Ce Jour-là

Charles Hernu

Homme politique français

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Eugène Charles Hernu, né le 3 juillet 1923 à Quimper et mort le 17 janvier 1990 à Bron, est un homme politique français. Député-maire PS de Villeurbanne, il devient ministre de la Défense sous la présidence de François Mitterrand jusqu'à sa démission en 1985 à la suite de l'affaire du Rainbow Warrior.

Origines familiales et jeunesse

L'historien Claude Manceron, chargé de mission auprès de François Mitterrand durant sa présidence, affirme que Charles Hernu descend de Philippe II de Montmorency-Nivelle, comte des Hornes.

Charles Hernu est le fils d'Eugène Hernu et de Laurence Prost, mariés en 1918 à Saint-Uze (département de la Drôme). Né en 1892 à Paris dans le 11e arrondissement, mort en 1961 à Lyon dans le 3e arrondissement, son père s'engage en 1911 dans le 17e régiment de chasseurs à cheval. Il est décoré de la croix de guerre à l'issue de la Grande Guerre. Entre 1920 et 1927, il est gendarme, puis devient contrôleur à la Compagnie des Omnibus et tramways de Lyon. Il est engagé dans la franc-maçonnerie.

Charles Hernu effectue ses études à l'institut des Minimes de Lyon où il n'obtient pas de diplôme. Le 30 août 1944, il épouse, à Villeurbanne, Jeanne Puillat, institutrice, née en 1924. De leur union naît un enfant, Maxence Hernu. Le couple divorce en 1947.

En 1993, le journaliste Jean Guisnel publie la biographie Charles Hernu ou La République au cœur dans laquelle il met en lumière le parcours de Charles Hernu sous l'Occupation et son rôle dans la collaboration. En 1996, le journal Le Monde affirme, en s'appuyant sur cette biographie : « Charles Hernu était prisonnier d'un secret de jeunesse, son appartenance en 1944 à l'administration de Vichy ». En 2013, une enquête du journal Franc-maçonnerie magazine, citée par Le Point, révèle et détaille ce parcours.

En 1943, Charles Hernu est incorporé dans les Chantiers de la jeunesse. En avril 1944, il effectue un stage à l'École des cadres du Mayet-en-Montagne et devient délégué départemental à l'Information sociale pour le département de l'Isère, chargé de « briser l'hostilité contre la relève et contribuer au climat de collaboration franco-allemande », de faire « comprendre le caractère européen de la lutte menée par l'Allemagne contre le bolchevisme » et de « dresser entre les communistes et les travailleurs une digue solide et de ramener les ouvriers à la Révolution nationale ».

À la Libération, Charles Hernu est arrêté en raison de ses activités comme délégué départemental à l'Information sociale. Entre le mois d’octobre 1944 et le début d'année 1945, il est emprisonné à la prison Saint-Joseph de Grenoble dont il est libéré sans jugement. Alors qu'il est détenu, le 11 octobre 1944, Charles Hernu est visé par une plainte d'Arthur Wolberg, fourreur juif de Grenoble. Propriétaire d'un magasin placé sous séquestre en vertu des lois sur le statut des Juifs, dont les deux enfants, Bronislaw « René » et Henri, ont été déportés dans le convoi n°62 du 20 novembre 1943 et assassinés au camp d'Auschwitz, il accuse Charles Hernu d'avoir dévalisé son magasin muni d'une réquisition délivrée par la préfecture de l'Isère le 22 juin 1944. Interrogé par la police dans sa cellule, celui-ci nie avoir occupé les lieux et dévalisé le magasin d'Arthur Wolberg, mais admet avoir demandé et obtenu sa réquisition alors que son propriétaire était pourchassé par les Allemands.

Charles Hernu est brièvement incorporé sous les drapeaux à sa sortie de prison dans un régiment homologué FFI avant d'être réformé. Son court passage dans ce régiment lui permet plus tard d'avancer un passé de résistant. Au milieu des années 1950, l'ancien collaborateur Georges Albertini utilise ces éléments pour distiller des informations sur le passé de l'intéressé, que celui-ci a constamment minorées ou niées. Bien que son fils, Patrice Hernu, ait prétendu plus tard que son père avait été totalement blanchi par un comité d'épuration après la guerre, aucun élément n'est jamais venu étayer cette assertion.

Après la guerre, Hernu rejoint son père au Parti radical dont il devient un cadre local dans la section du Rhône.

Partant pour Paris sur le conseil de Pierre Mendès France[réf. nécessaire], il travaille en 1947 comme journaliste au Centre national du commerce extérieur (CNCE). Jacques Mitterrand, Grand Maître du Grand Orient de France[réf. nécessaire], lui en ayant confié les patentes originelles, il réanime en 1953 le « Club des jacobins », proche de la gauche radicale et qui soutient Pierre Mendès France, club qu'avaient fréquenté les jeunes Turcs avant la guerre.

Le 2 janvier 1956, il est élu député du 6e secteur de la Seine (Aubervilliers, Saint-Denis, Montreuil, Vincennes), sous l'étiquette Front républicain. Après l’arrivée du Général de Gaulle au pouvoir, il perd son mandat de parlementaire.

En 1956, Georges Albertini, à l'époque animateur de la revue anticommuniste Est-Ouest et proche de Guy Mollet et de Jean-André Faucher, ancien collaborateur sauvé par Hippolyte Worms dont il a partagé la cellule, distille dans la presse les révélations sur le passé d'Hernu sous l'Occupation. C'est le dossier Albertini que fait connaître le journaliste d'extrême droite Nicolas Tandler tant pour alimenter les informations sur le passé vichyste d'Hernu, que celles concernant son rôle supposé d'espion à la solde de l'Est.

Le 18 juin 1957, lors de la commémoration de l'appel du général de Gaulle, Charles Hernu est giflé publiquement au Mont Valérien par l'ancien résistant Georges Jouvent qui, ulcéré de n'avoir pas été élu sur la liste d'élus[pas clair], le traite de collaborateur. L'incident est relaté par Paris-Presse l'Intransigeant.

En 1958, Hernu fait partie, avec Pierre Mendès France et François Mitterrand des cinq députés non communistes qui ne votent pas l'investiture du Général de Gaulle. Dès lors, les jeux sont faits. C'est à cette occasion que naît la transmission de témoin entre Mendès-France et Mitterrand.

Aux élections législatives de 1958, il est candidat UFD dans la 43e circonscription de la Seine, mais n'est pas élu.

Rapprochement avec François Mitterrand

Si en 1962, Hernu rejoint le PSU par fidélité mendèsiste, il se rapproche de François Mitterrand : il est le directeur de communication du candidat de gauche lors de l'Élection présidentielle de 1965, contraint par Mitterrand d'être secondé par un ami de celui-ci, Jean-André Faucher, bien que ce dernier ait été un ancien collaborateur condamné à mort par contumace par la cour d'assises de la Haute-Vienne en 1944, et qu'il ait participé à la diffusion dans les ateliers de la Grande Loge de France des informations relayées par Albertini[réf. nécessaire]. Selon certains membres du Club des Jacobins, il faut sans doute voir dans ce fait l'origine des ennuis futurs de Charles Hernu.

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