Ce Jour-là

Cathédrale Notre-Dame de Reims

Cathédrale située dans la Marne, en France

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La cathédrale Notre-Dame de Reims est une cathédrale catholique romaine située à Reims, dans le département français de la Marne en région Grand Est. Elle est connue pour avoir été, à partir du XIe siècle, le lieu de la quasi-totalité des sacres des rois de France.

La construction de l'édifice actuel a commencé au début du XIIIe siècle. Elle est postérieure aux cathédrales Notre-Dame de Paris et Notre-Dame de Chartres, mais antérieure aux cathédrales Notre-Dame de Strasbourg, Notre-Dame d'Amiens et Saint-Pierre de Beauvais. Consacrée à la Vierge Marie, la cathédrale de Reims a été achevée au XIVe siècle. Elle a connu une destruction très importante à cause d'un incendie ravageur pendant la Première Guerre mondiale provoqué par un bombardement allemand.

Il s'agit de l'une des réalisations majeures de l'art gothique en France, tant pour son architecture que pour sa statuaire qui compte 2 303 statues. Elle est inscrite, à ce titre, au patrimoine mondial de l'UNESCO depuis 1991. Haut lieu du tourisme champenois, elle a accueilli 1 500 000 visiteurs en 2007.

Elle est le siège de l'archidiocèse de Reims et donc la cathédrale métropolitaine de la province ecclésiastique de Reims.

Premières cathédrales rémoises

C’est dans les écrits de Flodoard, Nicaise, évêque de Reims, que les traces de la fondation de la première cathédrale rémoise au début du Ve siècle, probablement vers 401, sur d'anciens thermes gallo-romains, apparaissent. Elle se situe non loin de la basilique précédente, celle des Saints-Apôtres érigée sous Bétause. C'est devant la porte de sa cathédrale, déjà dédiée à la Vierge Marie, que Nicaise aurait été décapité par les Vandales en 407 ou par les Huns en 451. Le vocable de sainte-Marie laisse à penser que la seconde date est la bonne, puisque Sainte-Marie-Majeure, basilique de Rome, considérée comme la première église consacrée à Marie, date des années 430. Néanmoins, Patrick Demouy voit plutôt en Nicaise « un précurseur du culte marial ». L'édifice mesure alors environ 20 m sur 55 m. C'est là que se déroule le baptême de Clovis, par l'évêque Remi de Reims, un 25 décembre. L'année de cette célébration est sujette à débat et est située entre 496 et 499. Un baptistère est construit au VIe siècle, au nord de l'édifice actuel. Son plan était carré de l'extérieur et circulaire de l'intérieur.

En 816, Louis le Pieux est le premier monarque français couronné à Reims, par le pape Étienne IV. La célébration du sacre met en évidence le mauvais état de l'édifice, qui devient au même moment siège d'un archevêché. Dans les dix années qui suivent, l'archevêque Ebbon fait reconstruire en grande partie la cathédrale, sous la direction de l'architecte impérial Rumaud. Celui-ci poursuit ses travaux jusqu'en 846, sous l'épiscopat d'Hincmar. L'archevêque fait orner l'intérieur du bâtiment de dorures, de mosaïques, de peintures, de sculptures et de tapisseries. Il consacre cette seconde et nouvelle cathédrale le 18 octobre 862 en présence du roi, Charles le Chauve. Le nouveau bâtiment est long de 86 m et possède deux transepts. Sous l'archevêque Hervé, au début du Xe siècle, une ancienne crypte datant de la première cathédrale est redécouverte, désobstruée puis restaurée avant d'être consacrée à saint Remi. Cette crypte constitue le « noyau initial » à partir duquel chacune des cathédrales est bâtie ; ainsi l'autel se situe au même endroit depuis plus de quinze siècles.

À partir de 976, l'archévêque Adalbéron agrandit et illumine la cathédrale carolingienne. L'historien Richer de Reims, élève d'Adalbéron, donne une description très précise des travaux effectués par l'archevêque : « Il abattit entièrement les arcades qui, s'étendant depuis l'entrée jusqu'à près du quart de la basilique, la coupaient jusqu'en haut, en sorte que toute l'église, embellie, acquit plus d'étendue et une forme plus convenable (…). Il décora l'autel principal de croix d'or et l'enveloppa d'un treillis resplendissant (…). Il éclaira cette même église par des fenêtres où étaient représentées diverses histoires et la dota de cloches mugissantes à l'égal du tonnerre ». L'auteur nous rapporte qu'un autel est élevé par Adalbéron pour le corps du pape saint Calixte.

Au milieu du XIIe siècle, l'archevêque Samson fait démolir la façade ainsi que sa tour dans le but d'ériger une nouvelle façade, encadrée de deux tours, probablement sur le modèle de la basilique Saint-Denis. Quelques années plus tôt, Samson avait lui-même assisté à la consécration du chœur de cette église. En plus de ces travaux à l'ouest du bâtiment, un nouveau chœur ainsi que des chapelles commencent à être édifiés à l'est de la cathédrale. L'édifice mesure 110 mètres de long. À la fin du siècle, la nef et le transept sont de style carolingien tandis que le chevet en construction et la façade sont du premier art gothique.

Le futur saint Bruno y fut chanoine puis maître de l'enseignement.

Construction de la cathédrale actuelle

Les Annales de saint Nicaise rapportent qu'en 1210 « l'église de Reims a brûlé en la fête Saint-Jean-devant-la-Porte-latine », le 6 mai, le même jour qu'une éclipse de lune. Cependant, l'unique éclipse visible à Reims en ce début de XIIIe siècle est datée par Anne Prache du 28 février 1207. On sait toutefois que l'archevêque Albéric de Humbert pose la première pierre d'une nouvelle cathédrale le 6 mai 1211, l'incendie ayant détruit l'édifice précédent. Quatre architectes se succèdent sur le chantier d'après les inscriptions du labyrinthe qui a disparu en 1778 et connu par des relevés faits au XVIIe siècle : Jean d'Orbais, Jean-le-Loup, Gaucher de Reims et Bernard de Soissons. L'ordre de succession de ces architectes a été discuté.

D'après R. Branner, le triforium du chœur a été commencé en 1221, il est bâti jusqu'au tas de charge des voûtes en 1233. Des émeutes vont alors provoquer l'arrêt du chantier jusqu'en 1236. Les voûtes et les arcs-boutants sont montés entre 1236 et 1241. Le sanctuaire est livré au chapitre en 1241. L'archevêque Henri de Braine est inhumé le 6 juillet 1640 devant le maître-autel. Le 7 septembre 1241 le chapitre est entré dans son nouveau chœur.

Le transept devait être aussi avancé que le chœur en 1233 sans pouvoir affirmer qu'il était voûté en 1241. Pour Francis Salet, cela doit être le cas pour le bras sud du transept. Pour R. Branner et F. Salet, la nef carolingienne a été réparée après l'incendie et conservée jusqu'en 1230 avec un mur la séparant de la croisée, et continué à servir pour les offices en permettant d'y célébrer les couronnements de Louis VIII, en 1223, et Louis IX, en 1226. Les travées 10 à 5 de la nef ont dû être montées entre 1241 et 1250-1255. Bernard de Soissons a élevé les quatre travées occidentales et la façade.

La date du début de construction de la façade occidentale a été précisée par Jean-Pierre Ravaux à partir de deux chartes. La première, de 1230, concerne des maisons situées près de la façade de la cathédrale romane que l'Hôtel-Dieu donne à bail en précisant que s'il est nécessaire de les détruire pour construire la nouvelle façade, les occupants doivent être dédommagés. Le 8 avril 1252, les maîtres de l'Hôtel-Dieu font vidimer les baux de 1230. Les maisons sont encore debout et on envisage de les démolir. Les fouilles entreprises par Henri Deneux ont trouvé les fondations de la façade romane au milieu de la seconde travée. Les travaux de la façade occidentale ont commencé après la démolition des maisons, c'est-à-dire après le 8 avril 1252.

Pour Jean-Pierre Ravaux, les travaux de gros œuvre ne sont pas terminés en 1274, au moment de la procession des Rameaux. Il propose alors de fixer la fin des travaux de gros œuvre vers 1275. Il fait remarquer que le 25 septembre 1299, le chapitre obtient de l'archevêque le prêt d'un terrain entre le coin du pilier de la façade et le contrefort qui regarde la rouelle de Saint-Nicaise (6e travée de la nef), au sud. La même année, le roi Philippe le Bel a exempté de péage le plomb destiné à la couverture de la cathédrale. C'est donc cette année-là que la couverture définitive de la cathédrale a été posée en remplacement d'une toiture provisoire.

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