Le canton du Jura (JU), Cainton di Jura en franc-comtois, officiellement la République et Canton du Jura, est l'un des vingt-six cantons de la Suisse. Il est composé de quatre districts et son chef-lieu est Delémont. Son drapeau porte une crosse épiscopale rouge sur fond blanc ainsi que sept bandes rouges et blanches représentant les sept districts historiques.
Créé le 24 septembre 1978, le canton du Jura est le plus récent canton de Suisse. Il entre en souveraineté et dans l'alliance fédérale le 1er janvier 1979. Il se situe dans le nord-ouest de la Suisse, dans le massif du Jura, au sein de la grande région suisse dénommée Espace Mittelland.
La population du canton du Jura représente moins d'un pour cent de la population suisse ce qui en faisait, en 2022, le 20e canton pour ce classement avec 74 840 habitants. Le Jura était, en 2020 le 7e canton le moins riche de la Confédération suisse. Ses habitants se nomment les Jurassiens. La majeure partie de la population se situe dans le district de Delémont, avec 39 997 habitants soit 53,2 % de la population totale du canton du Jura. La plus grande commune est Delémont avec 12 813 habitants. La langue officielle est le français et depuis le 7 décembre 2018, le franc-comtois est reconnu officiellement comme langue minoritaire au sein du canton.
Le canton du Jura se situe dans le massif du Jura dans le Nord-Ouest de la Suisse et fait partie de l'espace Mittelland. Au sud-ouest se trouve le canton de Neuchâtel, au sud celui de Berne, à l'est ceux de Soleure et de Bâle-Campagne. À l'ouest et au nord, se trouve la frontière française et les départements français du Doubs, du Territoire de Belfort (région Bourgogne-Franche-Comté) et du Haut-Rhin (région Grand Est).
Le canton du Jura culmine au mont Raimeux, à 1 302 m d'altitude, et son point le plus bas se trouve à Boncourt, au bord de l'Allaine, à 364 m d'altitude. Avec 858,13 km2, le Jura est le treizième plus petit canton suisse.
Le canton fait partie de la région touristique Jura et Trois-Lacs et une partie du parc naturel régional du Doubs se trouve sur son territoire.
Mont Raimeux 1 302 m (1 299 m du côté jurassien)
En 2018 et 2019, la sécheresse et les températures élevées provoquent la mort en masse des hêtres, qui sèchent sur pied. D'après les spécialistes, le phénomène est aussi grave qu’inédit.
La cause en est principalement le réchauffement climatique qui accélère la mort de cette espèce d’arbres. La situation de « catastrophe forestière » est déclarée en juillet 2019. Les études ont en effet confirmé que plus de 100 000 m3 de bois étaient secs ou en passe de dépérir.
En outre, l’extrême rapidité du dépérissement a surpris les spécialistes et dépassé toutes les projections. En cas de répétition d’épisodes de sécheresse, le hêtre pourrait à terme disparaître en plaine.
Le canton du Jura possède une route nationale, l'autoroute A16 surnommée la « Transjurane », qui fait elle-même partie de la route européenne 27 (E27) reliant Belfort (France) à Aoste (Italie), longue de 48 km et entièrement ouverte depuis le 3 avril 2017. Le reste du réseau routier du canton du Jura est composé de 445 km de routes cantonales parmi lesquels on compte la route principale 18 (H 18) reliant La Chaux-de-Fonds à Bâle. Les routes communales, sauf celles bénéficiant d'un entretien cantonal ou bénéficiant de subventions, ne font pas partie du réseau cantonal.
Le col des Rangiers et le col de la Croix sont les deux cols du canton du Jura. Le Col des Rangiers est connu pour sa course de côte internationale Saint-Ursanne - Les Rangiers.
Le canton du Jura dispose de 115 km de réseau ferré distribués sur cinq lignes. Depuis 2025, plusieurs de ces lignes font partie du RER Jura, auquel s'ajoutent deux lignes des Chemins de fer du Jura (CJ) : Glovelier - Le Noirmont - La Chaux-de-Fonds et Le Noirmont - Tramelan - Tavannes.
Il dispose aussi de 343 km de lignes de bus régionales sur 27 lignes desservies par CarPostal et les Chemins de fer du Jura, ainsi qu'une ligne urbaine à Porrentruy et deux lignes urbaines à Delémont, ce dernier réseau comprenant le service de bus sur appel PubliCar. Ce réseau de jour est complété par 13 lignes de bus de nuit Noctambus circulant tous les samedis.
Le canton du Jura possède un système d'abonnements (mensuel et annuel) de transport unique, le « Vagabond », qui permet de circuler librement dans une ou plusieurs des 15 zones géographiques couvrant le canton ; en revanche les autres titres (cartes pour un trajet ou à la journée par exemple) restent spécifiques à chaque réseau. En 2015, 5 529 personnes possédaient un abonnement « vagabond ».
Le canton du Jura trouve ses racines en 999, lorsque Rodolphe III de Bourgogne, roi de Bourgogne donne à l'évêque de Bâle l'abbaye de Moutier-Grandval et ses dépendances. À partir de 1032, l'évêché de Bâle est rattaché au Saint-Empire romain germanique. Au début du XVIe siècle, l'évêque est progressivement écarté du pouvoir et doit quitter la ville de Bâle lorsque la Réforme y est adoptée. Il s'installera alors à Porrentruy, ville située en Ajoie et dépendant à cette époque du diocèse de Besançon. Le territoire restant, sur lequel il régnera jusqu'à l'éclatement de la Révolution française, correspond plus ou moins à ce qui est appelé aujourd'hui le « Jura historique » (composé du canton du Jura, du Jura bernois et de Laufon). Après 1648 et les traités de Westphalie, le Jura, séparé du reste du Saint-Empire, accroît ses liens avec la Confédération des XIII cantons.
La situation perdure jusqu'en 1792, quand le dernier prince-évêque de Bâle est chassé de sa résidence de Porrentruy par le vent de la Révolution française. Le 19 décembre est proclamée la République rauracienne, première république « sœur » de la République française. En mars 1793, elle est annexée de fait par la France et devient un département sous le nom de Mont-Terrible avec pour chef-lieu Porrentruy. La région de Montbéliard y est rattachée le 1er mars 1797 (11 ventôse an V). Par la volonté du Consulat, le département du Mont-Terrible est supprimé le 17 février 1800 par la loi du 28 pluviôse an VIII et est rattaché au Haut-Rhin, formant deux nouveaux arrondissements.
En 1815, par décision du congrès de Vienne, le territoire du ci-devant Évêché de Bâle est attribué à la Suisse par rattachement au canton de Berne, et ce pour compenser la perte par ce dernier du Pays de Vaud et de l'Argovie bernoise (Basse-Argovie), deux anciens ensembles de bailliages érigés en cantons à part entière de la Confédération à la suite de l'Acte de médiation de 1803.