pacifiste avant guerre, il est favorable au régime de Vichy, tout en ne soutenant pas les mesures raciales et anti-sémites. Il participe à la création après-guerre du Parti socialiste démocratique mais ne joue plus de rôle politique national. Il redevient maire d'Égletons entre 1965 et 1977.

Charles Spinasse nait à Égletons au sein d'une famille chrétienne très pratiquante. Il est le dernier de quatre garçons, et son grand-père, Joseph Spinasse, est alors maire de la ville. Bourgeoise, la famille Spinasse est attestée à Égletons depuis le XVIIe siècle.

Après des études au lycée de Tulle, il obtient le baccalauréat en 1911. Juste après ce succès, il perd son frère Léon, séminariste, qui se noie dans la Dordogne malgré les efforts de Charles pour le secourir. Il suit à Paris des études supérieures, en hypokhâgne au lycée Louis-le-Grand, et en sociologie à La Sorbonne où il suit les cours d'Émile Durkheim.

Très pieux dans son enfance, Spinasse perd la foi et il se réclame de la libre pensée. Son mariage avec Marie Maurin en 1913 est béni par l'évêque de Tulle, mais le couple ne fera pas baptiser ses enfants.

il devient professeur au Conservatoire national des Arts et Métiers à Paris. Il participe aux quatre années de la Première Guerre mondiale, de 1914 à 1918, passant de simple soldat à capitaine. Blessé trois fois, il a reçu sept citations.

Entre-deux-guerres : député puis ministre

Militant de la SFIO, Spinasse est élu le 30 novembre 1919 conseiller municipal de Rosiers-d'Égletons, puis, le 21 décembre, conseiller général du canton d'Égletons (il le restera jusqu'en 1940). Spinasse est élu à Rosiers mais travaille à Paris en tant que professeur au Conservatoire national des arts et métiers.

Entre 1929 et 1944, le maire Spinasse mène un projet d'aménagement, d'embellissement et d'extension d'Égletons. Pour faire sortir la ville de ses remparts, il « trace des boulevards dans les champs » sur trois cercles concentriques, puis dessine des avenues rectilignes partant des remparts pour rejoindre ces trois cercles. Il fait construire un collège (Albert-Thomas), une école nationale professionnelle (équivalent des actuels lycées techniques) et une école d'application des travaux publics : « Par la volonté de son maire, Égletons sera une ville scolaire » qui obtiendra les meilleurs résultats du département pour le Brevet et l'entrée à l'École normale.

En 1922 et 1923, il est rédacteur en chef du Populaire du Centre, journal socialiste de Limoges mais rayonnant sur le Limousin. Pour les élections législatives de 1924, il est choisi pour être le représentant de la Fédération socialiste sur la liste du Cartel des gauches qui pour le département de la Corrèze (scrutin à liste départementale) est menée par le Radical socialiste Henri Queuille. La liste obtient 31 159 voix sur 83 333 inscrits et Charles Spinasse est élu député. À la Chambre des députés, il s’intéresse alors plus particulièrement à la politique étrangère.

En 1926, il fait un voyage d'études aux États-Unis dont il tire une analyse du capitalisme et de son évolution vers la production de masse. Il l'exposa à la Chambre des députés et dans une conférence donnée qu'il fit le 11 février 1928 sous l’égide de La Vie socialiste de Pierre Renaudel. Spinasse affirmait que la production de masse menait à la consommation de masse et qu'elle serait possible aussi en France si on allait résolument vers une organisation européenne.

Lors des élections législatives de 1928, qui se déroulent cette fois au scrutin uninominal, il se présente dans la 2e circonscription de Corrèze (Tulle) où il est élu au second tour dans une triangulaire avec 7 427 voix contre le républicain de droite Georges Lafarge (4 897 voix) et le communiste Léon Bossavy (3 949 voix). Il est réélu facilement lors des élections de 1932.

Pendant son second mandat, il fut secrétaire de la Commission des finances et intervint fréquemment dans les débats budgétaires. Il est membre de X-Crise, cercle de réflexion créé par des polytechniciens en 1931, qui a une approche planiste antilibérale et souvent considéré comme un creuset de la technocratie française.

Il tente de rentrer au Sénat en décembre 1935 lors d'une élection partielle à la suite de la mort d'Henry de Jouvenel mais il est battu par Henri Queuille. Lors des élections de 1936, il est réélu député de Corrèze pour un 4e mandat, obtenant 7 495 voix devant le candidat communiste Bourdarias (5 708 voix) et le candidat de droite Lafarge (3 629).

Cette élection marque l'arrivée au pouvoir du Front populaire et Charles Spinasse entre dans le gouvernement de Léon Blum. Pressenti initialement pour être secrétaire d'État chargé des relations avec le Parlement, il devient finalement ministre de l'Économie nationale, de juin 1936 à mars 1937, et à ce titre signe les accords Matignon, puis il est ministre du Budget (mars-avril 1938) dans le second gouvernement Blum. N'occupant cette fonction que pendant 29 jours, sa principale action est avec Pierre Mendès France, alors sous-secrétaire d'État au Trésor, de préparer le programme budgétaire et financier qui doit permettre de faire face à l'augmentation considérable des dépenses militaires et qui comporte notamment l'instauration d'un impôt sur le capital et du contrôle des changes.

Il fait partie du courant pacifiste, anticommuniste et planiste de la SFIO. Pendant la Drôle de guerre, son attitude est, selon Jean-Louis Crémieux-Brilhac, celle d'« un attentiste, secrètement fasciné par le national-socialisme ».

Seconde Guerre mondiale : pour Vichy et la Collaboration

Le 6 juillet 1940, après la débâcle de mai et juin, devant les parlementaires réunis à Vichy, Spinasse plaide en faveur d'un changement de régime dans un sens autoritaire, dénonçant un « fléchissement moral et intellectuel », appelant à un « crucifiement » du parlement, et proclame son appui au maréchal Pétain. Longuement applaudi, son discours constitue « l'événement du jour » selon Louis Noguères ; son effet est « énorme » selon l'historien Henri Michel. Ayant voté l'attribution des pleins pouvoirs à Pétain le 10 juillet, il reste dans un premier temps en zone libre et soutient le régime de Vichy.

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