La Chambre des communes du Canada (en anglais : House of Commons of Canada) est la chambre basse du Parlement du Canada. Elle est composée de 343 députés élus au scrutin uninominal à un tour représentant chacun une circonscription électorale.
La Chambre des communes est créée en 1867 par l'Acte de l'Amérique du Nord britannique qui fonde le Dominion du Canada. Elle a pour modèle la Chambre des communes britannique et forme, avec le Sénat et le Roi, le Parlement du Canada. Bien que le Parlement soit bicaméral, la Chambre des communes détient en pratique plus de pouvoir que le Sénat : il est rare que ce dernier, non élu, rejette une loi adoptée par les communes. De plus, le gouvernement est responsable devant la Chambre des communes seulement et le premier ministre ne peut rester en poste que tant qu'il ou elle conserve l'appui de la chambre basse.
La Chambre des communes siège dans l'édifice de l'Ouest sur la colline du Parlement à Ottawa (Ontario).
En 1867, l'Acte de l'Amérique du Nord britannique dote le nouveau dominion du Canada d'un Parlement bicaméral sur le modèle du Parlement du Royaume-Uni et du système de Westminster : alors que le Sénat est composé de membres nommés, la Chambre des communes est la chambre basse, élue par la population. L'appellation « Chambre des communes » provient de l'anglais « House of Commons », où le mot « Commons », dans l'histoire de l'Angleterre, faisait référence aux gens communs (en anglais : les « commons » ou les « commoners »), soit les roturiers, qui n'appartenaient pas à la noblesse, et ce, par opposition aux lords de la chambre haute, appelée Chambre des lords (en anglais : House of Lords). Le Canada est le seul pays autre que le Royaume-Uni à utiliser le terme « Chambre des communes » pour la chambre basse du parlement.
À la différence toutefois du système britannique, les pouvoirs du Parlement canadien sont limités par la Constitution puisque, dans le cadre du fédéralisme, une partie du pouvoir législatif est détenu par les assemblées législatives provinciales.
Par ailleurs, le Parlement du Canada est demeuré soumis au Parlement britannique, autorité législative suprême pour tout l'Empire britannique, jusqu'à l'adoption en 1931 du Statut de Westminster mit fin à toute possibilité d'interférence britannique dans les affaires courantes canadiennes. La pleine autonomie ne fut accordée qu'avec la Loi de 1982 sur le Canada par laquelle le Parlement du Royaume-Uni renonça à tout pouvoir législatif au Canada, notamment son droit de regard sur toute modification à la constitution canadienne.
De 1867 à 1916, la Chambre des communes siège dans l'ancien édifice du Parlement. Après l'incendie subi par celui-ci, elle siège au musée commémoratif Victoria jusqu'en 1922. Elle siège ensuite dans l'Édifice du Centre. Depuis 2019, elle siège temporairement à l'Édifice de l'Ouest, en raison d'importants travaux à l'Édifice du Centre.
Le 28 avril 2020, pour la première fois de son histoire, la Chambre des communes tient une séance de comité par vidéo-conférence en lien avec la pandémie de Covid-19.
La chambre basse du Parlement du Canada dispose de plusieurs dénominations, françaises ou anglaises, usuelles ou formelles.
En langue française, elle est communément appelée la Chambre des communes du Canada et, dans un style solennel, l’Honorable Chambre des communes du Canada, en Parlement assemblée. Ces expressions correspondent à celles d’House of Commons of Canada et de the Honourable the House of Commons in Parliament assembled en langue anglaise.
La Chambre des communes est composée de 343 sièges pourvus pour un mandat de quatre ans au scrutin uninominal majoritaire à un tour dans autant de circonscriptions électorales. La composition de la Chambre des communes est fixée par l'article 51 de la Loi constitutionnelle de 1867, qui prévoit une révision après chaque recensement décennal.
Ainsi, depuis le découpage de 2022 entré en vigueur lors de l'élection générale de 2025, la Chambre est présentement composée de 343 députés représentant chacun une circonscription électorale (parfois appelée comté). Les députés sont répartis entre les provinces en fonction de leur population avec l'application de clauses spéciales :
la « clause sénatoriale » garantit que chaque province détiendra au moins autant de députés que de sénateurs ;
la « clause des droits acquis » garantit à chaque province au moins autant de députés qu'elle en avait en 1985 ;
la « règle de représentation » garantit à une province qui était surreprésentée avant le redécoupage et qui devient sous-représentée d'obtenir des sièges supplémentaires afin que sa part de sièges à la Chambre des communes soit proportionnelle à sa part de population.
La représentation territoriale est indépendante de la population ; chaque territoire n'a droit qu'à un seul siège.
À cause de l'application des clauses spéciales, les plus petites provinces et celles ayant connu un déclin de leur population sont surreprésentées. Seuls l'Ontario, le Québec, la Colombie-Britannique et l'Alberta sont représentés plus ou moins proportionnellement à leur population.
Des comités sont chargés de dessiner les limites des circonscriptions, mais leurs propositions sont soumises à l'approbation parlementaire.