Caroline Aigle est une pilote de chasse, commandant dans l'Armée de l'air française, née le 12 septembre 1974 à Montauban et morte le 21 août 2007 à Dijon. Elle est, en 1999, la première femme pilote de chasse affectée à un escadron de combat de l'Armée de l'air.
Issue d'une famille lorraine, née à Montauban, Caroline Aigle parcourt très jeune une bonne partie de l'Afrique où son père sert comme médecin militaire, avant de rejoindre à quatorze ans le lycée militaire de Saint-Cyr où elle reste jusqu'en classe de terminale.
Elle effectue ensuite sa préparation aux grandes écoles scientifiques au Prytanée national militaire de La Flèche (mathématiques supérieures et mathématiques spéciales M'). En 1994, elle est admise à la fois à l'École polytechnique et l'École normale supérieure, et choisit Polytechnique. Les élèves de cette école ayant le statut militaire, elle effectue sa période militaire de 1994 à 1995 au 13e bataillon de chasseurs alpins. Durant sa scolarité, elle fait partie de celles qui militent, avec succès, pour que les polytechniciennes puissent porter le bicorne, symbole traditionnel de l'école, qui jusque là était porté seulement par les élèves masculins.
À l'issue de ses études à l'X, elle sert dans l'Armée de l'air. En septembre 1997, elle intègre donc celle-ci et commence sa formation au pilotage en ralliant la « division des vols » qui correspond à la troisième et dernière année de l'École de l'air. Elle reçoit son « poignard » d'officier en même temps qu'une autre femme, Énora Chame, qui écrira plus tard un livre relatant sa participation à la MISNUS.
Le 28 mai 1999, Caroline Aigle est brevetée pilote de chasse en Alpha Jet à la base aérienne 705 de Tours ; elle reçoit son « macaron » des mains du général d'armée aérienne Jean Rannou, chef d'état-major de l'Armée de l'air.
En 2000, elle intègre la base aérienne 115 d'Orange dans l'escadron de chasse 2/5 Île-de-France et effectue sa formation en Mirage 2000. Elle est affectée au Mirage 2000-5 à l'escadron de chasse 2/2 Côte-d'Or à la BA 102 de Dijon, en 2000. Puis elle devient commandant d'escadrille à partir de 2005 (escadrille SPA 57 Mouette).
En septembre 2006, elle est affectée à la « sécurité des vols » du commandement des forces aériennes de la BA 128 de Metz.
Son surnom dans l'Armée de l'air est « Moineau ».
Caroline Aigle avait pour ambition de devenir astronaute. Pour cela elle avait repris des études d'astrophysique et apprenait le russe.
Caroline Aigle est aussi une sportive accomplie, championne de France militaire de triathlon 1997, championne du monde militaire de triathlon par équipe 1997 et vice-championne du monde militaire de triathlon par équipe 1999. Elle pratique également une autre de ses passions, la chute libre et le parachutisme d'une manière générale.
Lors de sa seconde grossesse, elle apprend qu'elle est atteinte d'un grave cancer, un mélanome. Elle fait le choix de poursuivre cette grossesse, avec la conséquence qu'elle ne peut pas se soigner correctement. Gravement malade, sa dernière grande participation à un événement, en mai 2007, est d'être la marraine du meeting aérien Airexpo à Toulouse.
Son second fils naît avant terme et Caroline Aigle meurt quelques jours plus tard, le 21 août 2007, âgée de trente-deux ans.
Ses obsèques sont célébrées le 27 août 2007 en la cathédrale Saint-Bénigne de Dijon. Le général d'armée Abrial, chef d'état-major de l'Armée de l'air, préside les cérémonies en présence du maire de Dijon et de nombreuses personnalités politiques. Caroline Aigle est inhumée au cimetière de Chambolle-Musigny.
Elle totalise alors près de 1 600 heures de vol.
Caroline Aigle s'est mariée le 8 juin 2002 à Christophe Deketelaere (pilote de la patrouille Breitling de Dijon) et est devenue mère de deux enfants.
Médaille de la Défense nationale, échelon bronze en 2005.
Médaille de l'Aéronautique, décorée à titre posthume par le président de la République, Nicolas Sarkozy, le 2 octobre 2007.
Le 8 mars 2008, à l'occasion de la Journée internationale des droits des femmes, le musée de l'Air et de l'Espace, organise une journée d'hommage à Caroline Aigle pendant laquelle, entre autres, une centaine de femmes pilotes se posent à l'aéroport du Bourget aux commandes de différents appareils (Alpha Jet, Falcon 50, Eurocopter AS-350 Écureuil, Gazelle), avec des équipages militaires féminins.