La Chambre des lords (House of Lords en anglais), communément abrégée en « les Lords » (the Lords en anglais), est la chambre haute du Parlement du Royaume-Uni. Le Parlement comprend également le roi et la chambre basse, la Chambre des communes.
La Chambre des lords se composait de membres nommés à vie par le roi sur proposition du Premier ministre et de 26 lords clercs de l'Église d'Angleterre, membres de droit. Le nombre de membres n'est pas fixe et dépend des nominations : il y en a aujourd'hui plus de 800. Jusqu'au House of Lords (Hereditary Peers) Act 2026 (en), la chambre est composé de 92 lords héréditaires élus parmi les membres des différentes pairies du Royaume-Uni
Depuis le XIXe siècle, les pouvoirs de la Chambre des lords ont considérablement diminué et son pouvoir est aujourd'hui nettement inférieur à celui de la Chambre des communes. Elle examine les projets de loi approuvés par la Chambre des communes et peut les modifier, mais ne dispose pas, sauf dans des cas limités, du pouvoir d'empêcher leur adoption. Toutefois, la Chambre des lords peut retarder l'adoption d'un projet de loi et inviter le gouvernement à le revoir.
La Chambre des lords est établie au XIVe siècle, lorsque le Parlement d'Angleterre est scindé en deux chambres : une Chambre des communes pour les représentants élus des bourgs et des comtés, et une Chambre des lords rassemblant la noblesse héréditaire et le clergé. Au XVIe siècle, à la suite de la Réforme anglicane, la représentation du clergé au Parlement est amoindrie. En 1707, l'acte d'Union réunit le royaume d'Angleterre et le royaume d'Écosse en un royaume, la Grande-Bretagne : le Parlement d'Angleterre se transforme en Parlement de Grande-Bretagne, et la Chambre des lords inclut désormais des représentants de la pairie d'Écosse. En 1801, un nouvel acte d'Union unit la Grande-Bretagne et le royaume d'Irlande : la pairie d'Irlande est désormais représentée elle aussi à la Chambre des lords.
En 1834, le palais de Westminster, abritant notamment la Chambre des lords, est détruit par un incendie. Il faut attendre 13 ans, jusqu'en 1847, pour que les lords puissent à nouveau y siéger, la chambre ayant été entièrement rénovée.
La Chambre des lords devient une sorte de cour suprême en 1876 avec la Loi sur l'appel judiciaire (Appellate Jurisdiction Act de 1876) qui institue les Law Lords, chargés spécifiquement de ce nouveau pouvoir, autrefois entre les mains de tous les lords.
En 1911, une première loi relative au fonctionnement du Parlement permet l'adoption des projets de loi de finances sans le consentement des lords, et la limitation de leur veto à deux ans pour les autres projets de loi. Ce veto est ramené à un an, en 1949.
En 1958, la Loi sur la pairie à vie est adoptée. Le rang de baron peut désormais être créé à vie dans la pairie du Royaume-Uni pour les hommes et les femmes.
En 1963, la Loi sur la pairie permet aux pairs héréditaires de renoncer à leur pairie et aux pairs écossais ainsi qu'aux pairesses héréditaires de siéger à la Chambre.
En 1999, la Loi sur la Chambre des lords est votée, elle limite le nombre de pairs héréditaires à 92.
En 2005, la Loi sur la réforme constitutionnelle prévoit la transmission des responsabilités des Law Lords à la Cour suprême du Royaume-Uni. Ce transfert est effectif en 2009, date de création de la Cour.
En 2026, la Loi sur la Chambre des lords (pairs héréditaires) exclut les 92 derniers pairs héréditaires au début de la prochaine session de mai, ce qui entraîne leur départ du Parlement.
Les membres de la Chambre des lords qui y siègent en vertu d'une charge ecclésiastique sont appelés « Lords Spiritual ». À l'origine, il s'agissait des archevêques, évêques, abbés ainsi que les prieurs portant la mitre. Après la Réforme anglaise et la dissolution des monastères en 1539, les offices d'abbés et prieurs étant supprimés, ne restent que les archevêques et évêques. Durant l'Interrègne au XVIIe siècle, les quelques séances de la Chambre des lords qui se tiennent voient l'exclusion des évêques.
Depuis 1847, le nombre de Lords Spiritual est limité à 26. Il s'agit des archevêques de Cantorbéry et d'York, des évêques de Londres, Durham et Winchester ainsi que des 21 évêques les plus anciens dans leur charge pour les autres diocèses. Toutefois, à la suite de la décision de l'Église d'Angleterre de nommer des femmes évêques, le Lords Spiritual (Women) Act de 2015 prévoit que dans les 10 années qui suivent, lorsqu'une vacance a lieu parmi les Lords Spiritual elle soit pourvue par une femme évêque.
Aujourd'hui, les Lords Spiritual ne représentent que l'Église d'Angleterre. L'Église d'Écosse a été exclue en 1689 quand elle est devenue presbytérienne et l'Église au pays de Galles a cessé d'être représentée en 1920 quand elle est devenue indépendante de l'Église d'Angleterre et a perdu son statut d'Église d'État. L'Église d'Irlande était représentée lorsque l'Irlande faisait partie du Royaume-Uni.
Périodiquement, des religieux peuvent être nommés à la Chambre des lords, par exemple le grand rabbin Immanuel Jakobovits, fait baron Jakobovits en 1988, Robin Eames, l'archevêque irlandais d'Armagh, fait baron Eames en 1995. Ce ne sont pas des Lords Spiritual, mais des pairs à vie parmi les Lords Temporal.
Depuis la dissolution des monastères, les Lords Temporal sont majoritaires à la Chambre des lords. La majorité des Lord Temporals sont des pairs à vie, nommés par le roi sur proposition du Premier ministre. Une House of Lords Appointments Commission existe depuis 2001 pour conseiller le Premier ministre sur ces nominations.
Auparavant, une partie des Lords Temporal était des pairs héréditaires dont les titres pouvaient être duc, marquis, comte, vicomte ou baron (ainsi que les Lords of Parliament écossais). Depuis le House of Lords Act de 1999, le nombre de pairs héréditaires autorisés à siéger à la Chambre des lords est limité à 92 :