Charles-Antoine de Hohenzollern-Sigmaringen (en allemand, Karl-Anton Prinz von Hohenzollern-Sigmaringen), né le 7 septembre 1811 au château de Krauchenwies et mort le 2 juin 1885 à Sigmaringen, est un membre de la famille princière de Hohenzollern-Sigmaringen.
Charles-Antoine est l'unique fils de Charles de Hohenzollern-Sigmaringen (1785-1853) et de la princesse Antoinette Murat (1793-1847), nièce de Joachim Murat, roi de Naples et beau-frère de Napoléon Ier.
Ses grands-parents sont le prince Antoine-Aloys et son épouse, née Amélie Zéphyrine de Salm-Kyrburg, amie de l’impératrice Joséphine, dont elle est un soutien pendant la période révolutionnaire alors que son propre frère est exécuté.
Charles-Antoine devient prince souverain de Hohenzollern-Sigmaringen le 27 août 1848 lors de l'abdication de son père. Il renonce à ses droits souverains en faveur de la Prusse par le traité d'État du 7 décembre 1849. Le roi de Prusse lui confère le 20 mars 1850, pour lui et le premier né de sa maison, le titre d'Altesse avec les prérogatives réservées aux princes cadets de la maison de Prusse ; le roi de Prusse lui confère ensuite, le 18 octobre 1861, le titre d'Altesse royale.
Le 3 septembre 1869, à la mort du prince Constantin de Hohenzollern-Hechingen, dernier agnat de sa branche, Charles-Antoine devient prince (en allemand Fürst) de Hohenzollern, titre qu'il conserve jusqu'à son décès.
Le 21 octobre 1834, Charles-Antoine épouse à Karlsruhe la princesse Joséphine de Bade (1813-1900), filleule de l'impératrice Joséphine, fille du grand-duc Charles II et de Stéphanie de Beauharnais. D’une grande droiture et d’une grande beauté, mais affligée de surdité, elle forme avec son mari un couple uni. D’éducation protestante, la princesse se convertit plus tard au catholicisme.
Carrière politique et environnement familial
Le prince de Hohenzollern-Sigmaringen devient ministre-président de Prusse de 1858 à 1862 et mène une politique plutôt libérale. Confronté à l'insoluble question des crédits militaires qui oppose le roi au parlement, il doit démissionner de ses fonctions. Après avoir songé à abdiquer, le roi appelle au pouvoir le prince de Bismarck, un homme autoritaire et violent.
En 1858, avec l’appui de la reine Victoria, le prince Charles-Antoine de Hohenzollern-Sigmaringen marie sa fille Stéphanie au roi Pierre V de Portugal, mais les deux époux connaissent une fin prématurée.
En 1866, son fils cadet, Carol Ier, accède au trône de Roumanie, récemment libéré de la domination ottomane.
En 1867, sa fille Marie épouse le comte de Flandre, frère de Léopold II, roi des Belges. Elle est la mère du roi-chevalier Albert Ier.
En 1870, son fils aîné Léopold est porté candidat à la couronne d’Espagne. Son père le conduit à y renoncer devant les pressions de Napoléon III, mais les maladresses de la diplomatie française et les intrigues du chancelier prussien Bismarck entraînent les deux nations dans la guerre.
Léopold (1835-1905), prince de Hohenzollern, épouse en 1861 Antonia de Portugal (1845-1913) ancêtre de l'actuel prétendant au trône de Roumanie.
Stéphanie (1837-1859), épouse en 1858 Pierre V, roi de Portugal (1837-1861).
Carol Ier (1839-1914), prince (1866) puis roi (1881) de Roumanie épouse en 1869 Élisabeth de Wied (1843-1916) mort sans postérité survivante.
Antoine (1841-1866), tombé au champ d'honneur pendant la guerre austro-prussienne.
Frédéric (1843-1904), épouse en 1879 Louise de Tour et Taxis (1859-1948), nièce de l’impératrice Élisabeth d’Autriche (Sissi).
Marie (1845-1912), épouse en 1867 Philippe de Belgique (1837-1905), comte de Flandre. Ils sont les ancêtres des actuels roi des Belges et grand-duc de Luxembourg.