Ce Jour-là

Canton (Chine)

Chef-lieu de la province du Guangdong, en Chine

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Canton ou Guangzhou (chinois simplifié : 广州 ; chinois traditionnel : 廣州 ; pinyin : guǎngzhōu ; cantonais Jyutping : gwong²zau¹ , ) est la capitale de la province du Guangdong dans le sud de la Chine. Elle a le statut administratif de ville sous-provinciale de la république populaire de Chine.

Canton est depuis l'Antiquité la plus grande ville du Sud de la Chine. Elle compte aujourd'hui 14,9 millions d'habitants suivant le découpage administratif, ce qui en fait la troisième ville du pays derrière Shanghai et Pékin, et la première du Sud de la Chine. Elle forme avec les villes voisines de Shenzhen, Foshan, Dongguan, Zhongshan et Jiangmen, Hong Kong et Macao, la mégalopole chinoise du delta de la Rivière des Perles, grande agglomération s'étirant sur près de 20 000 km2 et rassemblant plus de 65 millions d'habitants (soit l'équivalent de la population française).

La francisation « Canton », du portugais Cantão, est liée à une confusion entre le nom de la ville « Guangzhou » et le nom de la province dont elle est la capitale, « Guangdong ». Ainsi, le nom actuel de la ville est en réalité une déformation du nom de sa province[réf. souhaitée].

Située dans la partie centre-sud du Guangdong, Canton s'étend de 112° 57' à 114° 03' de longitude E et 22° 26' à 23° 56' de latitude. Elle se trouve à 105 km au nord-ouest de Shenzhen, à 566 km au sud de Changsha et à 1 213 km au sud-ouest de Shanghai. La ville fait partie de la mégalopole du Delta de la rivière des Perles et le centre de la cité est situé à côté de la montagne Baiyun, qui est localement dénommé « le poumon de la ville (市肺) ». La superficie totale de l'entité administrative de la ville est de 7 434,4 km², dont 10 districts qui occupent 3 843,43 km2, soit 51,7 % du total, tandis que deux districts-villes occupent le reste. L'élévation de la préfecture augmente généralement du sud-ouest au nord-est, avec des montagnes formant l'épine dorsale de la ville, et l'océan comprenant l'avant.

La ville est située en bordure de la Rivière des Perles, à une centaine de kilomètres de l'embouchure de son delta.

Le climat cantonais est à l'origine de l'appellation climat subtropical humide (dit aussi « climat chinois »), un type de climat localisé dans une partie de la Chine, du Japon, dans le sud des États-Unis, le nord de l'Argentine, l'est de l'Afrique du Sud et le sud-est de l'Australie. Il est marqué par une forte humidité avec une pluviométrie annuelle de 1 682 mm, des hivers doux avec une température mensuelle de 13,3 °C en janvier et des étés chauds et moites avec une température mensuelle de 28,5 °C en juillet. Les précipitations sont abondantes toute l'année. Canton est sous l'influence de la mousson et la saison des typhons s'étend de juin à septembre. Seul l'automne, d'octobre à décembre, est lumineux.

Une très ancienne ville chinoise

Selon la légende, Canton est la ville des chèvres descendues du ciel avec des Immortels, d'où la périphrase chinoise de « cité des Cinq Béliers » pour la désigner, béliers qui sont en fait des chèvres.

Canton, ou Guangzhou, fut à ses débuts dénommée Panyu (Chinois: 番禺; Jyutping: Pun1 Jyu4), un nom emprunté à la dénomination de deux montagnes entourant la ville actuelle, Pan et Yu. Son histoire commence lors de la conquête de la région durant la dynastie des Qin. Panyu commença son expansion lorsque la ville devint la capitale du Royaume Nanyue (南越) en 206 av. J.-C., ce dernier incluant à l'époque une partie de ce qui constitue aujourd'hui le Vietnam. La dynastie des Han annexa le Royaume Nanyue en -111 et Panyu devint une capitale de la province du Guangdong. En 226 apr. J.-C., Panyu devint le siège de la préfecture de Guang (广州 ; Guangzhou). À cette occasion, son nom fut donc changé en Guangzhou (廣州).

Sous la dynastie Tang (618-907), la société chinoise s'internationalisa avec l'afflux de marchands étrangers qui fit suite au rétablissement du contrôle chinois sur les routes de la soie, après les conquêtes militaires de l'empereur Taizong (626-649). Canton, comme d'autres grandes villes telles que Chang'an ou Luoyang, ainsi que bien d'autres cités marchandes, accueillit des communautés étrangères. Originaires pour la plupart d'Asie centrale, ces dernières introduisirent de nouvelles religions ainsi que d'autres traditions culinaires, musicales et artistiques. Au IXe siècle, la population étrangère de la ville de Canton était estimée à 100 000 personnes.

Des pirates arabes et perses mirent à sac Canton (connue d'eux sous le nom de Sin-Kalan) en 758, selon un rapport du gouvernement local du 30 octobre 758, ce qui correspondait à la journée Guisi (癸巳) du neuvième mois lunaire dans la première année de l'ère de l'empereur Suzong Qianyuan de la dynastie Tang. Du Xe siècle au XIIe siècle, il a existé à Guangzhou un quartier des étrangers, abritant notamment des habitants venus du golfe Persique issus de la mise à sac de la ville de 758.

En 1514, Canton vit arriver par la mer les Portugais. Ils furent les premiers Européens à arriver dans cette région et s'installèrent dans le delta de la rivière des Perles. Ils furent expulsés de Canton en 1522 et ne retournèrent qu'au début des années 1550. Ils établirent Macao comme base commerciale en 1557 et durant un siècle, ils gardèrent un quasi-monopole sur le commerce extérieur de la région, jusqu'à l'arrivée des Hollandais au début du XVIIe siècle, puis des Anglais à Canton (ce port fut le principal point d'entrée du trafic de l'opium britannique), et des Français à partir de 1685, avec la Compagnie française des Indes orientales.

À partir de 1715 et pendant 160 ans, Canton est le seul port chinois ouvert au commerce avec l'extérieur, facilitant ainsi le contrôle du commerce avec les autorités étrangères. La Chine fixe par ailleurs des conditions strictes pour le commerce à Canton: les navires de guerre y sont interdits; les comptoirs ne peuvent pas être établis dans la ville de Canton elle-même, mais à treize kilomètres au sud, près de Whampoa; les femmes et les armes sont interdites dans les comptoirs; les marchands étrangers n'ont pas le droit d'entrer dans Canton; ils ne peuvent être présents dans les comptoirs que pendant la saison commerciale qui s'étend de juin à décembre. L'ensemble des commandes doit être passées auprès de la guilde de marchands des Hongs. Si les Britanniques sont les principaux marchands actifs pendant cette période, les Français, les Néerlandais, les Danois, les Suédois, les Indiens et, après 1784, les Américains sont également présents. Les Chinois n'étant pas intéressés par les produits d'exportation européens, d'énormes quantités d'argent sont acheminées du Mexique et d'Amérique du Sud afin d'acheter le thé, les épices, la soie et la porcelaine intéressant les Européens.

Canton fut l'un des cinq ports ouverts par le traité de Nankin, signé en 1842, qui marquait la fin de la première guerre de l'opium ; les autres ports furent Fuzhou, Xiamen (Amoy), Ningbo et Shanghai.

La ville fut soumise par les troupes britanniques et françaises à d'intenses bombardements pendant trois semaines en 1858, au cours de la seconde guerre de l'opium. Des soldats furent ensuite déployés et occupèrent la ville. La résidence du vice-roi Ye Mingchen fut détruite à cette occasion et son propriétaire capturé par les britanniques. Le site fut déblayé puis utilisé par les Missions Étrangères de Paris pour y établir un vicariat apostolique ; Monseigneur Guillemin y fit construire la Cathédrale du Sacré-Cœur.

L'île de Shamian fut le siège de la concession franco-britannique de Canton du XIXe au XXe siècle.

Le gouvernement français commanda en 1874 au sculpteur Vital-Dubray une statue en bronze, L'Ange funèbre, pour la décoration d'une chapelle élevée dans le cimetière chrétien de la ville, à la mémoire des soldats morts pendant l'expédition de Chine. Cette statue a figuré au Salon de 1876 (no 3241).

À partir de 1925 se déclencha le mouvement du 30 Mai, série de grèves générales et de manifestations contre l'impérialisme occidental et les seigneurs de la guerre chinois (dénoncés comme des agents de l'Occident). À Canton, « l'étendue des responsabilités du Comité de grève débordait très largement sur le champ normal d'activités d'un organisme syndical […] c'est un véritable pouvoir ouvrier qui s'esquissa pendant l'été 1925 et le terme de gouvernement était couramment employé à cette époque pour le désigner […]. Le Comité disposait de plusieurs milliers d'hommes armés répartis en une hiérarchie militaire ».

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