Charles Ier de Bourbon, dit le cardinal de Vendôme puis de Bourbon, né le 22 septembre 1523 à La Ferté-sous-Jouarre et mort le 9 mai 1590 à Fontenay-le-Comte, est un prince du sang de la maison de Bourbon, reconnu roi de France sous le nom de « Charles X » en 1589 par le parti ligueur à la place de son neveu, Henri III de Navarre devenu Henri IV, chef du parti protestant.
Au cours de sa carrière ecclésiastique, l'accumulation des bénéfices (il est devenu abbé commendataire de plus de vingt abbayes) fait de lui un des plus riches princes d'Europe.
Il fut en tant que prince de sang un personnage important des guerres de Religion. Après la mort de François d'Anjou, le frère et héritier du roi Henri III, la Ligue fait du cardinal son candidat à la succession à la place de son neveu, le protestant Henri de Navarre. Lors des États généraux de 1588 à Blois, il est arrêté sur l'ordre d'Henri III, alors hostile à la Ligue. À la mort de celui-ci, assassiné en 1589, le cardinal est reconnu roi par les ligueurs. Le 5 mars 1590, il est proclamé roi par les parlementaires parisiens ralliés à la Ligue, mais il meurt deux mois plus tard à l'âge de 66 ans.
Il est le troisième fils survivant de Charles de Bourbon, duc de Vendôme, et de son épouse Françoise d'Alençon, duchesse de Beaumont.
Ses deux frères aînés sont Antoine (1518-1562), duc de Vendôme, puis roi de Navarre et François (1519-1546), comte d'Enghien. À la mort sans descendance de François, il se retrouve quatrième dans l'ordre de succession au trône de France ainsi que second prince de sang. En effet, Antoine, puis son fils Henri, sont mieux placés que lui dans l'ordre légal de succession (primogéniture mâle) (ils sont, successivement, « premier prince du sang »).
Il est également le neveu du cardinal Louis de Bourbon-Vendôme et l'oncle du cardinal Charles II de Bourbon.
Il aurait eu un fils illégitime, Nicolas Poulain.
Formation et carrière ecclésiastique
Charles est destiné par sa famille aux hautes charges ecclésiastiques, suivant son oncle Louis, cardinal de Bourbon, malgré une certaine timidité.
Il débute comme clerc à la cathédrale de Meaux.
Élu évêque de Nevers le 5 juillet 1540, il est transféré à Saintes le 23 janvier 1544.
Il résigne le siège de Nevers le 5 mai 1546.
Il devient à 25 ans en 1548 le second abbé commendataire de l’abbaye de la Trinité de Vendôme.
En août 1547, ses frères, dont Antoine duc de Vendôme et toute leur maison, sont fort insatisfaits qu'il ne soit pas encore promu cardinal, malgré la promesse du roi, alors que leur cousin, Charles de Lorraine est déjà promu au titre. En signe de mécontentement la famille se retire au château de Vendôme, pour visiter leur mère Françoise d'Alençon. Il faut trois lettres du roi pour les convaincre de revenir à la cour en novembre, Charles fut alors promu le 9 janvier 1548 lors du consistoire tenu par le pape Paul III, recevant le titre cardinalice de San Sisto le 25 janvier 1549. Il est cependant généralement appelé le cardinal de Vendôme pour le différencier de son oncle le cardinal de Bourbon.
Suite à cette nomination il écrit une série de lettres à Jean du Bellay, admettant son manque de préparation à la prêtrise et de la dévotion nécessaire.
Période du cardinalat, entre politique et religion
Il participe au conclave de 1549-1550 qui élit le pape Jules III.
Il résigne le siège de Saintes le 19 mars 1550, la même année, il est nommé abbé commendataire de l'abbaye Saint-Ouen de Rouen.