Ce Jour-là

Campagne d'Égypte

Expédition napoléonienne en Égypte

Anúncio

La campagne d'Égypte est une expédition militaire française, menée en Égypte par le général Bonaparte et ses successeurs de 1798 à 1801. Son but est de s'emparer de l'Égypte et d'une partie de l'Orient, afin de barrer la route des Indes à la Grande-Bretagne dans le contexte de la lutte entre cette dernière et la France révolutionnaire.

Elle se double d'une expédition scientifique, puisque de nombreux historiens, botanistes, dessinateurs et scientifiques accompagnent l'armée afin de découvrir les richesses de l'Égypte. Elle est donc parfois aussi appelée « l'expédition d'Égypte » lorsqu'il est question de son apport scientifique.

Le 19 mai 1798 (30 floréal an VI), après l'arrivée du trésor monétaire pillé à Berne, le corps expéditionnaire français quitte Toulon, rejoint par des navires venus de Marseille, Gênes, Ajaccio et Civitavecchia. Au total, plus de 400 navires composent cette flotte, ainsi que 50 000 hommes et 10 000 marins.

Elle s'empare d'abord de Malte le 11 juin, puis débarque à Alexandrie le 1er juillet. L'une des plus célèbres batailles de cette campagne, la bataille des Pyramides, se déroule le 21 juillet 1798.

Ayant d'abord déjoué la vigilance de la marine britannique, la flotte française est anéantie à Aboukir peu de temps après le débarquement de l'armée. Sur terre, Bonaparte connaît quelques succès militaires en Égypte et en Syrie, mais il échoue devant Saint-Jean d'Acre. Puis, sentant venir un complot politique en France, il échappe au blocus anglais et regagne Paris. Il laisse le commandement au général Kléber, qui après son assassinat est remplacé par le général Menou. Les troupes françaises sont finalement vaincues et quittent l'Égypte en 1801.

C'est le gouvernement du Directoire qui décide de l’expédition d’Égypte. Les cinq Directeurs qui occupent le pouvoir exécutif en France ont besoin de l'armée pour maintenir l’ordre, face aux menaces jacobines et royalistes. Ils font appel au général Bonaparte, auréolé de succès depuis sa brillante campagne d'Italie.

Le but de l'expédition d'Égypte est longtemps tenu secret. Certains pensent qu’il faut éloigner un Bonaparte trop ambitieux. Mais il faut surtout gêner la puissance commerciale britannique, dont l’Égypte est une pièce importante sur la route des Indes orientales. La France n’étant pas prête à attaquer la Grande-Bretagne de front, le Directoire décide d’intervenir indirectement par la création d'un « double port », préfigurant le canal de Suez.

L'historien Emmanuel de Waresquiel avance que l'une des raisons de la campagne d'Égypte se trouve dans des tractations secrètes entre Talleyrand et l'Angleterre. Il s’agirait d'opérer une manœuvre de diversion, ce qui expliquerait que la flotte française soit arrivée sans encombre à Alexandrie.

L’Égypte est alors une province de l’Empire ottoman. Mais repliée sur elle-même et soumise aux dissensions des mamelouks, elle échappe au contrôle du sultan. En France, l'Égypte est à la mode : les intellectuels pensent qu'elle est le berceau de la civilisation occidentale, et que la France doit lui apporter les idées des Lumières[réf. souhaitée]. Enfin, les négociants français installés sur le Nil se plaignent des difficultés que leurs causent les mamelouks.

L'expédition d'Égypte a également une portée intérieure en France. La République française, bien que victorieuse de la Première Coalition en 1797, se trouve dans une situation économique et sociale très difficile que le Directoire ne parvient pas à inverser. L'idée est alors de relancer les hostilités contre le Royaume Uni, seule nation encore en guerre contre la France, mais inatteignable car protégée derrière la Manche par sa marine militaire, en portant le combat dans sa sphère d'influence, loin du territoire français, de sorte à continuer à mobiliser l'économie nationale dans un conflit et justifier les difficultés économiques par l'état de guerre prolongé.

Enfin, Bonaparte, qui a acquis de l'expérience gouvernementale en réorganisant en véritable chef d'État le nord de l'Italie au printemps 1797, cherche lui-même à s'éloigner temporairement de Paris et du jeu politique afin de mieux revenir quelque temps plus tard, une fois que le Directoire, déjà impopulaire en 1797, se sera discrédité auprès de la bourgeoisie d'affaires sur laquelle il compte pour s'emparer du pouvoir. Réaliste, il ne croit pas en la faisabilité de transformer durablement l'Égypte en une colonie française. Il semble qu'il ait tout au plus espéré détacher la province de l'Empire ottoman pour la placer sous influence française.

Le bruit court alors que 40 000 hommes de troupes terrestres et 10 000 marins sont réunis dans les ports français de la Méditerranée, et qu’un armement considérable est rassemblé à Toulon, organisé par le commandant des armes Vence et l'ordonnateur Najac. Treize vaisseaux de ligne, quatorze frégates et quatre cents bâtiments se sont en effet équipés pour le transport de cette nombreuse armée. Sa destination est un mystère, par crainte de croiser la flotte anglaise de l'amiral Nelson. Seuls Bonaparte, ses généraux Berthier et Caffarelli ainsi que le mathématicien Gaspard Monge en sont informés.

Bonaparte organise son État-Major et choisit ses aides de camp. Comme en Italie, il désigne huit officiers pour remplir cette fonction. Ce sont Duroc, Beauharnais, Jullien, le noble polonais Sulkowski (seul à avouer son inquiétude quant à cette aventure), Croizier, Lavalette, Guibert et Merlin. Il a également sous ses ordres Thomas Alexandre Dumas, Kléber, Desaix, Berthier, Caffarelli, Lannes, Damas, Murat, Andréossy, Belliard, Menou, Joseph-Louis-Victor Jullien, Reynier et Zajączek…

La grande flotte reçoit des escadres venues de Gênes, de Civitavecchia et de Bastia. Elle est commandée par l’amiral Brueys et les contre-amiraux Villeneuve, Duchayla, Decrès et Ganteaume.

Elle est sur le point d’appareiller lorsqu’un incident mineur menace de tout compromettre. À Vienne, en arborant le nouveau drapeau tricolore sur l'ambassade de France, Bernadotte, ambassadeur de la République française, provoque une émeute et est contraint de quitter la capitale autrichienne. Les avantages reconnus par le traité de Campo-Formio, notamment la paix avec l'Autriche, risquent donc d'être remis en question.

Le Directoire envisage alors d'annuler l'expédition afin que Bonaparte puisse faire face à l'Autriche. Cependant, après quelques discussions, les affaires s’arrangent et la paix est maintenue. Bonaparte reçoit donc l'ordre de se rendre à Toulon.

Il y parvient le 9 mai 1798 et loge à l'hôtel de la Marine. Le jour de son arrivée, il déclare à ses soldats : « Je promets à chaque soldat qu’au retour de cette expédition, il aura à sa disposition de quoi acheter six arpents de terre ». Dix jours plus tard, au moment de s’embarquer, il s’adresse en particulier à ses soldats de l’armée d’Italie et leur dit :

« Soldats ! vous êtes une des ailes de l’armée d'Angleterre. Vous avez fait la guerre des montagnes, des plaines et des sièges ; il vous reste à faire la guerre maritime. Les légions romaines, que vous avez quelquefois imitées, mais pas encore égalées, combattaient Carthage tour à tour sur cette même mer et aux plaines de Zama. La victoire ne les abandonna jamais, parce que constamment elles furent braves, patientes à supporter les fatigues, disciplinées et unies entre elles… Soldats, matelots, vous avez été jusqu’à ce jour négligés ; aujourd’hui, la plus grande sollicitude de la République est pour vous… Le génie de la liberté, qui a rendu, dès sa naissance, la République arbitre de l’Europe, veut qu’elle le soit des mers et des nations les plus lointaines. »

Anúncio

Bientôt sur l'application World in Stories

Audio, téléchargement hors ligne, sans publicité et plus.

Découvrir Premium
Campagne d'Égypte | World in Stories