Ce Jour-là

Charles Gagnon (artiste multidisciplinaire)

Peintre et photographe québécois

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Charles Gagnon, né le 23 mai 1934 à Montréal, décédé le 16 avril 2003 à Montréal, est un artiste multidisciplinaire dont l’œuvre comprend un imposant corpus de tableaux et de photographies, des travaux cinématographiques et des créations sonores. Il fait partie d’une génération d’artistes montréalais nés dans les années 1930 dont Claude Tousignant, Guido Molinari et Yves Gaucher. Mais alors que ces derniers vont chercher leur inspiration à Paris, Gagnon est influencé par New York où il étudie de 1955 à 1960. Sa carrière de peintre sera consacrée à explorer les concepts de temps, d’espaces et de contrastes entre surfaces, influencé par la photographie qu’il pratique également : ses toiles sont construites de façon formelles comme une photographie avec des bandes de couleurs, des bordures ou cadres souvent à l’intérieur d’autres cadres. Son travail est reconnu par le Prix du Gouverneur général en arts visuels et en arts médiatiques qu’il reçoit en 2002.

« J’ai toujours aimé la nature et toujours essayé de me détacher des formes […]. Laisser la matière exprimer le sensible ne veut pas dire abandonner toute logique. (Charles Gagnon (1992). »

Charles Gagnon naquit à Montréal (Québec) le 23 mai 1934. Il était le troisième enfant de Jeanne Geoffrion (1898-1983) et de Jean Gagnon (1900-1973), un courtier d’assurances. Lui et ses sœurs aînées, Michèle (1924-) et Louise (1925-2008), grandirent au sein d’un milieu familial aisé, ouvert à la culture . Il fit ses études secondaires au collège Stanisclas, puis au collège Loyola, s’initiant vers 1946 à la photographie. Après des études à l’École supérieure de préparation scientifique (Montréal), Gagnon entra au bureau de son père, mais ce genre de travail ne convenait aucunement à son tempérament et à ses intérêts. À 21 ans, il quitta son emploi pour aller à New York étudier le graphisme et la décoration intérieure à la Parsons School of Design, puis à la New York School of Interior Design. Il prit également des cours du soir à l’université de New York où il étudia avec Paul Brach de 1955 à 1960. Le dynamisme de l’avant-garde expérimentale de cette ville l’interpela et contribua à façonner son style par la suite. C’était la période au cours de laquelle des artistes comme Robert Rauschenberg et Jasper Johns commençaient à s’éloigner de l’expressionnisme abstrait. C’est durant ces années que, stimulé par ce qu’il voyait dans l’aile égyptienne et mésopotamienne du Metropolitan Museum de même que par les peintres britanniques qu’il côtoya à New York, il se mit à la peinture et à la photographie . S’il découvrit au musée la richesse des mystères, des signes et des hiéroglyphes de ces deux cultures, il fut en même temps inspiré par la ville elle-même avec ses panneaux au néon ainsi que les surfaces dilapidées de certains de ses édifices . Plus tard, il se targuera d’appartenir à la New York School de Montréal, même si une telle école n’existera jamais.

De retour à Montréal en 1960, il épouse Michiko Yajima. L’année suivante, Gagnon participe à la Quatrième Exposition biennale d’art canadien, un événement organisé et mis en circulation par la Galerie nationale du Canada (aujourd’hui Musée des beaux-arts du Canada, Ottawa) et à la fin septembre, il figure parmi les « jeunes artistes d’avenir » sélectionnés pour représenter l’art canadien à la Deuxième Biennale de Paris. Il commence par la suite à produire non seulement des toiles, mais également des collages et des boites-constructions dans une période dite « des paysages ». Déjà à New York il avait ébauché ce processus en incorporant à ses toiles des lettres et des chiffres; maintenant de larges carrés et des champs chromatiques rectangulaires s’imbriqueront les uns dans les autres. Leur disposition fragmentait la composition, créant des ouvertures en forme de fenêtres. L’intérêt premier de cette série, intitulée Espace/Écrans réside dans l’ambiguïté spatiale créée par l’interaction entre les oppositions formées par les lignes droites et les éclaboussures ou dégouttements, entre la planéité des surfaces colorées et l’impression de profondeur créée par leur surimposition. De même, la série Painting with green (1962-1963) donne l’impression d’une surface de paysage tel que suggéré par les surface vertes et les ouvertures pratiquées dans l’espace pictorial.

1965 marque un tournant dans la pratique de Gagnon qui devient résolument pluridisciplinaire, travaillant avec la peinture, la photographie, le cinéma, et même l’environnement cinétique et sonore. Il approfondit dans ces travaux de l’époque le concept du contraste entre surfaces et matériaux, produisant également des sérigraphies, des collages audio et des films expérimentaux. Ses toiles peuvent être regroupées sous quelques grandes périodes : les White paintings /Tableaux blancs (1967-1969), les Markers/Marqueurs (1973-1974), la série Splitscreenspace (1976-1983), ainsi que les Word paintings/ Œuvres avec mots (1986-1990) et États et conditions (1990-1992). À côté de la peinture, Gagnon pratiqua également la photographie, en particulier à la fin des années 1970. Au cours de la décennie 1990, il alterna entre peinture et photographie, jusqu’à ce qu’il en vienne à combiner les deux, expliquant ainsi cette combinaison : « Photographier, pour moi, c’est percevoir; peindre, c’est concevoir. » .

Charles Gagnon se lança dans l’enseignement à Montréal au Loyola College (maintenant l’Université Concordia). En 1975 il fit son entrée au département des Arts visuels de l’Université d’Ottawa où il enseigna la photographie et les arts médiatiques jusqu’à sa retraite en 1996.

Il devait mourir d’une crise cardiaque à Montréal, le 16 avril 2003. En son honneur, le département des Arts visuels de l’Université d’Ottawa devait créer l’année suivante une bourse d’études au niveau de la maitrise .

1962: La Fenêtre / The Window,

1967 : The Eighth Day/Le Huitième jour (film)

1968 : Autoportrait et tableau; The Sound of Space/Le Son d'un espace (film)

1970 : Pierre Mercure 1927-1966

1973-1974 : Marker / Marqueurs

1976-1983 : Cassations, Inquisitions

Décennie 1990 : Tables de matière, Mythes (Photographie), États et conditions (Peinture), Histoires naturelles, Ex Situ (Peinture et photographie).

1959 : Charles Gagnon, Galerie Artek, Montréal.

1978 : Charles Gagnon, Œuvres / Works: 1956-1978, Musée des beaux-arts de Montréal, Montréal.

1993 : Charles Gagnon: Recent Works, The Edmonton Art Gallery, Edmonton.

1998 : Charles Gagnon: observations, Musée du Québec, Québec.

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