Chantal de Guerre, dite Chantal Goya, née le 10 juin 1942 à Saïgon (Indochine), est une actrice et chanteuse française.
Chantal de Guerre naît à Saïgon le 10 juin 1942, dans une plantation, d'un père vosgien, Bertrand de Guerre (1912-1974), et d'une mère béké, Colette Dartiguenave (1921-2018). C'est son grand-père qui l'a mise au monde à la clinique Saint-Paul alors qu'il en était le directeur. Cette clinique qui se trouve dans le 3e arrondissement a été renommée Bênh Viên Mát, au 270, rue Diên-Biên-Phu, anciennement rue Legrand-de-la-Liraye. Un mois après elle est baptisée à la cathédrale Notre-Dame de Saïgon. Elle grandit dans la plantation d'hévéa Suzannah dont son père était le directeur. Lors d'une visite en 2026, elle retrouve pour la première fois son ancienne maison, laissée à l'abandon. Elle est l'aînée d'une famille de cinq enfants (un frère et trois sœurs) et la cousine éloignée du comédien Claude Rich et du chanteur Philippe Lavil. Sa jeunesse est austère : « Jamais de musique ni de cinéma, ça n'existait pas », explique-t-elle a posteriori.
La famille de Guerre quitte l'Indochine française en 1946, aux débuts du conflit d'indépendance, et s’installe à Remiremont, dans les Vosges.
Elle fait une partie de ses études à Paris, où elle n'obtient pas le baccalauréat. Elle part alors pour l'Angleterre comme jeune fille au pair, et étudie au lycée français de Londres, où elle obtient un diplôme d'anglais.
Sa rencontre avec Jean-Jacques Debout constitue un tournant dans sa vie, alors qu'elle voulait initialement devenir journaliste. Il la présente à Daniel Filipacchi, alors en train de lancer un nouveau magazine, Mademoiselle Âge tendre, où l'on découvre Chantal en tant que modèle photo. Le créateur de Salut les copains devient alors son producteur, comme pour Sylvie Vartan ou même Jean Ferrat. Jean-Jacques Debout commence à composer pour elle des chansons originales, dont C'est bien Bernard le plus veinard et Une écharpe, une rose.
Chantal fait de la figuration aux Studios de Boulogne. Pour assurer la promotion de ses chansons, Chantal passe régulièrement dans des émissions de télévision. Jean-Luc Godard la remarque et voit en elle la jeune fille moderne qu'il imaginait pour son film Masculin féminin, qui sort en 1966. Elle y apparaît aux côtés de Jean-Pierre Léaud, Marlène Jobert et Brigitte Bardot. Elle joue ensuite dans des films réalisés notamment par Pierre Tchernia, Philippe Labro et Didier Kaminka. Enceinte, elle est contrainte de décliner une proposition de rôle dans L'Étau d'Alfred Hitchcock et se voit remplacée par Claude Jade.
Dans le même temps, Chantal enregistre quelques disques yéyé sous la direction artistique de Mickey Baker. Elle figure sur la « photo du siècle » regroupant 46 vedettes françaises de l'époque du yéyé (dont Jean-Jacques Debout) en avril 1966.
Puis, pour un temps, elle met sa carrière entre parenthèses, afin de se consacrer à ses enfants.
Retour à la chanson en 1972 pour l'émission Top à... Sylvie Vartan où elle chante et danse avec son amie et interprète seule Les Boules de neige. Puis, en 1974 lors d'un autre Top à... Sylvie, un nouveau duo la met en lumière : Les petites filles modèles.
En 1975, elle enregistre en duo avec Guy Mardel le titre Prends une rose qui est sélectionné par un jury pour participer au Concours de la Chanson française, concours visant à déterminer la chanson qui représentera la France à la finale du concours de l'Eurovision. Mais cette année-là, ce sera finalement la chanson Et bonjour à toi l'artiste, chantée par Nicole Rieu qui sera choisie pour représenter la France lors de la finale du concours de l'Eurovision. Mais sortant en 45 tours, la chanson Prends une rose connaît un relatif bon succès au hit-parade.
En 1975, pour l'émission Numéro un Carlos, produite par Maritie et Gilbert Carpentier, son mari, Jean-Jacques Debout, souhaite au départ la participation de Brigitte Bardot. Cette dernière commence par accepter, puis refuse au dernier moment, à la suite d'une grippe. Afin de remplacer cette séquence, Jean-Jacques Debout écrit et compose alors la chanson Adieu les jolis foulards, qu'il propose à Chantal Goya pour chanter juste le soir de l'émission. Elle accepte et, grâce à cette chanson, obtient un certain succès. Sa carrière de chanteuse redémarre, sa prestation étant suivie dès le lendemain de diffusion de l'émission de nombreux coups de téléphone au standard de TF1 qui a diffusé le programme.
Jean-Jacques Debout décide de sortir le disque, et en 1976 Chantal Goya signe un contrat de cinq ans chez RCA. L’année suivante sort un premier album, Voulez-vous danser grand-mère ?, qui contient notamment les titres Allons chanter avec Mickey et Un lapin.
Enchaînant les succès (Bécassine, C'est Guignol !, Monsieur le chat botté, Pandi Panda, Snoopy, Babar…), le couple Debout-Goya, avec la collaboration de Roger Dumas, monte des contes télévisés (Je reviendrai, Marie-Rose, Au bonheur des enfants, La Poupée de sucre) ainsi que des spectacles pour enfants sur le thème du voyage et du rêve.
Après avoir enregistré le générique du film Le Temps des vacances de Claude Vital, dans lequel elle apparaît dans son propre rôle, Chantal Goya interprète également plusieurs génériques, à la fois pour des téléfilms comme Les malheurs de Sophie (1979) et pour des dessins animés comme Les Misérables (1980), Bouba le petit ourson (1981), Les quatre filles du docteur March (1984), et David le Gnome (1987).
Lors de l'émission Le Jeu de la vérité présentée en direct de Lyon le 13 décembre 1985 par Patrick Sabatier sur TF1, une institutrice interrogeant Chantal Goya qualifie son univers d'« abêtissant ». Piquée au vif, la chanteuse réplique tout en se défendant maladroitement et en entamant le refrain d'une de ses chansons Jeannot Lapin. Chantal Goya connaît des difficultés après l'émission, et ce jusqu'en 1993.
Chantal Goya est revenue sur « l'affaire » à de nombreuses reprises, dans la presse écrite et audiovisuelle, et dira être tombée dans un piège. Réticente à l'idée de participer à une émission qui ne lui semble pas correspondre à son public, elle aurait finalement cédé après que les producteurs de l'émission lui ont promis que ce seraient des enfants qui lui poseront des questions au téléphone, version contestée par l'animateur Patrick Sabatier. Finalement, elle doit répondre sur scène, en direct du Palais des sports de Lyon, à la fin de son spectacle, vêtue d'une robe issue de son spectacle Le mystérieux voyage de Marie-Rose et peu adaptée au contexte devant son public d'enfants qu'on ne montre pas à l'image, à des questions posées de manière agressive par des adultes, d'où le résultat catastrophique à l'écran.
L'image de la chanteuse est ternie, les ventes de disques chutent considérablement, les moyens investis dans ses spectacles deviennent beaucoup plus modestes. La médiatisation se fait plus rare. Mais Chantal Goya n'abandonne pas sa carrière pour autant : à la suite du spectacle Le Mystérieux Voyage, elle se tourne vers le public étranger, lance un mensuel (Le petit journal de Marie-Rose), sort chaque année jusqu'en 1990 un album studio inédit, et propose, après une expérience télévisuelle en 1988 sur Antenne 2 avec Jacqueline Joubert (Le Monde Magique), une nouvelle comédie musicale intitulée L'Étrange Histoire du château hanté au Palais des congrès de Paris en 1989.
En 1993, c'est le grand retour sur scène très médiatisé. Dans sa salle fétiche, le Palais des congrès de Paris, produite par Roland Hubert et Charley Marouani, elle propose les meilleurs moments de ses spectacles précédents. Dorothée lui propose de rejoindre sa maison de disques et elle signe un contrat de distribution avec « AB Disques » et publie une autobiographie, Tu t'appelles Chantal Goya comment ?. Elle sera invitée de nombreuses fois en 1993 et 1994 au Club Dorothée pour y faire la promotion de l'album La poussière est une sorcière ainsi que de son spectacle. En parallèle, elle enregistre pour les éditions Atlas, les histoires des Martine accompagnées d'une chanson inédite pour chaque numéro. Le premier numéro est certifié disque d'or.