Le Canada (prononcé en français standard /kanada/ ; en anglais /ˈkænədə/ ) est un pays d'Amérique septentrionale constitué de dix provinces et de trois territoires.
Il est une monarchie constitutionnelle et une démocratie parlementaire à structure fédérale. En tant que royaume du Commonwealth, il est en union personnelle avec le Royaume-Uni, son ancienne métropole, avec lequel il partage le même monarque. Le roi du Canada est le chef de l'État et est représenté par un gouverneur général, qui nomme le premier ministre, chef du gouvernement. Ce dernier est traditionnellement le chef de la majorité élue à la Chambre des communes.
Le Canada s'étend dans les océans Atlantique à l'est, Arctique au nord et Pacifique à l'ouest. Cette façade maritime lui offre la huitième plus vaste zone maritime économique exclusive du monde. Le pays a des frontières terrestres avec les États-Unis d'Amérique et le Danemark (Groenland). Sa frontière sud et ouest avec les États-Unis, qui s'étend sur 8 891 km, est la plus longue frontière terrestre binationale du monde tandis que sa frontière avec le Danemark, qui s'étend sur environ un kilomètre, est la deuxième plus petite au monde après celle entre le Botswana et la Zambie. Le Canada partage également une frontière maritime avec la France, en Atlantique Nord, et une autre dans l'Arctique avec la Russie, laquelle est cependant contestée. Couvrant une superficie de 9,98 millions de kilomètres carrés, il est le deuxième plus grand pays du monde en superficie, derrière la Russie.
La capitale du Canada est Ottawa, et ses trois plus grandes régions métropolitaines sont Toronto, Montréal et Vancouver. Les langues officielles du pays sont l'anglais et le français. En 2023, la population canadienne est de 40 millions d'habitants. La majorité de la population est blanche, mais elle comporte également plusieurs minorités, en raison d'une diversification de l'immigration depuis l'introduction du multiculturalisme en 1971.
Ce qui constitue aujourd'hui le territoire canadien est habité par les Autochtones du Canada depuis plusieurs milliers d'années. À partir de la fin du XVe siècle, des expéditions britanniques et françaises explorent puis colonisent la côte atlantique. Après plusieurs guerres intercoloniales, la France cède à la Grande-Bretagne la quasi-totalité de ses colonies d'Amérique septentrionale en 1763. À la suite de la guerre d'indépendance des États-Unis, en 1783, de nombreux loyalistes américains sont expulsés et migrent vers l'Amérique du Nord britannique, correspondant à l'actuel Canada. Les colonies parviennent à repousser une tentative d'invasion américaine en 1812. Au cours du XIXe siècle, les Britanniques élargissent l'espace colonial en explorant puis en établissant des colonies sur la côte pacifique. L'Amérique du Nord britannique commence à s'unifier le 1er juillet 1867 par le biais de la Confédération, avec l'union de trois colonies donnant naissance au Dominion du Canada. Au fil du temps, le dominion s'étend et obtient de plus en plus de souveraineté vis-à-vis du Royaume-Uni, grâce notamment au Statut de Westminster de 1931, puis à la Loi de 1982 sur le Canada, qui rompt les derniers liens de dépendance juridique du pays vis-à-vis du Parlement du Royaume-Uni. Contrairement aux autres provinces, le Québec n'a pas signé la Loi de 1982. La relation du Canada avec les États-Unis comme voisin a eu des conséquences significatives sur son histoire, son économie et sa culture.
Le Canada figure en haut des classements internationaux en termes de transparence gouvernementale, de libertés civiles, de qualité de vie, de liberté économique, d'égalité des sexes et d'éducation. En tant que pays développé, il possède le 24e PIB nominal par habitant le plus élevé au monde et occupe le quinzième rang en termes d'indice de développement humain. Son économie est dixième au niveau mondial et est principalement basée sur d'abondantes ressources naturelles, ainsi que sur des réseaux commerciaux internationaux développés.
Le Canada est membre de plusieurs grandes organisations internationales, dont le Commonwealth, le Conseil de l'Arctique, le Conseil mondial de la paix (CMP), la Coopération économique pour l'Asie-Pacifique (APEC), le groupe des sept (G7), des dix (G10) et des vingt (G20), l'Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE), l'Organisation des États américains (OEA), l'Organisation internationale de la francophonie (OIF), l'Organisation mondiale du commerce (OMC), l'Organisation des Nations unies (ONU), l'Organisation du traité de l'Atlantique Nord (OTAN), l'Union internationale pour la conservation de la nature (UICN), etc.
Le nom du Canada provient du mot iroquois « kanata », le « k » se prononçant comme un « g » et le « t » comme un « d » (soit « ganada », ce qui signifie « village », « établissement » ou « terre »). En 1534, les habitants indigènes de l'actuelle ville et région de Québec utilisèrent ce mot pour guider le navigateur breton Jacques Cartier jusqu'au village de Stadaconé. Cartier utilisa par la suite le mot « Canada » non seulement pour désigner ce village, mais également pour l'ensemble des terres de Donnacona, chef de Stadaconé.
Le comte de Castelnau donne une autre étymologie du nom Canada dans le récit de son voyage dans l'Amérique septentrionale, en reprenant une théorie énoncée par Louis Hennepin en 1704 : « les Espagnols ont fait la première découverte du Canada : ayant mis pied à terre, ils n'y trouvèrent rien de considérable ; cette raison les obligea d'abandonner ce pays, qu'ils appelèrent il capo di nada[réf. nécessaire], c'est-à-dire cap de rien ; d'où est venu par corruption ce nom de Canada. »
La France du XVIe siècle adopta donc le mot « Canada » pour désigner ce qui correspondait alors à la vallée du fleuve Saint-Laurent, ceci se reflétant dans les écrits et sur les cartes produites. Certaines références permettent de décrire davantage le contexte dans lequel ceci se matérialisa.
En juillet 1534, au terme de son premier voyage, Jacques Cartier convainquit deux jeunes Amérindiens dans la vingtaine, Domagaya et Taignoagny, fils du chef Donnacona, de l'accompagner en France. Il s'agissait d'une décision stratégique, Cartier savait que ceux-ci apprendraient le français et deviendraient des guides très utiles lors du prochain voyage qu'il planifiait déjà. Les deux frères furent ainsi en contact avec des Français pendant un an et acquirent une certaine connaissance de la langue.
Mai 1535, deuxième départ de Cartier, accompagné de ses deux guides iroquoiens. En arrivant sur la côte nord-américaine, Cartier navigua les premiers jours dans des secteurs qu'il avait déjà vus l'année précédente. Puis arrive l'étape capitale de ce deuxième voyage et même un jalon important de l'exploration de l'Amérique du Nord. La flottille atteint la pointe ouest de l'île d'Anticosti que Cartier prend, comme tous les autres explorateurs européens avant lui, pour une péninsule.
Domagaya et Taignoagny, qui avaient l'expérience de faire de la pêche dans ce secteur, reconnaissent des lieux qui leur sont familiers et ne veulent pas que Cartier fasse demi-tour pour continuer vers le nord. Le 13 août 1535, Cartier apprend de la bouche de ses guides que cette terre est en fait une île et que, s'il continue de naviguer au sud-ouest de celle-ci, il fera alors face au chemyn de Canada, expression qu'ils ont utilisée et qui signifiait le fleuve qui mène au « lieu » appelé Canada. Donc, en cette journée, deux faits majeurs, le mot Canada était entendu pour la toute première fois par un Européen et Cartier venait d'être mis au courant de l'existence de cette immense voie d'entrée dans l'Amérique du Nord.
Les deux images affichent l'écriture de Cartier du mot Canada. Première image : Chemyn de Canada ; deuxième image : extrait de la page 13 du journal de Cartier, le mot Canada apparaît sur les 2e et 3e lignes, il a exactement la même épellation qu'aujourd'hui.
La flottille commence à s'exécuter, elle va en zigzaguant, Cartier semble hésiter, mais ses deux guides insistent : selon eux, il s'agit bien du « chemyn » qui mène vers « Canada » et « Hochelaga », le cours d'eau ira en se rétrécissant et personne n'en n'aurait encore vu l'extrémité. Ces paroles font grandir l'intérêt du navigateur breton.