Ce Jour-là

Chūichi Nagumo

Amiral japonais

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Chūichi Nagumo (南雲 忠一, Nagumo Chūichi), né à Yonezawa dans la préfecture de Yamagata, le 25 mars 1887, et mort à Saipan, dans les îles Mariannes, le 6 juillet 1944, est une personnalité importante de la Marine impériale japonaise. Il a commandé la Force Mobile (Kidō Butai), c'est-à-dire l'escadre de grands porte-avions, qui est allée de succès en succès, de l'attaque de Pearl Harbor (7 décembre 1941) au raid sur Ceylan (5-9 avril 1942), mais qui a subi une terrible défaite à la bataille de Midway (4-7 juin 1942).

Toujours à la tête de la plus puissante escadre de porte-avions japonais, redésignée comme la 3e Flotte, il n'a plus connu que des résultats mitigés, aux batailles des Salomon orientales (24-25 août 1942) et des îles Santa Cruz (24-27 octobre 1942). Il n'a plus eu de commandement à la mer après novembre 1942. En juillet 1944, il se suicide pour ne pas être fait prisonnier lors de l'attaque américaine sur les îles Mariannes.

Chūichi Nagumo, diplômé en 1908 de l'Académie navale impériale du Japon dans la 36e promotion, classé 8e sur 191 élèves, embarque comme midship (Shōi Kōhosei) sur le croiseur cuirassé Soya (ex-russe Varyag), sur le croiseur cuirassé Nisshin et sur le croiseur protégé Niitaka. Comme enseigne de vaisseau (Shōi et Chūi) de 1910 à 1914, il embarque sur le croiseur cuirassé Asama et suit les cours de l'École de Canonnage et de l'École de Torpillage. Il embarque sur le cuirassé pré-dreadnought Aki, puis sur le destroyer de 3e classe Hatsuyuki. Il suit les premiers cours de l'École de Guerre navale et se spécialise à l'École de Torpillage.

Comme lieutenant de vaisseau (Daii) de 1914 à 1920, il est affecté au Commandement des Constructions navales et suit la construction du croiseur de bataille Kirishima, puis embarque sur le destroyer de 2e classe Sugi. Il est affecté à des fonctions d'officier d'état-major, puis, fin 1917, reçoit son premier commandement, le destroyer de 3e classe Kisaragi. En 1918-1920, il suit le cursus de l'École de Guerre navale (18e promotion), et est promu capitaine de corvette (Shōsa). Il est nommé commandant du destroyer Momi, alors tout récent. Il est affecté de 1922 à 1926 à des fonctions d'état-major, en particulier à l'État-major général de la marine (E-M.G.M.), à la 1re section du 1er bureau, tout en étant instructeur à l'École de Guerre navale.

En 1925 et 1926, il fait partie d'une mission japonaise pour étudier la stratégie et l'équipement navals en Europe et aux États-Unis. À son retour, il commande successivement les canonnières Saga et Uji, puis exerce des fonctions d'instructeur à l'École de Guerre navale. Promu capitaine de vaisseau (Daisa) fin 1929, il est nommé commandant du croiseur léger Naka, puis du 11e groupe de destroyers. D'octobre 1931 à novembre 1933, il est chef de la 2e section du 1er Bureau de l'État-major général de la Marine. Il commande ensuite le croiseur lourd Takao, puis le cuirassé Yamashiro. Promu contre-amiral le 1er novembre 1935, il commande alors la 1re escadre de destroyers, puis la 8e division de croiseurs (les trois croiseurs de la classe Sendai), en mer Jaune en appui de l'armée de terre en Chine. En 1938, il dirige l'École de Torpillage et est nommé, le 15 novembre 1938, à la tête de la 3e division de cuirassés (les cuirassés rapides de la classe Kongō).

Promu vice-amiral le 15 novembre 1939, il est remplacé à la tête de cette grande unité le 1er novembre 1940, par le contre-amiral Ozawa, et va diriger l'École de Guerre navale. Il est nommé, le 10 avril 1941, commandant de la force de frappe de la 1re flotte aérienne, c'est-à-dire les 1re, 2e et 5e divisions de porte-avions, qui vont constituer le fer de lance de la marine impériale japonaise, pendant les six premiers mois de la guerre du Pacifique.

De Pearl Harbor au raid sur Ceylan (décembre 1941-avril 1942)

Alors âgé de 54 ans, présenté comme vieillissant, le vice-amiral Nagumo avait dans cette position le défaut de n'avoir d'expérience que dans l'emploi des torpilleurs et des cuirassés et de ne pas avoir exercé de commandement d'un porte-avions ou d'un groupe de porte-avions, comme avaient pu l'avoir les vice-amiraux Tsukahara ou Ozawa. Mais il peut compter sur de grands subordonnés comme les contre-amiraux Ryūnosuke Kusaka, son chef d'état-major, Tamon Yamaguchi et Chūichi Hara, commandants des 2e et 5e divisions de porte-avions, ou des officiers d'une grande valeur comme le commandant Mitsuo Fuchida.

Conçue par l'amiral Yamamoto, minutieusement préparée par les contre-amiraux Fukudome et Ōnishi et le commandant Genda, malgré un certain scepticisme du vice-amiral Nagumo, l'attaque de Pearl Harbor est un succès tactique. Du côté américain, deux cuirassés sont irrémédiablement coulés et l'aviation basée à terre anéantie, trois cuirassés ont dû être reconstruits presque entièrement, et des dégâts substantiels sont portés à trois autres cuirassés, au prix de quelques dizaines d'appareils japonais perdus. Mais on va reprocher à l'amiral Nagumo de ne pas avoir lancé une troisième vague d'avions pour détruire les dépôts d'essence et les installations de réparation navale qui ont eu un rôle stratégique très important dans la poursuite de la guerre pour les Américains. On ne saurait, en revanche, lui imputer la faiblesse du renseignement japonais, qui a conduit à attaquer la base de la Flotte du Pacifique alors que les porte-avions américains étaient à la mer.

Rentrant de Pearl Harbor, les porte-avions Sôryû et Hiryū sont détachés, courant décembre 1941, pour aller appuyer l'attaque de Wake, où la résistance des U.S. Marines est acharnée. Du 20 au 24 janvier, quatre porte-avions, aux ordres du vice-amiral Nagumo, appuient l'attaque japonaise sur les positions australiennes de Rabaul et de Kavieng, pendant que les porte-avions Sôryû et Hiryū bombardent Amboine, dans les Célèbes, le 31 janvier. Ayant rassemblé ses forces, le vice-amiral Nagumo va procéder le 19 février au bombardement de Port-Darwin en Australie, ce qui annihile les capacités militaires de ce port. Fin mars, les porte-avions du vice-amiral Nagumo appareillent des Célèbes et passent dans l'océan Indien, pour un raid sur Ceylan qui doit porter des coups décisifs à la flotte britannique d'Orient (Eastern Fleet) qui est en train d'être renforcée. Les bases de Colombo et de Trincomalee sont bombardées le 5 et le 9 avril, deux croiseurs lourds et le petit porte-avions ancien HMS Hermes sont coulés, mais le vice-amiral Somerville réussit à mettre l'essentiel de sa flotte hors de portée des porte-avions japonais.

Alors qu'ils sont en route pour rentrer au Japon, les porte-avions Shokaku et Zuikaku sont dirigés vers Truk, pour assurer la couverture éloignée, avec deux croiseurs lourds, aux ordres du vice-amiral Takagi, d'une double attaque de Guadalcanal et Tulagi, dans les îles Salomon d'abord, de Port-Moresby sur la côte sud-est de la Papouasie-Nouvelle-Guinée, ensuite, opération placée sous la responsabilité du vice-amiral Inoue, commandant en chef de la 4e Flotte. Ils vont ainsi participer à la bataille de la mer de Corail, au cours de laquelle ils seront endommagés, au point d'être indisponibles pendant plus d'un mois. Du côté américain, le grand porte-avions USS Lexington a été coulé et le porte-avions USS Yorktown, endommagé, mais réparé à Pearl Harbor de sorte qu'il est de nouveau opérationnel à la fin mai.

La bataille de Midway a résulté de la volonté de l'amiral Yamamoto d'aller débarquer sur l'atoll de Midway, position avancée de la Flotte américaine dans le Pacifique central. La force de débarquement devait être escortée par la 2e Flotte du vice-amiral Kondō, les porte-avions du vice-amiral Nagumo devaient assurer la couverture éloignée, et la 1re Flotte, c'est-à-dire les cuirassés, sous la conduite personnelle du commandant en chef de la Flotte combinée, aurait été en position d'affronter les grands bâtiments américains sortis de Pearl Harbor, dans une « bataille décisive ». Plusieurs éléments ont fait échouer ce plan. La surprise n'a pas joué en faveur des Japonais, comme à Pearl Harbor. Cette fois-ci, en décryptant des écoutes radio, les Américains ont su où les Japonais allaient attaquer, et l'amiral Nimitz a fait prendre position à ses trois porte-avions à 350 nautiques au nord-est de Midway, ce que les reconnaissances japonaises n'ont pas détecté. Par ailleurs les forces japonaises ont eu un triple déficit de concentration des moyens. D'abord deux des six grands porte-avions japonais ont été indisponibles, à la suite des dégâts qu'ils avaient subis à la bataille de la mer de Corail. Ensuite les forces japonaises du Pacifique central et celles du Pacifique nord qui devaient mener dans le même temps, avec deux porte-avions, une attaque contre les îles Aléoutiennes, n'étaient pas en mesure de s'appuyer mutuellement, à 2 400 km l'une de l'autre. Enfin les grands cuirassés de l'amiral Yamamoto étaient trop éloignés des porte-avions du vice-amiral Nagumo pour les faire bénéficier du soutien de leur DCA.

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