Ce Jour-là

Charles II (roi d'Angleterre)

Roi d'Angleterre, d'Écosse et d'Irlande de 1660 à 1685

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Charles II, né le 29 mai 1630 au Palais Saint James à Londres et mort le 6 février 1685 au palais de Whitehall à Londres, est roi d'Angleterre, d'Écosse et d'Irlande de 1660 à sa mort.

Il est le fils du roi Charles Ier — exécuté au palais de Whitehall en 1649, au paroxysme de la première révolution anglaise — et de la reine née Henriette-Marie de France. Il est cousin germain du roi Louis XIV de France, de Marie-Thérèse d'Autriche, reine de France, de l'électeur Charles Ier Louis du Palatinat, du duc Charles-Emmanuel II de Savoie, et de l'électrice Sophie de Hanovre.

Bien que le Parlement d'Écosse ait proclamé le jeune Charles roi d'Angleterre et d'Irlande à Édimbourg quelques jours après l'exécution de son père, le Parlement d'Angleterre vote une loi interdisant une telle succession et entre dans un interrègne où le pays, devenu Commonwealth d'Angleterre, devient de facto une république dirigée par Oliver Cromwell. Charles, à peine âgé de 20 ans, est vaincu par Cromwell à Worcester en 1651 et doit fuir l'Angleterre. Tandis que Cromwell gouverne le pays en quasi-dictateur, Charles passe près d'une décennie en exil en France, aux Provinces-Unies et dans les Pays-Bas espagnols. La mort de Cromwell, en 1658, donne lieu à une crise politique qui permet la restauration de la monarchie. Invité à rentrer en Grande-Bretagne, Charles est acclamé lors de son entrée dans Londres, le jour de son trentième anniversaire.

Le Parlement cavalier vote les lois du code Clarendon pour rétablir l'Église d'Angleterre. Charles accepte le code, bien que lui-même favorise une politique de tolérance religieuse. En politique étrangère, le début de son règne est marqué par la deuxième guerre anglo-néerlandaise. En 1670, Charles signe en secret le traité de Douvres avec son cousin germain Louis XIV de France : ce dernier accepte d'aider Charles lors de la troisième guerre anglo-néerlandaise, tandis que Charles s'engage à se convertir au catholicisme à une date non précisée. Charles tente d'introduire une plus grande liberté de religion pour les catholiques et les protestants non conformistes avec sa déclaration d'indulgence royale de 1672, mais le Parlement anglais refuse de la voter.

En 1679, les révélations de Titus Oates sur un prétendu « complot papiste » entraînent la crise de l'Exclusion Bill, un projet de loi visant à exclure de la succession au trône le frère cadet et héritier présomptif de Charles, Jacques Stuart, en raison de sa foi catholique. Cette crise entraîne la naissance du parti whig, favorable au Bill, et du parti tory, qui lui est opposé. À la suite de la découverte du complot de Rye-House, qui visait à assassiner Charles et Jacques, le roi s'allie aux Tories, et plusieurs Whigs d'importance sont exécutés ou exilés. Après avoir dissous le Parlement d'Angleterre plusieurs fois et vu le projet d'Exclusion Bill perdre toute assise populaire, Charles gouverna seul à partir de 1681 jusqu'à sa mort quatre ans plus tard. Il se convertit au catholicisme sur son lit de mort.

L'hédonisme qui règne à la cour de Charles II et le soulagement consécutif à la fin d'une décennie passée sous la férule de Cromwell et des puritains lui ont valu le surnom de Merry Monarch, « monarque joyeux ». Si son épouse, Catherine de Bragance, ne lui donne pas d'enfants, il engendre en revanche une douzaine d'enfants adultérins avec ses diverses maîtresses. Comme il n'a pas d'héritier légitime, c'est son frère Jacques qui lui succède sur le trône.

Charles est le fils de Charles Ier, roi d'Angleterre, d'Écosse et d'Irlande, et de son épouse la reine Henriette-Marie de France, fille d'Henri IV et sœur de Louis XIII. Il est leur deuxième fils : le premier n'a vécu que le jour de sa naissance, un an auparavant. Témoignage de la diversité religieuse qui règne alors dans les États de Charles Ier, son fils est baptisé dans la chapelle royale le 27 juin par l'évêque anglican de Londres William Laud, et élevé par la protestante comtesse de Dorset Mary Sackville, bien que plusieurs de ses parrains, comme le roi Louis XIII et la mère de celui-ci, Marie de Médicis, soient catholiques. Étant le fils aîné du roi d'Angleterre et d'Écosse, Charles devient automatiquement duc de Cornouailles et duc de Rothesay dès le jour de sa naissance, entre autres titres. Il reçoit le titre de prince de Galles à l'âge de huit ans, sans être jamais formellement investi avec les honneurs de la principauté de Galles.

Première révolution et première guerre civile

Charles est encore jeune lorsque la première révolution anglaise éclate, opposant le roi aux forces parlementaires et puritaines. Il accompagne son père à la bataille d'Edgehill en 1642 et participe aux campagnes de 1645 comme commandant titulaire des forces du West Country, alors qu'il n'a que quatorze ans. David des Granges, miniaturiste au service de Charles Ier, prit le parti royaliste et produisit de nombreuses miniatures du futur Charles II avant de le suivre à La Haye, puis en Écosse.

Lorsque la situation se dégrade, au printemps 1646, le prince de Galles est envoyé hors d'Angleterre pour plus de sécurité, d'abord dans les Sorlingues, puis à Jersey, et enfin en France, où sa mère vit déjà en exil avec Henriette d'Angleterre (sa sœur cadette qui plus tard épousera Philippe d'Orléans, frère cadet de Louis XIV), là où règne le jeune cousin germain de Charles, Louis XIV, âgé de huit ans.

En 1648, durant la deuxième guerre civile anglaise, Charles s'installe à La Haye, où sa sœur Marie et son beau-frère Guillaume II d'Orange-Nassau semblent davantage enclins à soutenir les royalistes que la famille de sa mère en France. Cependant, la flotte royaliste commandée par Charles n'est pas employée à bon escient, et elle arrive trop tard en Écosse pour rallier les royalistes du duc d'Hamilton : ce dernier est vaincu par les forces parlementaires à la bataille de Preston.

À La Haye, tandis que l'on évoque une union avec la princesse Sophie de Palatinat, Charles a une brève aventure avec Lucy Walter. Leur fils, James Crofts, futur duc de Monmouth, est reconnu par Charles et joue un rôle important dans la vie politique britannique sous son règne.

Capturé en 1646, Charles Ier s'échappe avant d'être à nouveau pris en 1648. Malgré les efforts diplomatiques de son fils pour le sauver, le roi est condamné à mort et décapité en 1649 et l'Angleterre devient une république appelée Commonwealth.

Le 6 février 1650, les covenantaires du Parlement d'Écosse proclament Charles II roi de Grande-Bretagne à la suite de l'exécution de son père, mais ils refusent de l'accueillir en Écosse à moins qu'il n'accepte le presbytérianisme dans toutes les îles Britanniques. Tandis que les négociations piétinent, Charles autorise le marquis de Montrose à débarquer dans les Orcades avec une petite armée, espérant ainsi obtenir des Écossais un accord qui lui soit plus favorable. Craignant que Charles accepte un compromis, Montrose décide de débarquer immédiatement sur le sol écossais, mais il est capturé et exécuté. Charles promet à contrecœur de se conformer aux termes du traité de Bréda (en), qui prévoit la mise en place du système presbytérien synodal dans toute la Grande-Bretagne. Charles arrive en Écosse le 23 juin 1650 et accepte formellement l'accord ; ce faisant, il gagne des soutiens en Écosse, mais sa popularité en Angleterre chute. Charles lui-même en arrive bientôt à mépriser « la vilenie » et « l'hypocrisie » des covenantaires. David des Granges réalisa de nombreux portraits du roi pendant cette période, car ils faisaient offices de jetons de loyauté. Les paiements qui lui étaient dus pour ce travail étaient toujours en suspens en 1671, peu avant sa mort.

Le 3 septembre 1650, les covenantaires sont battus par les troupes d'Oliver Cromwell, pourtant inférieures en nombre, à la bataille de Dunbar. Les forces écossaises, partagées entre les royalistes et les covenantaires presbytériens, ont manqué de cohésion au cours de l'affrontement, allant même jusqu'à se combattre entre elles. N'espérant plus rien des covenantaires, Charles tente de s'échapper vers le nord en octobre pour rejoindre des soldats royalistes, mais les presbytériens le rattrapent deux jours plus tard. Les Écossais constituent toujours le meilleur espoir de restauration de Charles, et il est couronné roi d'Écosse à Scone le 1er janvier 1651. Considérant que les forces de Cromwell menacent la position de Charles en Écosse, une attaque sur l'Angleterre est décidée, mais de nombreux Écossais refusent d'y participer (dont lord Argyll et d'autres covenantaires influents) et peu de royalistes anglais la rallient. L'invasion se termine par une défaite à la bataille de Worcester le 3 septembre 1651, et Charles évite d'être capturé en se cachant dans le « chêne royal » de Boscobel House. Au terme de six semaines de fuite, il parvient à quitter l'Angleterre, malgré la récompense de 1 000 £ offerte pour sa capture et la peine de mort promise à quiconque l'aiderait, ainsi que la difficulté de déguiser quelqu'un de sa taille (1,85 m). Charles débarque en Normandie le 16 octobre, à Fécamp.

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