Ce Jour-là

Carl Andre

Peintre et sculpteur minimaliste américain

Anúncio

Carl Andre, né le 16 septembre 1935 à Quincy (Massachusetts) et mort le 24 janvier 2024 à New York (État de New York), est un peintre et sculpteur considéré au moment de sa mort comme l’une des dernières figures importantes du mouvement artistique du minimalisme.

Carl Andre est un des derniers « grands » du minimalisme, dynamitant les codes de la sculpture contemporaine avec d’autres géants comme Robert Morris (1931-2018) ou Donald Judd (1928-1994).

Origines, jeunesse et influences

Son père est un immigré suédois dessinateur pour les chantiers navals et passionné de menuiserie. Le jeune Carl est formé dans les écoles publiques de sa ville natale de Quincy (Massachusetts) et devient boursier à la Phillips Academy à Andover, près de Boston (1951-1953). C'est dans cette dernière qu'il étudie l'art, sous la direction de Patrick Morgan et devient l'ami du futur cinéaste Hollis Frampton et du photographe Michael Chapman.

Après s'être brièvement inscrit au Kenyon College de Gambier (Ohio), il travaille pour la Boston Gear Works et économise suffisamment d'argent pour effectuer un voyage en Europe (1954), où son oncle anglais, Raymond Baxter (homme de radio), lui fait découvrir les mégalithes de Stonehenge qui exerceront une influence majeure sur son travail, et l'œuvre de Constantin Brancusi qui le marque au point de s'en définir comme son disciple.

Il effectue son service militaire dans les services de renseignement en Caroline du Nord (1955-1956) où il travaille comme cryptographe pour les services secrets, se servant de ses capacités en arithmétique. Puis il s'installe à New York en 1957 où il travaille dans une maison d'édition et fait la connaissance du peintre Frank Stella dont il partage l'atelier pour étudier la peinture.

Il abandonne progressivement la peinture pour s'orienter vers la sculpture, développant des sculptures modulaires sur bois influencées par Brancusi et par les peintures noires de Stella, puis des assemblages de blocs de bois brut. À court d'argent, il travaille parallèlement (1959-1964) comme mécanicien et conducteur pour la Pennsylvania Railroad (Compagnie des chemins de fer de Pennsylvanie) dans le New Jersey. L'horizontalité de l'architecture du réseau ferroviaire semble alors l'inspirer pour l'élaboration de ses futures œuvres. En 1965, il participe avec Robert Morris, Donald Judd et Larry Bell à l'exposition « Shape and Structures » organisée par Henry Geldzahler à la Galerie Tibor de Nagy à New York. Quelques mois plus tard, il réalise sa première exposition personnelle où il expose des assemblages de poutres horizontales en styroforme (matière plastique industrielle).

Dans les années 1970, l'artiste réalise de nombreuses grandes installations comme Blocks and Stones pour le Center for the Visual Arts de Portland (Oregon) (1973). En 1972, La Tate Gallery de Londres fait l'acquisition de son Equivalent VIII (1966), communément appelé The Bricks (Les Briques), qui consistent en cent vingt briques réfractaires arrangées en rectangle, qui eut un succès de scandale international. Il réalise de plus en plus d'œuvres en extérieur, comme Stone Field Sculpture (Hartford, Connecticut, 1977).

En 1970, il bénéficie d'une exposition personnelle au musée Solomon R. Guggenheim (New York) et, depuis lors, il expose régulièrement, soit seul, soit en groupe, dans les principaux musées, galeries et centres d'art en Amérique et en Europe, parmi lesquels on peut citer le Laguna Gloria Art Museum à Austin (Texas) en 1978, le Musée d’Art moderne de la Ville de Paris en 1979, le Stedelijk Van Abbemuseum à Eindhoven (Pays-Bas) en 1987, le Museum of Modern Art d'Oxford (Royaume-Uni) en 1996 et le musée Cantini de Marseille (France) en 1997.

Carl Andre a été poète avant de s'intéresser à la sculpture, il dispose des mots, « particules de langage », sans grammaire ni syntaxe, et comme les matériaux dans ses sculptures, il les utilise pour leur charge affective. Ce travail, comprenant calligrammes, opéras et livres, a été présenté en Amérique et en Europe. Une importante collection a été rassemblée par le Stedelijk Museum d'Amsterdam, cependant sa poésie n'a jamais encore été éditée, d'où la méconnaissance qu'en a le public.

André vit et travaille à New York. Il est représenté par la galerie Paula Cooper (en) à New York.

Ana Mendieta, sa femme (avec qui il est marié depuis huit mois) meurt le 8 septembre 1985 à New York après une chute par la fenêtre de son appartement situé au 34e étage au 300 Mercer Street à Greenwich Village, où ils vivaient ensemble.« Ma femme est une artiste, et je suis un artiste, et nous avons eu une dispute à propos du fait que je sois plus, euh, exposé au public qu'elle. Et elle est allée dans la chambre, et je l'ai suivie et elle est passée par la fenêtre. »En 1988, Andre est accusé de meurtre puis acquitté. Après trois ans de procédures judiciaires, son avocat décrit la mort de Mendieta comme un possible accident ou un suicide. Le juge déclare que « la culpabilité n'a pas été prouvée, au-delà d'un doute raisonnable ».

L'acquittement provoque un tollé parmi les féministes du milieu de l'art et reste toujours controversé. En 2010, un colloque intitulé « Where is Ana Mendieta » se tient à l'université de New York pour commémorer le 25e anniversaire de sa mort. En mai 2014, le groupe de protestation féministe No Wave Performance Task manifeste devant la rétrospective de Carl Andre à la Dia Art Foundation. Il dépose des piles de sang animal et de boyaux devant l’établissement, tout en distribuant des survêtements transparent où il était écrit « J'aimerais qu'Ana Mendieta soit toujours en vie. » En mars 2015, le No Wave Performance Task et un groupe de poètes féministes originaires de New York se rendent à Beacon pour protester contre la rétrospective d'Andre à la DIA:Beacon. Dans la galerie principale, elles hurlent, fabriquent des « siluetas » sur le sol du musée avec de la neige, teintée avec du paprika, des sprinkles[Quoi ?] et du faux sang.

Andre installe quatre concepts majeurs dans l'ensemble de son œuvre :

La caractéristique la plus marquante du travail d'Andre est la mise à bas de la caractéristique fondamentale de la sculpture : la verticalité. La sculpture cesse d'être une forme autonome mais plutôt un ensemble « forme-sculpture-lieu ». Elle concentre et retient l'énergie qui la constitue donc le paysage participe de son intervention in situ et l'espace devient l'élément essentiel — tout l'espace, jusqu'au firmament. La sculpture devient lieu : lieu en soi et dans le lieu qui la contient. Andre interroge le respect classique qu’imposent les œuvres, il nous amène à marcher sur une œuvre qui n’impose aucun point de vue privilégié, aucun axe, aucune hiérarchie.

Il étoffe la signification de la sculpture en lui ajoutant une dimension qu'il appelle « clastique » (par opposition à l'art « plastique »), pour qualifier ce qui peut être « assemblé à partir d'éléments constituants » ou « démonté en ses éléments constituants ». Ce mot explique son attitude artistique, consistant à aligner en série et à même le sol des éléments de fabrication industrielle, favorisant un déploiement horizontal de la sculpture dans lequel toutes les pièces du mécanisme sont modulables.

Andre affirme qu'il crée en fonction des espaces de présentation. Son œuvre minimaliste se manifeste par la grande simplicité dans l'usage qu'il fait des matériaux bruts. Il n'invente pas de technique ni de savoir-faire particulier reléguant le traditionnel à un autrefois de la sculpture. Le gestuel est donc refusé et l'attention du spectateur se fixe sur le matériau lui-même. Ainsi la sculpture se refuse à seulement occuper l'espace : elle s'en saisit.

À la fin de l'année 1959, il construit dans l'atelier de Hollis Frampton sa première série de sculptures Pyramids. Elles sont une étape essentielle à sa démarche : ce sont les premières œuvres construites et non sculptées, composées d'éléments en bois dont la forme finale traduisant une pyramide et influencées par la Colonne sans fin de Brancusi et les Black Paintings de Frank Stella.

Anúncio

Bientôt sur l'application World in Stories

Audio, téléchargement hors ligne, sans publicité et plus.

Découvrir Premium
Carl Andre | World in Stories