Ce Jour-là

Carlo Collodi

Journaliste et écrivain italien (1826-1890)

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Carlo Lorenzini (Florence, 24 novembre 1826 - ibidem, 26 octobre 1890) est un journaliste et écrivain italien. Critique dramatique en complément de son métier de fonctionnaire affecté à la censure, il est l'auteur, sous le pseudonyme de Carlo Collodi, du chef-d'œuvre mondial de la littérature enfantine Les Aventures de Pinocchio.

Fils de domestiques (1826-1841).

Carlo Lorenzini est l'un des dix enfants du cuisinier et d'une femme de chambre du marquis Ginori (it), propriétaire florentin de la célèbre manufacture de porcelaine Ginori de Doccia. Son père, Domenico, est né en 1795 à Cortone, dans le sud-est de la Toscane. Sa mère, née Angiolina Orzali à Veneri, près de Collodi, entre Pistoia et Lucques, est fille de fermier.

Ses parents le font baptiser à la basilique San Lorenzo de Florence et peuvent, dans un premier temps, le garder près d'eux, au palais Ginori (it). À l'âge de trois ans, l'enfant est confié à son oncle maternel Giuseppe et sa tante Teresa, qui habitent Collodi. Le journaliste prendra en 1856 pour pseudonyme le nom de ce souvenir d'enfance, en hommage, dira-t-il, à sa mère, avec laquelle il habitera après le veuvage et jusqu'à la mort de celle-ci, de 1848 à 1862.

Ce séjour champêtre ne dure que deux années. En 1831, l'oncle est embauché comme peintre par le marquis de Ginori (it). Il vient habiter avec sa femme et son neveu dans un hôtel particulier que le marquis possède à Florence rue des Rondinelli (it), mais le jeune Lorenzini continue d'être élevé par sa tante. Promis, en raison de ses dispositions intellectuelles, à la prêtrise, il est inscrit à onze ans, par le marquis, au petit séminaire de Colle di Val d'Elsa.

S'extraire de sa condition (1842-1848).

Renonçant à l'aube dès l'été 1842, il fait sa rhétorique et sa philosophie à Florence dans un établissement piariste, le séminaire Saint Jean (it). Libre, il habite, non loin du domicile d'alors de sa tante, un petit appartement du quartier du monastère Sainte-Apollonie. Tout en suivant les cours, il rembourse son inscription et paie son loyer grâce à quelques menus emplois à la principale librairie de la ville, la maison Piatti, via Vacchereccia, mais interrompt son cursus en 1844 quand il est embauché pour travailler au catalogue de son employeur, dans l'imprimerie que celui possède via Calimala.

La maison Piatti est aussi l'éditeur de Jean-Baptiste Niccolini, écrivain patriote et libéral, c'est-à-dire favorable à l'indépendance italienne et à un régime laïc, que le jeune homme admire. Sa tâche amène Carlo Lorenzini à la bibliothèque Rinuccini (it), où il lie une amitié indéfectible avec l'archiviste Giuseppe Aiazzi, qui est aussi administrateur de la librairie. Celui-ci lui obtient dès 1845 l'autorisation d'accès à l'Index et l'introduit à l'écriture journalistique.

L'aspirant journaliste publie une première critique musicale, intitulée La Harpe, le 29 décembre 1847 dans l'Italie musicale, revue milanaise que dirige, en marge de la Rivista Europea, le révolutionnaire mazzinien Carlo Tenca. Il commence sa carrière en animant la rubrique Théâtre de La Revue de Florence (it), laquelle soutiendra au début d'avril 1849 le coup d'état avorté de Francesco Domenico Guerrazzi. Il accompagne ainsi la faveur du public pour le théâtre, que Jérôme Pagliano (it), un pharmacien enrichi par son sirop de « longue vie » Centherbes, baryton à ses heures, gratifie de ce qui deviendra en quelques années le théâtre Pagliano.

Avoir vingt et un ans pendant la révolution (mars-août 1848).

En mars 1848, l'Europe se soulève contre l'absolutisme. À Paris, Louis Philippe renversé par la révolution du 24 février, un Gouvernement provisoire met en place la Deuxième République. En Allemagne, la révolution de Mars l'imite par des gouvernements libéraux. À Vienne, les émeutes conduisent le chancelier Clément de Metternich à démissionner le 13 et le 17, Lajos Kossuth obtient la création d'un gouvernement autonome hongrois. Le 18, Milan dresse les barricades. Le 20, les Polonais de Silésie se soulèvent.

À Turin, la première guerre d'indépendance italienne commence le 23. À Florence, Carlo Lorenzini est enrôlé avec son frère aîné, Paolo, par son patron, Giulio Piatti, dans un corps expéditionnaire de quatre-cent-cinquante étudiants toscans. Avec les volontaires napolitains, ils rejoignent à Curtatone, près de Mantoue, les 2e et 10e régiments d'infanterie des Abruzzes de l'armée bourbonnaise (it), face au verrou défensif des troupes autrichiennes, le « quadrilatère des forteresses ».

Le 29 mai à Montanara (it), le général De Laugier donne un coup d'arrêt à l'offensive du maréchal Radetzky, qui dispose de cinq fois plus de canons, quatre fois plus d'hommes, et fait mille-deux-cents prisonniers, dont cinq-cents blessés. Le sacrifice héroïque des étudiants à la défense en rase campagne du pont sur le Mincio permet, le lendemain à Goito, aux bersagliers du général La Marmora de faire reculer les Autrichiens et diffère de douze jours la contre offensive qui conduira à la défaite de Custoza mais Carlo Lorenzini a perdu cent-soixante-huit camarades toscans et cent-quatre-vingt-trois napolitains.

Il Lampione, journal satirique (1848-1849).

Quelques mois après l'armistice signé par Salasco, Giuseppe Aiazzi trouve au soldat Carlo Lorenzini un poste de coursier au Sénat du grand-duché de Toscane. Le père de celui-ci est emporté en septembre par la maladie qui frappe toute sa famille et le laisse, ainsi que son frère ainé Paolo, en position de soutien de famille. Pour faire face, il complète sa très modeste pension de fonctionnaire par des piges.

Les quelques économies réalisées sont complétées par un des deux oncles paternels, Lorenzo Lorenzini, modeste commerçant de Cortone, et utilisées à la fondation d'un journal satirique, Le Lampion (it). Carlo écrit. Paolo gère l'entreprise. Carlo Lorenzini reste très dépendant de sa famille. Hébergé un temps par son aîné, via de' Rondinelli (it), il s'installe à la fin de l'année 1849 chez son autre frère, Ippolito, lequel travaille avec le second mari de leur sœur, un couturier très en vue de la via Martelli.

Outre des articles anonymes, pas toujours exempts d'une certaine misogynie, qui fustigent en particulier, dans la ligne mazzinienne, les communistes, Carlo Lorenzini écrit dans son journal pour la rubrique Physiologie des portraits caricaturaux, ébauche d'une typologie balzacienne de la comédie révolutionnaire. Le journal publie deux cent vingt deux numéros mais doit s'arrêter au bout de neuf mois, quand, le 11 avril 1849, le gouvernement de Francesco Domenico Guerrazzi, dans la confusion qui suit la dafaite de Novare, est renversé.

Correspondant musical itinérant (1850-1852).

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