Ce Jour-là

Charles-François Lebrun

Politicien français

Anúncio

Charles-François Lebrun, duc de Plaisance, né le 19 mars 1739 à la Bouchelière, hameau de Saint-Sauveur-Lendelin dans le diocèse de Coutances (Manche), et mort le 16 juin 1824 à Sainte-Mesme (Yvelines) est un homme d'État français.

D'abord député du tiers état, il siège à l'Assemblée nationale constituante à partir de 1789. Lebrun occupe ensuite la fonction de troisième consul de la Première République et devient prince-architrésorier du Premier Empire dès 1804.

Jeunesse et période précédant la Révolution

Quatrième fils de Paul Lebrun (23 mars 1708 - 14 juin 1782), petit propriétaire exploitant (pour qui il achètera en 1777 la charge de secrétaire du roi près le parlement de Grenoble) et de Louise Le Crosnier (17 juin 1710 - 18 avril 1783), Charles-François est éduqué comme ses sept autres frères par un abbé et une parente leur donnant les bases d'une instruction, avant de l’envoyer au collège de Coutances, puis au Collège des Grassins, composante de l'ancienne Université de Paris qui accueille principalement des jeunes gens du diocèse. Il y apprend le latin, le grec, l’italien, l’espagnol et l’anglais, langues qu’il parle couramment à l’âge de 20 ans. Il poursuit ensuite des études de philosophie au collège de Navarre, autre composante de l'Université de Paris. Découvrant Montesquieu, il souhaite ardemment étudier la constitution du royaume de Grande-Bretagne. Pour cela, il part dans un long périple le menant en Belgique, en Hollande et arrive enfin en Angleterre en 1762. Il assiste régulièrement aux séances du Parlement et apprend à apprécier ce système qu’il aurait aimé pouvoir adapter à la France.

De retour en France, il entreprend des études de droit auprès du professeur Lorry, qui le présente au premier président du parlement de Paris, René Nicolas de Maupeou, par qui il est engagé comme précepteur pour son fils aîné. Durant cette période il traduit l'Iliade d’Homère, plus tard il traduit aussi l'Odyssée. Grâce à la bienveillance de Maupeou, Lebrun est nommé censeur royal dès 1765.

Maupeou est nommé chancelier en 1768. Lebrun achète alors un office de payeur des rentes. De 1771 à 1774, Maupeou réforme la justice. Lebrun qui est son secrétaire rédige les préambules des édits, à tel point que l’on dit : « Que serait Maupeou sans Lebrun ? ». Il est alors "inspecteur du domaine de la Couronne", qualité qu'il déclare lors de son mariage en 1773 avec Anne Delagoutte, fille d'un avocat au Parlement de Paris.

La disgrâce de Maupeou, venant avec la mort de Louis XV, entraîne celle de Lebrun, mais aussi l’arrêt de la réforme et donc le rétablissement des parlements. Bien que suivant son protecteur dans sa disgrâce, Lebrun conserve ses revenus et se lance dans l’écriture. Il publie peu après une traduction du Tasse : La Jérusalem délivrée. La légende veut que ce livre ait fait partie des lectures de Bonaparte encore à Brienne. En 1779, il achète le château de Grillon, près de Dourdan, ancienne demeure de Jean-François Regnard. Il s’y retire souvent loin de l’agitation parisienne, pour vivre selon les principes de Rousseau. Il faut attendre le gouvernement de Necker pour que l’on refasse un peu appel à lui mais seulement en tant que conseiller et sûrement par amitié de la part de Necker.

De la Révolution au 18 brumaire

En 1789, peu avant la Révolution, il publie La voix du Citoyen, livre que certains qualifient de prémonitoire sur la suite des événements. Le 25 mars 1789, il est élu député du tiers-état du bailliage de Dourdan aux états généraux. À cette occasion, il renonce à ses privilèges «pécuniaires et onéreux pour le tiers état». Le 20 juin, il prête le Serment du jeu de paume. Il s’investit beaucoup dans la fonction de député : nommé membre du comité des contributions de la Constituante, il en est le rapporteur ; il est également rédacteur de nombreux projets de loi. Il fait en sorte de n'adhérer à aucun club et par conséquent de rester indépendant. Ceci lui vaut l'amitié de nombreux députés modérés, à tel point qu’il est proposé à la présidence de l'assemblée, mais il est battu par l'abbé Montesquiou.

À la suite de la dissolution de l'assemblée constituante, le 16 mai 1791, et de l'impossibilité pour ses députés de se représenter pour un mandat de député, il retourne dans son département de Seine-et-Oise dont il devient président du directoire. L’année 1792 marque un tournant, avec l'assassinat du maire d'Étampes, Simonneau, puis le pillage des appartements du roi par la foule le 20 juin 1792.

À la suite d'une intervention à la tribune de l’assemblée, le faisant taxer de « fougueux modéré » ou d’« aristocrate forcené » par les Jacobins, il sent la tension monter et préfère démissionner de son poste de directeur et se retire une nouvelle fois à Dourdan le 7 août. La prise des Tuileries le 10 août 1792, le choque particulièrement, lui qui reste royaliste.

Vers la fin août, il est désigné, par la population de Dourdan qui continue de l’estimer, pour faire partie du collège électoral chargé d’élire les députés de Seine-et-Oise à la Convention.

Poussé par ses compatriotes, il accepte de se présenter, ce qui déclenche une nouvelle cabale contre lui.

Il est arrêté à deux reprises durant la Terreur :

le 15 fructidor an I (1er septembre 1793), en tant que suspect, il est enfermé au couvent des Récollets de Versailles. Il est libéré grâce au représentant Joseph Augustin Crassous qui, à la suite d'une mission en Seine-et-Oise, est intrigué et étudie son dossier, et finalement ordonne sa remise en liberté. Lebrun rentre dans son château de Grillon près de Dourdan le 27 pluviôse an II (15 février 1794).

le 26 prairial an II (14 juin 1794), alors qu’il fait une demande pour un certificat de civisme, il est renvoyé en prison aux Récollets et, ironie de l’histoire, sur ordre de Crassous. Lebrun craint pour sa tête mais est sauvé par sa nièce Henriette Lebrun qui réussit à voler son dossier d’accusation provoquant ainsi un retard. Il est remis en liberté, sur ordre du Comité de sûreté générale, le 20 vendémiaire an II (11 octobre 1794). Cette mise en liberté est tardive à cause de l’obstination de Crassous.

Après le coup d'État du 9 Thermidor et l'installation du Directoire, il est élu au Conseil des Anciens. Royaliste modéré, il y est considéré comme un spécialiste des questions financières. Il prône notamment la réconciliation nationale ou l’amnistie des émigrés, en s’opposant par exemple aux proscriptions décrétées après le coup d'État anti-royaliste de fructidor.

Sous le Consulat, le 13 décembre 1799, il devient troisième consul, particulièrement chargé des finances. Avec Bonaparte et Jean-Jacques-Régis de Cambacérès, il est l’un des fondateurs de la Société d’encouragement pour l’industrie nationale.

Anúncio

Bientôt sur l'application World in Stories

Audio, téléchargement hors ligne, sans publicité et plus.

Découvrir Premium
Charles-François Lebrun | World in Stories