Ce Jour-là

Charles Marie de La Condamine

Explorateur, astronome, géographe et mathématicien français

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Charles Marie de La Condamine, né le 27 janvier 1701 à Paris et mort le 4 février 1774 à Paris, est un explorateur et un scientifique français, astronome et encyclopédiste du XVIIIe siècle.

Chevalier des ordres royaux, militaires et hospitaliers de Saint-Lazare de Jérusalem et de Notre-Dame du Mont-Carmel, Secrétaire des commandements de Son Altesse Sérénissime Monseigneur le duc d'Orléans, il est membre de l’Académie royale des sciences de Paris, de l'Académie de Stanislas de Nancy, et associé étranger de la Royal Society de Londres, de l’Académie royale des sciences de Prusse de Berlin, de l'Académie des sciences de Russie à Saint-Pétersbourg, de l'Académie des sciences de l'institut de Bologne et de l’Académie de Cortone.

Il est élu à l'Académie française en 1760 et reçu par Buffon.

Il est célèbre pour avoir mené, de 1735 à 1743, une expédition géodésique française en Équateur qui a mesuré trois degrés du méridien afin de déterminer la figure de la Terre.

Il a acquis une notoriété particulière en tant que défenseur engagé dans l'inoculation contre la variole.

Par son apport sur la botanique, la zoologie et la géographie de l'Équateur et de l'Amazonie il est considéré comme un précurseur de Humboldt.

Charles-Marie de La Condamine est baptisé le 28 janvier 1701. Son père Claude de La Condamine, receveur général des finances à Moulins, meurt en 1711. Après des études à Paris au collège Louis-le-Grand, Charles-Marie de La Condamine se tourne d'abord vers une carrière militaire : il accompagne au siège de Roses son oncle maternel, le chevalier de Chources, capitaine au Régiment de Dauphin-cavalerie ; mais, ayant contracté la variole qui le laisse défiguré, il quitte l'armée en 1719 pour se consacrer à des études scientifiques de toutes natures : mathématiques (coniques), chimie (végétations métalliques), mécanique (tour à reproduire), physique (déclinaison de l'aiguille aimantée), etc.

Il vit essentiellement à Paris, non loin de l'église Saint-Roch où il a été baptisé. Il habite une maison cul-de-sac Saint-Thomas-du-Louvre près de la galerie du Louvre au bord de la Seine.

Il participe à partir de 1726 aux travaux de la Société des arts dite encore « Académie du Petit-Luxembourg » du comte de Clermont. Il entre à l'Académie des sciences comme adjoint-chimiste (le premier grade de cette institution) en 1730.

Voyage aux Échelles du Levant (1731-1732)

En mai 1731, passionné par les voyages, il rejoint à Toulon l'escadre de Duguay-Trouin qui part pour une inspection des échelles du Levant. Il visite Alger, Tripoli, Tunis, Alexandrie, Jérusalem et la Terre sainte, Chypre, Rhodes et les îles du Dodécanèse. Il découvre avec déception l'emplacement reconnu à l'époque pour le site de Troie et termine son voyage par un séjour de cinq mois à Constantinople (octobre 1731 à février 1732) avant de regagner Marseille en mai 1732.

Il raconte ces voyages dans un mémoire : Observations mathématiques et physiques faites dans un voyage du Levant en 1731 et 1732, publié par l'Académie et dans un journal dont il existe un manuscrit autographe, non publié, détaillant jour par jour son parcours. Le mémoire lui donne une bonne réputation à l'Académie.

Voyage en Équateur (1735-1745)

En avril 1735, grâce à l'appui de Maurepas et Voltaire, il est chargé par l’Académie des sciences de conduire une expédition au nord du Pérou afin de mesurer la longueur d'un arc de méridien d'un degré à proximité de l’équateur. Séduit par la perspective de voir progresser la cartographie indispensable à la navigation, Philippe V a accordé son soutien à l’expédition en août 1734. C’est la première fois qu’un roi d’Espagne autorise des étrangers à voyager dans ce qui est alors la vice-royauté de Nouvelle-Grenade et c’est la première expédition scientifique au Nouveau Monde.

Il s'agissait de vérifier la figure de la Terre et l'hypothèse d'Isaac Newton, selon laquelle le globe terrestre n'est pas une sphère parfaite, mais est enflé près de l'équateur et aplati aux pôles (en forme de « mandarine »). Cette idée de Newton avait soulevé une énorme controverse chez les scientifiques français entre un clan « cartésien » adepte des théories scientifiques de Descartes et du mécanisme des tourbillons et un clan « newtonien », auquel appartenait La Condamine. Les Cartésiens soutenaient au contraire que la Terre était aplatie à l'équateur et enflée aux pôles (en forme de « citron »).

L'expédition à Quito est officiellement dirigée par Louis Godin. Deux autres savants accompagnent La Condamine : Pierre Bouguer, astronome, et Joseph de Jussieu, médecin, naturaliste et frère des célèbres académiciens Bernard et Antoine de Jussieu.

Parallèlement, une autre expédition est envoyée près des pôles en Laponie, dirigée par Pierre Louis Maupertuis et à laquelle participent également Alexis Claude Clairaut et Pierre Charles Le Monnier, pour mesurer la longueur de plusieurs degrés de latitude orthogonaux au cercle arctique.

L'expédition de La Condamine se déroule dans un climat difficile au cœur de la cordillère des Andes, entre les villes de Quito (actuellement capitale de l'Équateur) et de Cuenca. Les Espagnols qui dirigent le pays sont hostiles à cette « compagnie de Français », venue observer et mesurer leur nouvelle colonie. Deux officiers de la Marine espagnole rejoignent les Français à l'escale de Carthagène. Ils sont chargés d'assister et de surveiller les agissements des Français. Le premier, Don Jorge Juan y Santacilia, commandeur d’Aliaga dans l'ordre de Malte, âgé de vingt-et-un ans, né dans le royaume de Valence, est entré à l'École navale de Cadix en 1727, spécialiste en mathématique. Le second, Don Antonio de Ulloa, âgé de dix-neuf ans, natif de Séville, est un jeune homme distingué. Tous deux lieutenants de vaisseau, ils étaient déjà associés de l'Académie des sciences de Madrid quand ils sont partis pour l'Amérique.

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