Ce Jour-là

Camp de concentration de Neuengamme

Camp de concentration nazi à Hambourg

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Neuengamme est un camp de concentration (en allemand : Konzentrationslager), établi le 13 décembre 1938, au sud-est de Hambourg sur le fleuve Elbe, d'abord comme camp satellite du camp de Sachsenhausen puis transformé en 1940 en camp de travail indépendant (213 000 m2) avec plus de 90 camps extérieurs annexes.

Le 2 mai 1945, les SS abandonnent le camp. Le camp est libéré par les troupes britanniques. Y furent déportées 106 000 personnes dont 55 000 moururent (soit 52 %).

Origine du camp : briqueterie et canal Dove-Elbe

En tant que « porte de l’Allemagne sur le monde », Hambourg doit être parée par le régime nazi de bâtiments monumentaux, construits en briques. À l’automne 1938, l’entreprise SS Deutsche Erd- und Steinwerke GmbH (terrassement et carrières) fait l’acquisition d’une briqueterie désaffectée et de terrains situés en périphérie de Hambourg, près du bourg de Neuengamme.

En avril 1940, la ville de Hambourg et la SS s'accordent sur la construction d'une briqueterie moderne. La ville accorde un prêt d’un million de reichsmarks pour la construction de la briqueterie. Elle s’engage à installer une liaison ferroviaire, à assurer la navigabilité du bras de l’Elbe Dove-Elbe et à aménager un canal de desserte ainsi qu’un bassin portuaire. La SS s’engage, pour sa part, à « fournir gratuitement la main-d’œuvre concentrationnaire et les équipes de garde nécessaires à la réalisation de ces travaux ».

Le 12 décembre 1938, elle y installe un kommando de 100 déportés venus du camp de concentration de Sachsenhausen. Les gardes, quant à eux, viennent du camp de concentration de Buchenwald. Les conditions de détention sont alors tolérables.

Après le déclenchement de la guerre, décision est prise de faire de Neuengamme un grand camp de concentration. En juin 1940, Neuengamme quitte l'orbite de Sachsenhausen et devient un camp de concentration indépendant, dont les infrastructures sont construites par les déportés. Fin 1940, la population du camp est passée à 2 900 déportés, qui travaillent, dans des unités de travail forcé, à son agrandissement, à l’élargissement du bras de rivière Dove-Elbe, au creusement du canal de desserte et du bassin portuaire, à la construction de la briqueterie et à l’extraction de l'argile dans les glaisières.

Plus tard, la production d'armement deviendra une priorité du camp de Neuengamme (armes légères, détonateurs pour bombes et pour grenades), justifiant la construction de nouvelles unités de productions en partenariat avec des entreprises spécialisées, et la mise en place de nouveaux kommandos (à terme, Neuengamme en comptera près de 90).

Les conditions de détention se détériorent et les mauvais traitements, l’épuisement, la faim et les accidents provoquent très tôt les premiers décès.

À l'origine, les déportés du camp de Neuengamme sont essentiellement allemands, au nombre d’environ 9 500, dont environ 400 femmes, toutes affectées à des kommandos extérieurs.

À partir de 1941, la majorité des déportés au camp arrivent des territoires occupés par l’Allemagne, essentiellement de Pologne(1941/42) puis d'Union soviétique (1942/4). Français, Néerlandais, Belges et Danois sont également présents en nombres importants. Les motifs d'internement sont la résistance à l’occupant allemand, des mesures disciplinaires liées au travail forcé, la déportation d’otages et de victimes d’actions de représailles. À partir de 1944, le camp voir arriver des Juifs originaires de divers pays européens.

De décembre 1938 à avril 1945, presque 100 000 déportés provenant de toute l’Europe sont internés à Neuengamme. Au total, plus de 80 000 hommes et de 13 000 femmes sont immatriculés au camp de Neuengamme. Un millier de prisonniers de guerre soviétiques gardent leur matricule antérieur. Environ 1 400 personnes, transférées à Neuengamme pour y être exécutées, ne sont pas immatriculées. Quelque 5 900 personnes supplémentaires ne figurent pas aux registres du camp, ou sont enregistrées séparément).

La documentation disponible fait état de 42 900 décès (14 000 au camp central et au moins 12 800 dans les détachements extérieurs) liés aux conditions de vie et de travail, maintenues délibérément à un niveau médiocre. Le bilan est plus lourd si on y ajoute les milliers de déportés qui décèdent après leur transfert dans d’autres camps de concentration ou peu après leur libération. On estime que plus de la moitié des 100 400 détenus de Neuengamme n’ont pas survécu à leur déportation.

Mais il est établi avec certitude qu’au moins 42 900 personnes détenues dans le camp de concentration de Neuengamme ont perdu la vie, dont environ. Au moins 16 100 autres déportés du camp de Neuengamme ont succombé au cours des dernières semaines de la guerre lors des marches d’évacuation, dans les camps de rassemblement ou lors du bombardement des bateaux concentrationnaires dans la baie de Lubeck.

Au cours de son histoire, le camp de Neuengamme est dirigé par trois commandants successifs, qui assument la direction du camp central et des détachements extérieurs : Walter Eisfeld (1940), Martin Weiß (1940-1942) et Max Pauly (1942-1945). Sur cinq années, 4 500 membres de la SS participent à l'encadrement du camp, la majorité au contact des déportés.

Trois, parfois quatre compagnies de garde, réunies en une subdivision appelée Sturmbann, assurent la surveillance du camp et des détachements extérieurs. Leurs chefs dépendent du dirigeant des unités SS « têtes de mort » basé à Oranienburg. Le camp est entouré de barbelés qui sont mis la nuit sous tension. En 1944-1945 des membres de la Wehrmacht, de la marine, des douanes, de la police et des chemins de fer sont également mobilisés pour la garde des camps extérieurs.

Les équipes de garde et de surveillants SS (surveillantes dans les kommandos féminins) ont pour consigne de traiter les déportés avec la plus grande rigueur. Les plus cruels sont récompensés. Rares sont les tortionnaires qui, après la guerre, devront répondre de leurs actes devant la justice.

Camp de travail et camp de la mort

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