Catherine Théot, surnommée la « Mère de Dieu », née le 5 mars 1716 à Barenton et morte le 1er septembre 1794 à la prison de La Force à Paris, est une personnalité religieuse française à tendances mystiques.
Se présentant comme prophétesse, elle est principalement connue en raison de son implication dans une opération politique menée en juin 1794 contre Robespierre, à l'époque de la Terreur, peu après la fête de l'Être suprême (8 juin 1794). Cette opération, lancée le 15 juin par le président du Comité de sûreté générale, le conventionnel Vadier, précède de quelques semaines la chute de Robespierre, qui a lieu le 9 thermidor an II (27 juillet 1794).
Dans les années 1770, sous l'Ancien Régime, Catherine Théot est domestique au couvent des Miramiones à Paris, une institution charitable fondée vers 1675 par Marie de Miramion, qui avait assisté Vincent de Paul dans ses œuvres.
Catherine mène une vie ascétique (messe quotidienne, fréquente communion, mortifications) et finit par sortir de l'orthodoxie catholique : elle déclare être « la Vierge » ou « l'Ève nouvelle ».
En décembre 1779, l'archevêque de Paris, Christophe de Beaumont, intervient : elle est emprisonnée à la Bastille, puis enfermée à l'hôpital de la Salpêtrière. Elle est finalement libérée en 1782, étant considérée comme guérie.
Elle s'installe alors rue de la Contrescarpe où elle se fait « prophétesse » : pour un prix modique, elle émet des prophéties. Parmi ses clients, on trouve notamment la duchesse de Bourbon.[réf. nécessaire]
Catherine Théot est influencée par un phénomène de dynamisme mystique suscité par la Révolution française, qui débute en 1789. Elle conjugue désormais la prophétie chrétienne et l'eschatologie révolutionnaire.
Elle se présente notamment comme la « Mère de Dieu ». En 1794, alors que la France est devenue une république et vit sous le régime de la Terreur sous l'égide du Comité de salut public (Robespierre) et du Comité de sûreté générale (Vadier), elle annonce l'arrivée d'un messie, consolateur des pauvres.
Dans sa chambre se pressent quelques fidèles, ainsi que des curieux.
Deux d'entre eux ont un lien avec Robespierre :
l'ancien député de l'Assemblée nationale constituante Christophe Antoine Gerle (1736-1801), anciennement moine chartreux appelé « Dom Gerle » ; il a sollicité la protection de Robespierre (lui aussi ancien député à la Constituante) qui lui a remis un certificat de civisme (« Il m'a toujours paru, quoique prêtre, bon patriote ») ;
une belle-sœur du menuisier Maurice Duplay (1738-1820), qui héberge Robespierre.
L'affaire Catherine Théot (1794)
Hostilité de Vadier envers Robespierre
C'est alors que Vadier (1736-1828), député de l'Ariège et président du Comité de sûreté générale, décide de se servir de Catherine Théot pour compromettre Robespierre. Une tendance hostile à Robespierre s'est en effet développée au sein du Comité de sûreté générale en raison de la création au Comité de salut public d'un bureau de police générale dirigé par Robespierre, Couthon et Saint-Just. Par ailleurs, Vadier et d'autres sont opposés au culte de l'Être suprême, que Robespierre impose à la Convention (décret du 7 mai 1794, cérémonie du 8 juin 1794).
Rapport de Vadier sur Catherine Théot et décret de la Convention (15 juin 1794)
Le 15 juin 1794, Vadier présente à la Convention nationale, au nom des deux comités, un rapport sur une « nouvelle conspiration » qui vient d'être découverte. Il insinue que Catherine Théot, à travers ses histoires de « messie », pourrait bien être à la solde d'un aspirant dictateur. Il ne donne pas de détails, notamment ceux qui concernent Robespierre, les conservant en vue de l'enquête à venir. À la suite de son intervention, la Convention vote un décret déférant Catherine Théot et dom Gerle au tribunal révolutionnaire et ordonnant l'impression du rapport de Vadier et son envoi aux armées et aux communes.
Intervention de Robespierre (26 juin)