Catherine II (en russe : Екатерина II) ou Catherine la Grande (Екатери́на Вели́кая), née Sophie Frédérique Augusta d'Anhalt-Zerbst le 2 mai 1729 à Stettin en Poméranie (aujourd'hui Szczecin en Pologne) et morte le 17 novembre 1796 à Saint-Pétersbourg, est l'épouse de l'empereur Pierre III. Elle devient impératrice régnante de Russie, du 9 juillet 1762 à sa mort le 17 novembre 1796, à la suite d'un coup d'État contre Pierre III, incarcéré puis exécuté le 17 juillet sur les ordres de Catherine.
Prénommée Catherine lors de son baptême orthodoxe, nécessaire avant son mariage avec le prince Pierre, elle devient impératrice consort après l'avènement de celui-ci (5 janvier 1762). Après son coup d'État, elle se fait proclamer « impératrice et autocrate de toutes les Russies ».
Elle règne personnellement sur l'Empire russe. Sous son règne, la Russie connaît une grande expansion territoriale vers l'ouest et le sud (plus de 500 000 km2), notamment à l'occasion des trois partages de la Pologne (1772, 1793 et 1795) et de guerres victorieuses contre l'Empire ottoman.
Origines familiales et formation
Sophie Frédérique Augusta d'Anhalt-Zerbst est l'aînée des enfants de Christian-Auguste d'Anhalt-Zerbst et de son épouse Jeanne-Élisabeth de Holstein-Gottorp. Lors de sa naissance, ses parents déplorent qu’elle ne soit pas un garçon.
Membre de la maison d'Anhalt-Zerbst, son père est d'abord officier dans l'armée du royaume de Prusse, un des principaux États du Saint-Empire romain germanique. En 1729, il est commandant de la place de Stettin, résidant au château ducal où sa fille naît. En 1741, il devient gouverneur de la province prussienne de Poméranie ultérieure. En 1742, il hérite de la principauté souveraine d'Anhalt-Zerbst.
Sophie reçoit une éducation protestante, austère et rigide ; entourée de peu d’affection, elle est marquée par une Française huguenote, Babette Cardel, qui dirige son éducation, lui enseignant, outre la langue française, les manières et les coutumes de la société aristocratique dont elle doit faire partie. Mais elle lui donne aussi le goût de la littérature française de son époque. Dès ses onze ans, la princesse se tourne vers des activités intellectuelles, telles que la lecture et les études. Introduite par sa mère dans plusieurs cours allemandes, elle se fait remarquer par son charisme[pas clair].
Le mariage avec Pierre de Russie
À partir de 1741, la Russie a, à sa tête, une fille de Pierre le Grand, Élisabeth (1709-1762), dont le prince Pierre est le neveu.
Jeunesse allemande du prince Pierre (1728-1742)
Pierre est en effet le fils d'Anna Petrovna de Russie (1708-1728), autre fille de Pierre le Grand, et d'un prince allemand, Charles-Frédéric de Holstein-Gottorp (1700-1739). Pierre naît à Kiel en février 1728. Sa mère meurt quelques jours après l'accouchement, le 4 mars. Pierre est élevé en Allemagne dans des conditions assez rigoureuses.
Lui et Sophie sont apparentés, tous deux arrière-petits-enfants de Christian-Albert de Holstein-Gottorp (1641-1695). Ils se rencontrent pour la première fois vers 1740 au château d'Eutin, en Holstein.
En 1739 Pierre devient duc de Holstein-Gottorp sous la régence d'un oncle, évêque de Lübeck. En 1742 l'impératrice Élisabeth le fait venir en Russie en vue de faire de lui son successeur.
Dès son enfance Pierre apparaît comme assez instable, état s'aggravant après son arrivée en Russie, un pays qu'il n'aime pas du tout.
Projets matrimoniaux de la mère de Sophie et de l'impératrice
La mère de Sophie, qui suit avec intérêt les affaires de Russie, envisage assez tôt le mariage de sa fille avec Pierre. Ayant envoyé des portraits de sa fille à la cour russe, elle est invitée en janvier 1744 à venir avec elle en Russie.
Le prestige de la maison d'Anhalt-Zerbst est assez faible, elle n'est ni très riche ni très puissante. Mais, en raison des difficultés de succession créées par des revendications du trône de divers partis[pas clair], l'impératrice Élisabeth préfère ne pas avoir de complications diplomatiques ou de revendications extravagantes[pas clair]. De surcroît, Sophie est jeune et dépourvue d'expérience politique : elle ne représente donc aucun danger pour le trône de Russie[pas clair]. De son côté, Sophie, qui a alors 14 ans, comprend ce qui se joue. Loin d’être ignorante du prestige et du pouvoir qui sont liés à son futur statut, elle balaye les hésitations de sa mère[réf. nécessaire].
Arrivée en Russie et fiançailles (juin 1744)