Ce Jour-là

Catastrophe de Courrières

Plus importante catastrophe minière d'Europe

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La catastrophe de Courrières est une catastrophe minière qui s'est produite entre Courrières et Lens, le samedi 10 mars 1906, faisant officiellement 1 099 morts.

C'est la plus importante catastrophe minière de tous les temps en Europe et la deuxième au monde (après celle de Benxi en Chine en 1942, qui a fait 1 549 morts).

Elle tire son nom de la Compagnie des mines de Courrières qui exploitait le gisement de charbon du bassin minier du Nord-Pas-de-Calais dans le Pas-de-Calais et fournissait à l'époque 7 % de la production nationale de charbon.

Un coup de poussier a dévasté 110 kilomètres de galeries dans les fosses nos 2 à Billy-Montigny, 3 à Méricourt et 4 - 11 à Sallaumines. Le choc fut tel que les cages ne pouvaient plus circuler dans le puits de la fosse no 3 et que des débris et des chevaux ont été projetés à une hauteur de dix mètres sur le carreau de la fosse.

Trois jours après l'explosion, les recherches pour retrouver les survivants sont abandonnées et une partie de la mine est condamnée, pour étouffer l'incendie et préserver le gisement. Cette gestion de la crise par la compagnie minière a été particulièrement mal vécue par les mineurs et leurs familles. Le 30 mars, soit vingt jours après l'explosion, treize rescapés réussissent à retrouver le puits par leurs propres moyens après avoir erré dans le noir total sur des kilomètres ; un quatorzième est retrouvé quatre jours plus tard.

La catastrophe a provoqué une crise politique et un mouvement social qui a débouché sur l'instauration du repos hebdomadaire.

Les plus anciennes fosses de la Compagnie des mines de Courrières, ouvertes sous le Second Empire, présentent d'importantes veines de charbon gras, et l'essentiel du travail d'abattage s'effectue à un niveau compris entre 326 et 340 mètres.

À 6 h 34, le samedi 10 mars 1906, un « coup de poussier » d'une rare violence ravage en quelques secondes 110 kilomètres de galeries communes aux trois fosses et situées sur les territoires de Billy-Montigny (fosse no 2 dite Auguste Lavaurs), Méricourt (fosse no 3 dite Lavaleresse ou Charles Boca) et Sallaumines (fosse no 4 - 11 dite Sainte-Barbe ou Charles Derome). La fosse no 10 de Billy-Montigny, située moins d'un kilomètre au sud-est de la fosse no 2 ne fut pas affectée par la catastrophe. Tout était en état de marche dans ce puits. Lorsque la catastrophe eut lieu, le puits no 15 était en cours de fonçage à côté du puits no 3 depuis 1905. Il n'était donc pas utilisable. Le puits no 20 ne sera adjoint au puits no 10 que quelques années plus tard.

Avant 1891, les puits fonctionnaient indépendamment, les galeries au fond ne communiquaient pas avec celles des autres sièges dans le bassin minier, à de rares exceptions près. Cela changea lorsque les galeries d'une des fosses de la Compagnie des mines de Bruay furent inondées. Dès lors, l'administration autorisa le creusement de bowettes entre plusieurs sièges d'extraction car en cas d'inondation, les secours sont facilités et les eaux, étalées sur une plus grande surface, sont évacuées plus rapidement et font moins de dégâts.

Au sein de la Compagnie des mines de Courrières, chaque fosse est indépendante, les chantiers du fond sont reliés et les puits fonctionnent en réseau. La première fosse ouverte par la compagnie est la fosse no 1 sur le territoire de Courrières. Elle entre en exploitation en 1851 mais n'étant pas rentable, l'extraction y cesse en 1888. Ce puits sera rebouché après la Première Guerre mondiale. Les puits des fosses no 2 à Billy-Montigny, no 3 de Méricourt et no 4 de Sallaumines commencent à extraire respectivement en 1856, 1860 et 1867. Le fonçage du puits no 10 a débuté en 1896 et l'exploitation commence en 1900. Initialement autonomes, ces fosses étaient reliées par des galeries au moment de la catastrophe. Cinq puits répartis sur quatre fosses (no 2, 3, 4/11 et 10) sont connectés entre eux pour l'aérage. Les puits no 10 et 11 sont des entrées d'air, les puits no 2 et 4 sont des sorties d'air. Quant au puits no 3, il assure les deux fonctions : deux cloisons divisent le puits en trois compartiments. Le compartiment central est le plus grand, il permet la circulation des cages et l'entrée de l'air. Sur les côtés, il existe deux compartiments de plus petite taille. Le premier goyot sert à la sortie de l'air, quant au second, il est équipé d'échelles qui permettent au personnel de pouvoir remonter en cas de panne des cages. Le choc de l'explosion ayant endommagé les cloisons, la circulation de l'air ne fonctionnait plus. Une autre caractéristique de ce système est que l'air entrant dans le puits est envoyé dans trois zones : vers les puits no 2 et 4 et vers un quartier d'extraction au sud du puits no 3. C'est l'air qui est envoyé dans ce quartier qui remonte par le goyot du puits no 3.

L'exploitation étant réputée non grisouteuse, l'emploi de lampes de sécurité n'y était pas obligatoire. Pour certains ingénieurs, le coup de poussier aurait cependant été initié par un coup de grisou dû à l'utilisation de lampes à feu nu. D'autres ingénieurs arrivèrent à la conclusion que l'explosion de poussières se produisit en l'absence totale de grisou. C'est cette dernière hypothèse qui est aujourd'hui la plus communément admise.

Une des causes indirectes serait un feu de mine qui s'était déclenché les jours précédents dans des anciens travaux. En effet, le 7 mars, un feu avait été découvert dans l’une des veines de la fosse de Méricourt. Il s'agit de la veine Cécile, située à la profondeur de 326 mètres, et où l'exploitation est terminée. Il fut découvert à 22 h par un ouvrier qui ramenait son cheval à l'écurie. Le feu était situé dans un vieux tas de bois. Cet incendie pourrait être dû à la lampe d'un mineur qui travaillait dans ce secteur ou à l'échauffement spontané du gisement.

Les ingénieurs et les chefs (les porions) décident d’édifier des barrages pour l’étouffer. Dans la nuit du 7 au 8 mars, un barrage, une estoupée longue de trois mètres, est édifié. Elle est faite de terres et de cailloux. Afin d'étouffer le feu, l'ingénieur de la fosse Barrault fait établir un autre barrage à la bifurcation de la veine Cécile avec la bowette de l'étage 280. D'autres barrages furent encore édifiés afin d'étouffer encore plus vite l'incendie en coupant les arrivées d'air et, donc, d'oxygène. Ces travaux durèrent toutes les journées des 7, 8 et 9. La situation empirant, le 9 mars, la construction de plusieurs autres barrages consécutifs est décidée. Le dernier, réalisé en maçonnerie, fut achevé le soir.

Ces mesures de préventions ont pu favoriser un phénomène de contre-explosion.

Pierre Simon, plus connu sous le nom de Ricq, délégué mineur depuis 1891, demande que personne ne descende tant que le feu ne sera pas éteint. Poursuivre l'exploitation du charbon dans ces conditions est en effet trop dangereux. Mais son avis n'est pas suivi.

L'explosion initiale, dans le chantier Lecœuvre, souleva la poussière de charbon et la flamme parcourut 110 kilomètres de galeries en moins de deux minutes (soit une vitesse de plus de 3 300 km/h). Qu'elle ait été ou non initiée par le grisou, l'explosion fut donc immédiatement suivie par un coup de poussier beaucoup plus dévastateur et meurtrier.

Le 10 mars, à 6h du matin, 1 664 mineurs et galibots (âgés de 14 à 15 ans) étaient déjà descendus dans les fosses 2, 3, 4 et 10 dont les zones de travail étaient situées à une profondeur variant entre 330 et 340 mètres. À 6 h 30, des employés aperçurent une fumée noire sortant de la porte du moulinage de la fosse no 3. Quelques minutes plus tard, une déflagration ébranla le puits no 4. La chaleur causée par l'explosion transforma les galeries en une véritable fournaise, et la déflagration associée balaya tout sur une distance de 110 kilomètres. Ensuite, les gaz méphitiques se répandirent dans les galeries. La déflagration fut si forte que des débris ainsi que des chevaux furent projetés à une hauteur de dix mètres sur le carreau de la fosse no 3.

Une violente secousse est ressentie dans les quartiers avoisinant les trois charbonnages. Elle est immédiatement suivie d'un bruit sourd. Selon d'autres témoignages, il s'agirait d'une violente détonation. Portes et fenêtres commencent à s'ouvrir. Les habitants s'interrogent et commencent à s'inquiéter, ils attendent - fébriles - de savoir quelle fosse est touchée.

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