Carlos Saúl Menem Akil, né le 2 juillet 1930 à Anillaco et mort le 14 février 2021 à Buenos Aires, est un homme d'État argentin. Membre du Parti justicialiste, il est président de la Nation argentine du 8 juillet 1989 au 10 décembre 1999.
Surnommé "le Turc" en raison de ses origines syriennes, il est avocat de profession et gouverneur de sa province natale de La Rioja de 1973 à 1976, lorsqu'il est destitué à la suite du coup d'État militaire ; il retrouve cette fonction en 1983.
Candidat à l'élection présidentielle de 1989, il est élu au premier tour avec 47,5 % des voix, après avoir terminé en tête des élections primaires face au gouverneur de Buenos Aires, Antonio Cafiero. Il est également à la tête du Parti justicialiste entre 1990 et 2003.
Arrivé au pouvoir dans un contexte d'hyperinflation, il soutient une politique économique libérale et son approche devient connue sous le nom de « péronisme fédéral ». Il soutient le consensus de Washington et combat l'inflation en instaurant en 1991 un plan de convertibilité, accompagné d'une série de privatisations. Au niveau international, il reprend les relations diplomatiques avec le Royaume-Uni, suspendues depuis la guerre des Malouines, et se rapproche des États-Unis.
En 1994, il fait adopter un amendement constitutionnel après un accord avec l'ancien président et dirigeant de l'opposition Raúl Alfonsín. Cet amendement lui permet de se présenter à l'élection présidentielle de 1995, qu'il remporte de nouveau au premier tour, avec 49,9 % des suffrages. Lors de son second mandat, une nouvelle crise économique éclate. Les partis d'opposition s'unissent et remportent les élections de mi-mandat de 1997 puis l'élection présidentielle de 1999.
De nouveau candidat à la présidence en 2003, il arrive en tête du premier tour mais se retire face à une défaite annoncée contre Néstor Kirchner. De 2005 à sa mort, il est sénateur de La Rioja. Poursuivi en justice, il est notamment condamné pour trafic d'armes (sept ans d'emprisonnement) et détournement de fonds publics (quatre ans et demi de prison) mais son immunité parlementaire lui évite l'incarcération.
Menem est issu d'une famille d'origine syrienne. Ses parents, Saúl Menem, né Saud Menehem et Mohibe Akil, sunnites originaires de Yabroud, ont émigré en Argentine dans la petite ville de Anillaco (province de La Rioja). Ainsi, Saud, a émigré en Argentine en 1912 à l'âge de 14 ans. Après avoir fondé une première famille, il se marie en 1928 avec Mohibe Akile dans le cadre d'un mariage arrangé à la demande de sa mère, et emmène sa nouvelle épouse en Argentine.
Le jeune Carlos Menem grandit dans l'épicerie de sa mère et doit alors faire le plein d'essence. Il est par ailleurs victime de violences de la part de son père, « strict et imprudent », qui lui donne des coups de ceinture et de poing. Il fréquente par ailleurs l'école primaire Pedro Ignacio de Castro Barros et puis collège Joaquín V. González.
Au début de sa vie, il est musulman, lisant le Coran. À partir de l'adolescence, il se met à lire la Bible et devient enfant de chœur à l'insu de son père au couvent San Francisco, déclarant : « Je veux prier Dieu, peu importe lequel ». Il admire par ailleurs Felipe Varela, Juan Facundo Quiroga et Ángel Vicente Peñaloza. Il devient ensuite catholique en 1989.
Étudiant en droit à l'université de Córdoba, il devient un partisan du leader nationaliste-travailliste Juan Perón et rejoint en 1956 le Parti justicialiste. Participant à une révolte visant à ramener Perón au pouvoir, qui avait été chassé par un coup d'État de la "Révolution liberatrice", il est brièvement emprisonné. Il obtient en 1958 son diplôme de droit à Córdoba, puis devient conseiller juridique pour un syndicat de Rioja (nord-ouest).
Il rencontre sa future épouse Zulema Fátima Yoma lors de son voyage en Syrie en 1964.
Élu gouverneur de La Rioja en 1973, il est congédié après le coup d'État de 1976 et assigné à résidence jusqu'en 1981, deux ans avant le retour de la démocratie, puis est réélu à ce poste en 1983. Il octroie alors des avantages fiscaux aux entreprises, et fait partie en 1984 du groupe des « réformateurs » du Parti justicialiste (PJ) aux côtés de Carlos Ruckauf et d'Antonio Cafiero, élu gouverneur de Buenos Aires en 1987 et président du Conseil national du Parti justicialiste.
Président de la Nation argentine
Élection présidentielle de 1989
En 1988, il remporte la primaire présidentielle au sein du Parti justicialiste avec son colistier Eduardo Duhalde, devançant Cafiero et son colistier José Manuel de la Sota.
Après une grave crise économique marquée par l'hyperinflation, il est élu président en 1989, succédant au radical Raúl Alfonsín.
Élection présidentielle de 1995
Il est réélu en 1995 à la suite d'une réforme de la Constitution, qui interdisait deux mandats successifs. La réforme est votée avec l'aide de l'Union civique radicale (UCR), alliance concrétisée dans le pacte de l'Olivo.