Camille Lacourt, né le 22 avril 1985 à Narbonne, est un nageur français spécialiste des épreuves de dos (50 et 100 m). Il est quintuple champion du monde et quintuple champion d'Europe.
Parmi les meilleurs dossistes français de la fin des années 2000, il remporte plusieurs titres de champion de France et établit de premiers records de France malgré deux changements de clubs entre 2006 et 2008. Se signalant pour la première fois au niveau international en 2009 grâce à une place de finaliste mondial sur 50 m dos à Rome, il se révèle réellement au plus haut niveau l'année suivante en devenant champion d'Europe du 100 m à Budapest. Outre une technique et un physique remarqués par les observateurs et les médias, sa performance est d'autant plus significative qu'il bat le record d'Europe et établit le deuxième temps de l'histoire, non loin du record du monde de l'Américain Aaron Peirsol.
Le 26 juillet 2011 à Shanghai, il est sacré champion du monde du 100 m dos, ex aequo avec son compatriote Jérémy Stravius, dans un temps de 52 s 76. Il devient ainsi, avec Stravius, le premier champion du monde de l'histoire de la natation française sur la distance.
S'il ne connaît pas la réussite aux Jeux olympiques, Camille Lacourt gagne trois titres consécutifs de champion du monde du 50 m dos : en 2013 à Barcelone (où il remporte aussi l'or sur 4 × 100 m 4 nages avec l'équipe de France), en 2015 à Kazan et en 2017 à Budapest. Il met un terme à sa carrière de nageur sur cette victoire obtenue dans la capitale hongroise le 30 juillet 2017.
Natif de Narbonne de deux parents facteurs, Camille Lacourt commence la natation à l'âge de 5 ans à La Cabanasse. Il y côtoie alors Richard Martinez qui encadre toujours le nageur lorsque celui-ci intègre le « pôle espoirs » de Font-Romeu en 2001. Il a alors 16 ans et s'illustre bientôt dans les catégories d'âge inférieures au niveau senior. Il est ainsi médaillé de bronze du 50 m dos lors des Championnats de France cadets en 2002, double médaillé de bronze sur 50 et 100 m dos l'année suivante en juniors avant de remporter deux titres de champion de France lors de sa dernière année parmi les juniors en 2004 sur ces deux mêmes épreuves. Au niveau international, il participe en 2003 aux Championnats d'Europe juniors à Glasgow, sans s'illustrer individuellement mais en terminant au pied du podium du relais 4 × 100 m quatre nages en compagnie notamment d'Amaury Leveaux. La même année, il participe pour la première fois aux Championnats de France seniors à Saint-Étienne. Il parvient alors à se glisser en demi-finale. À Dunkerque, l'année suivante, il démontre de réels progrès en atteignant la finale sur 50 et 100 m dos alors qu'il célèbre son dix-neuvième anniversaire.
C'est en 2005 qu'il obtient de premières récompenses au niveau national en montant à deux reprises sur la troisième place d'un podium aux Championnats de France à Nancy. Troisième sur 50 et 100 m dos, ses performances combinées à son jeune âge en font alors l'espoir français du dos. En fin de saison, il convertit ces progrès en petit bassin en décrochant ses deux premiers titres de champion de France à Chalon-sur-Saône. Il y remporte les 100 et 200 m dos en dominant respectivement Simon Dufour et Pierre Roger tout en établissant de nouveaux records des championnats.
En septembre 2006, Camille Lacourt rompt sa collaboration avec son entraîneur de toujours et rejoint alors le prestigieux groupe chapeauté par Philippe Lucas à Canet-en-Roussillon. Au côté de la tête d'affiche de la natation française Laure Manaudou ou de la dossiste Esther Baron, il voit sa charge de travail sensiblement augmenter. Cette association se révèle rapidement fructueuse puisqu'il s'impose comme le meilleur nageur du pays l'année suivante.
Les Championnats de France 2007 organisés en juin le voient de fait remporter ses deux premiers titres nationaux seniors en grand bassin et battre son premier record de France. À Saint-Raphaël, il efface en effet ce qui constitue alors le plus ancien record de France en dominant les séries du 50 m dos en 25 s 66, cinq centièmes de seconde de moins que l'ancien record d'Europe de Franck Schott établi lors des Championnats de France d'hiver 1994. En finale, il l'abaisse à 25 s 46 pour décrocher la médaille d'or, la première de sa carrière en grand bassin. Quelques jours plus tard, il réalise le doublé en gagnant le 100 m dos en 55 s 39, huit centièmes de seconde plus rapidement que Benjamin Stasiulis. En fin d'année, il honore une première sélection en équipe de France dans un championnat international élite, les Championnats d'Europe en petit bassin se tenant à Debrecen en Hongrie. Mais peu à son avantage, il n'émerge pas au-delà des séries sur 50, 100 et 200 m dos.
L'année 2008 est marquée par les Jeux olympiques disputés à Pékin en Chine, un événement auquel ne participe pas Camille Lacourt qui, multipliant les blessures en cette année, souffre d'un zona durant les sélections olympiques. Organisés à Dunkerque, les Championnats de France servent de sélections en vue du rendez-vous olympique prévu près de quatre mois plus tard. Dans cette optique, des minima chronométriques sont mis en place en série et en finale. Dès les séries, Camille Lacourt perd tout espoir de qualification en nageant le 100 m dos en 56 s 27 alors que le temps requis est de 56 s 22. En demi-finale, en raison d'une coulée trop longue, il est disqualifié et ne peut donc pas prétendre à une place au sein du relais 4 × 100 m quatre nages. Sur 200 m dos enfin, il renonce à la finale après avoir réalisé le huitième temps des séries. Après avoir déclaré forfait pour les Championnats d'Europe prévus à Eindhoven au début de l'année, l'échec d'une sélection olympique le convainc de quitter Philippe Lucas dont le groupe d'entraînement s'est démembré à la suite de la fuite en Italie puis à Marseille de Laure Manaudou, bientôt suivie par Esther Baron et Nicolas Rostoucher. D'un intérêt porté au foncier à Canet-en-Roussillon, Camille Lacourt justifie alors son départ pour le Cercle des nageurs de Marseille par la volonté de travailler davantage le physique particulièrement sollicité en dos, le sien ayant subi une déchirure musculaire durant l'année. Désormais entraîné par Romain Barnier, il retrouve rapidement son niveau en décrochant deux titres de champion de France en petit bassin à Angers, s'appropriant en plus les records de France des 50 et 100 m dos.
Apparues en 2008, les combinaisons de dernière technologie, usant d'un maximum de polyuréthane, un matériau plastique flottant, sont à l'origine d'une vive polémique qui connaît son apogée en 2009. Tandis que les records mondiaux sont battus à de multiples reprises, Camille Lacourt améliore lui aussi sensiblement ses records personnels. Ainsi, d'un record personnel sur 100 m dos fixé à 55 s 39 depuis 2007, il l'abaisse en cette année 2009 à 53 s 57 lors de la finale de l'épreuve aux Championnats de France disputés à Montpellier, un temps qui lui octroie la quatrième place. Sur la distance inférieure, il porte son record à 24 s 78, nouveau record de France, pour remporter le titre national et valider sa qualification pour les Championnats du monde prévus durant l'été à Rome. En Italie, pour sa première sélection en grand bassin, il atteint la finale en réalisant le troisième temps global en série et en demi-finale, améliorant son meilleur temps en 24 s 46. Il ne monte cependant pas sur le podium occupé par le vainqueur britannique Liam Tancock devant le Japonais Junya Koga et le Sud-Africain Gerhard Zandberg. Relégué à 27 centièmes de seconde du podium, Lacourt termine lui cinquième pour sa première finale planétaire.
Marquée par un retour au tissu et à l'interdiction des combinaisons, l'année 2010 rompt avec les deux années précédentes et entraîne une baisse des performances au niveau global. Pourtant, Camille Lacourt s'en accommode très bien. Ainsi, lors des Championnats de France organisés à Saint-Raphaël, le dossiste améliore deux fois son record personnel pour le porter à 53 s 29. Vainqueur de cette épreuve mais aussi du 50 m dos à chaque fois devant Jérémy Stravius, il obtient sa qualification pour les Championnats d'Europe malgré des critères de sélection stricts établis selon des temps référentiels de l'ère des combinaisons. Sur 200 m dos, bien qu'il ne satisfasse pas à ces minima, il termine troisième derrière Éric Ress et Benjamin Stasiulis, nouveau record personnel à la clé. Après le rendez-vous national, le nageur, installé en haut de la hiérarchie mondiale chronométrique sur 100 m dos derrière le Britannique Liam Tancock et l'Américain Matthew Grevers, se montre régulier, très proche de son meilleur temps dans les mois suivant la performance.