Ce Jour-là

Centre national de la recherche scientifique

Organisme public français de recherche scientifique

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Le Centre national de la recherche scientifique, plus connu sous son sigle CNRS, est le plus grand organisme public français de recherche scientifique. Il exerce son activité dans tous les domaines de la connaissance.

Fondé par le décret-loi du 19 octobre 1939 pour « coordonner l’activité des laboratoires en vue de tirer un rendement plus élevé de la recherche scientifique », il est réorganisé après la Seconde Guerre mondiale et s'oriente alors nettement vers la recherche fondamentale. Il s'agit aujourd'hui d'un établissement public à caractère scientifique et technologique (EPST) placé sous la tutelle administrative du ministère de l'Enseignement supérieur, de la Recherche et de l'Innovation.

Son activité scientifique est répartie entre dix instituts nationaux spécialisés dans un domaine de la connaissance (sciences humaines et sociales, biologie, chimie, écologie et environnement, sciences informatiques, sciences de l'ingénierie et des systèmes, mathématiques, physique, physique nucléaire et des particules, sciences de l'univers). Ils sont à la tête d'environ un millier d'unités ou « laboratoires » et de services labellisés, dont la plupart sont gérés en cotutelle avec d'autres structures (universités, autres EPST, grandes écoles, industries, etc.).

Selon le classement Scimago Institutions Rankings, le CNRS occupe la troisième place au niveau mondial en tant que centre de recherche. Webometrics confirme cette troisième place mondiale en ajoutant qu'il occupe par ailleurs la première place au niveau européen.

Le CNRS est né le 19 octobre 1939 de la fusion entre une agence de moyens, la Caisse nationale de la recherche scientifique, et une grande institution de laboratoires et de chercheurs, le Centre national de la recherche scientifique appliquée.

Cette fusion a été préparée par Jean Zay avec l'aide des sous-secrétaires d'État à la recherche Irène Joliot-Curie puis Jean Perrin. Le décret organisant le CNRS est signé par le président de la République en exercice, à savoir Albert Lebrun, le président du Conseil, Édouard Daladier, le ministre de l’Éducation nationale Yvon Delbos succédant à Jean Zay, et le ministre des Finances Paul Reynaud. La création du CNRS visait à « coordonner l’activité des laboratoires en vue de tirer un rendement plus élevé de la recherche scientifique » et, selon les termes de Jean-François Picard, à la « fondre en un organisme unique, en quelque sorte l’aboutissement logique du jacobinisme scientifique et centralisateur ».

La fusion est favorisée par la Seconde Guerre mondiale : les autorités françaises, ne souhaitant pas reproduire les erreurs commises lors de la Première Guerre mondiale (tous les scientifiques avaient été mobilisés, souvent comme cadres dans l'infanterie ou l'artillerie, ce qui aboutit à la disparition d'une forte proportion de jeunes savants), affectent des chercheurs au CNRS. Cette fusion ne suscita donc aucun écho dans la presse. Au commencement, une partie des recherches étaient menées pour les besoins de l'armée française. Menacé par le régime de Vichy, qui finalement le maintient et confirme à sa tête le géologue Charles Jacob, le CNRS est réorganisé à la Libération. Frédéric Joliot-Curie en est nommé directeur et le dote de nouvelles allocations de recherche.

L'arrivée de De Gaulle au pouvoir en 1958 ouvre une période qualifiée d'« âge d'or de la recherche scientifique » et du CNRS : le budget du CNRS double entre l'exercice de 1959 et 1962.

En 1966 sont créées des unités associées, ancêtres des UMR. Il s'agit de laboratoires universitaires, soutenus par le CNRS, grâce à ses moyens humains et financiers. En 1967 est fondé l'Institut national d'astronomie et de géophysique, qui deviendra en 1985 l'Institut national des sciences de l'univers (INSU). L'Institut national de physique nucléaire et de physique des particules (IN2P3) est créé à son tour en 1971.

Dans les années 1970, s'opère un changement de régime de sciences en société : le CNRS s'interroge sur son ambition, ses modes d'action. Les premiers programmes interdisciplinaires sont lancés et des contrats globaux avec l'industrie signés (le premier avec Rhône-Poulenc en 1975).

En 1982, la loi du 15 juillet, dite loi Chevènement de programmation des moyens de la recherche publique, décrète que les personnels chercheurs, ingénieurs techniciens et administratifs passent sous le régime de la fonction publique : ils deviennent fonctionnaires, avec, pour les chercheurs, un statut semblable à celui des maîtres de conférences et des professeurs des universités.

Selon un sondage réalisé en 2009 par Sofres pour Sciences Po, le CNRS bénéficiait auprès des Français d'un niveau de confiance de 90 %, bien avant la police (71 %), le Gouvernement (31 %), le président de la République (35 %) ou les partis politiques (23 %), et second seulement après la famille (97 %).

Le rapport d'évaluation du CNRS par l'HCERES publié en 2023 conclut qu'il s'agit d'une « institution de recherche majeure et de niveau mondial » mais qui peut « faire mieux ». Le rapport critique le lien entre le CNRS et les universités, peu mentionné dans le rapport d’autoévaluation fourni par le CNRS, et la gestion des ressources humaines, citée dans 3 des 12 recommandations. Le CNRS ne semble pas en mesure de « retenir les personnes les plus talentueuses » en raison de recrutements trop tardifs, et « semble beaucoup plus préoccupé par la production scientifique du CNRS que par le bien-être des chercheurs », sur lesquels pèse un « fardeau bureaucratique » à l'origine d'un « profond niveau de frustration ». L'HCERES fait ainsi écho aux remarques publiées la même année par le conseil scientifique du CNRS dans un Livre blanc sur les entraves administratives. Les évaluateurs notent aussi que le conseil d'administration « ne joue pas vraiment un rôle stratégique », en prenant comme exemple les Programmes et équipements prioritaires de recherche (PEPR), qui ont été lancés et pilotés par le CNRS sans consultation du CA.

Le CNRS est un établissement public à caractère scientifique et technologique (EPST) placé sous la tutelle administrative du ministère de l'Enseignement supérieur, de la Recherche et de l'Innovation ; il est actuellement régi par les articles L. 321-1 à L. 321-6 du code de la recherche et par le décret no 82-993 du 24 novembre 1982, modifié en dernier lieu par le décret no 2007-195 du 2 février 2007.

D'après le décret portant organisation et fonctionnement du Centre national de la recherche scientifique, le CNRS a pour missions :

d'évaluer, d'effectuer ou de faire effectuer toutes recherches présentant un intérêt pour l'avancement de la science ainsi que pour le progrès économique, social et culturel du pays ;

de contribuer à l'application et à la valorisation des résultats de ces recherches ;

de développer l'information scientifique, en favorisant l'usage de la langue française ;

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