Casimir-Louis-Victurnien de Rochechouart de Mortemart, prince de Tonnay-Charente, puis baron de Mortemart et de l’Empire, 11e duc de Mortemart et pair de France, né le 20 mars 1787 à Paris et mort le 1er janvier 1875 à Neauphle-le-Vieux, est un militaire, diplomate et homme politique français.
Il a brièvement été président du Conseil des ministres du roi Charles X lors de la révolution de 1830.
Origines familiales et jeunesse
Casimir de Rochechouart est le fils de Victurnien-Jean-Baptiste de Rochechouart de Mortemart (1752-1812), 10e duc de Mortemart, et d'Adélaïde de Cossé-Brissac.
Par sa mère, il est le petit-fils de Louis Hercule Timoléon de Cossé, 8e duc de Brissac, pair de France, grand-panetier de France, gouverneur de Paris, qui fut l'une des victimes des Massacres de Septembre, en 1792..
En 1791, la famille émigre et il est élevé en Angleterre, revenant en France avec sa mère en 1801.
Quoique portant un grand nom de la noblesse d’Ancien Régime, il se rallie au régime dirigé par Napoléon Bonaparte.
Entré au service en septembre 1803, dans les gendarmes d'ordonnance, commandés par M. le comte de Ségur[Lequel ?], il passe sous-lieutenant au 1er régiment de dragons le 10 février 1806, et fait les campagnes en Prusse (1806), en Pologne (1807), en Autriche (1809) et en Russie (1812). Il se trouve aux combats de Golymin et de Pułtusk (1806), à la bataille d'Heilsberg et à celle de Friedland, où il donne des preuves de sang-froid et de fermeté, en repoussant les attaques des Russes.
Il est nommé successivement membre de la Légion d'Honneur le 1er octobre 1807, lieutenant au 25e régiment de dragons et aide de camp du général Nansouty les 2 et 10 mars 1809, enfin capitaine au même corps le 26 juillet suivant. M. de Mortemart combat aux journées de Ratisbonne, d'Essling et de Wagram.
Nommé officier d'ordonnance le 12 février 1811, il est chargé de faire l'inspection des côtes de la Hollande et du Danemark. Après avoir rempli cette mission, il rejoint Napoléon Ier à Posen et fait la campagne de 1812 en Russie, pendant laquelle il reçoit le titre de baron de l'Empire, avec une dotation de 2 000 francs de revenu en Belgique.
À la mort de son père, le 4 juillet 1812, il devient, de droit, le onzième duc de Mortemart.
Le baron de Mortemart, échappé aux désastres de la fatale retraite de Moscou, rentre en France avec une santé tellement délabrée, qu'il ne peut prendre part qu'aux derniers événements de la campagne suivante. Il combat à Leipsick et à Hanau. Sa conduite, dans cette dernière bataille, lui vaut d'être promu officier de la Légion d'honneur le 30 novembre 1813. Il rentre en France avec l'armée.
Dans la campagne de France (1814), il est chargé de présenter à Marie-Louise les drapeaux pris sur les alliés aux affaires de Champ-Aubert, de Mormant et de Montereau.
En avril 1814, il est l'un des premiers à soutenir l'idée de la déchéance de Napoléon Ier.
À la première Restauration, Louis XVIII le nomme pair de France (4 juin 1814) et capitaine-colonel des Cent-Suisses de la Garde, charge que tenait, à l'époque de la Révolution, le duc de Brissac, son grand-père maternel. Il est aussi créé chevalier de l'ordre de Saint-Louis le 25 août 1814.
Au 20 mars 1815 (retour de l'île d'Elbe), le duc de Mortemart escorte les princes jusqu'à Béthune, où la maison militaire du roi est licenciée. Peu de temps après, il rejoint Louis XVIII à Gand, et rentre avec le Roi au mois de juillet.
Il réorganise alors sa compagnie des gardes à pied ordinaires du corps du roi, préside le collège électoral du département de la Haute-Vienne, et est créé major-général de la garde nationale de Paris et maréchal-de-camp les 14 octobre et 22 novembre 1815.
Il est fait successivement commandeur de la Légion d'honneur le 22 janvier 1816, chevalier de la Toison d'or le 8 septembre 1817, grand officier de la Légion d'honneur le 17 août 1822, et chevalier des ordres du Roi le 30 mai 1825.