Ce Jour-là

Camille Desmoulins

Personnalité politique française

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Camille Desmoulins, né le 2 mars 1760 à Guise et mort guillotiné le 16 germinal an II à Paris, est un journaliste et révolutionnaire français.

Considéré comme une figure majeure de la Révolution française, né dans un milieu rural, il étudie avec son ami d'enfance Robespierre au lycée Louis-le-Grand, où il se passionne pour la Rome antique. Son premier discours à Paris en 1789 est un événement déclencheur de la prise de la Bastille. Se faisant connaître comme journaliste, il devient l'un des plus jeunes députés de la Convention nationale, proche des Montagnards puis des Indulgents.

La liquidation des factions en 1794 précipite sa chute. Son exécution a lieu le 5 avril sur la place de la Révolution, peu avant celle de son épouse Lucile.

Lucie-Simplice-Camille-Benoît Desmoulins est le fils aîné de Jean-Benoist-Nicolas Desmoulins et de son épouse Marie-Madeleine Godart, fille d'un laboureur prospère. Il a sept frères et sœurs. Desmoulins père, avocat puis humble juge picard sans fortune, devient un personnage local influent. Maire pendant trois ans, fondateur d'une loge maçonnique, il est « seigneur » des terres de Bucquoy et de Sémery. En 1768, il obtient la lieutenance générale du bailliage de Guise. Né le 2 mars 1760, Camille Desmoulins est baptisé le 3 mars 1760 à l'église Saint-Pierre-Saint-Paul à Guise.

En 1771, Camille entre comme pensionnaire au collège Louis-le-Grand où il fait de bonnes études. Il y obtient une bourse en 1775. Il se passionne pour les auteurs de l’Antiquité et forge de solides amitiés, en particulier avec Stanislas Fréron. Il est primé au concours général, la même année que son condisciple Maximilien de Robespierre. Étudiant en droit, le jeune bourgeois de province obtient son baccalauréat en septembre 1784, sa licence en mars 1785, prêtant le serment d'avocat au barreau de Paris le 7 mars 1785.

Pendant sa scolarité, il se passionne pour la poésie latine. Il publie en août 1784 son Épitre à Messieurs les administrateurs du collège Louis-le-Grand qui s'ouvre par une citation de Cicéron. Il revient sur ses années de collège et d'université et insiste sur l'ouverture de Louis-le-Grand aux étudiants talentueux où seuls les capacités et le travail font la différence. Il fait allusion au cours de l'ouvrage à Cincinnatus, le dictateur romain qui a abandonné le pouvoir pour cultiver ses champs pour mettre en avant le désintéressement et le respect des lois et de la patrie.

Malgré sa profession, il n'est pas très doué pour l'art oratoire car il est timide et atteint de bégaiements chroniques. Il bredouille si bien qu'il n'a pas de clientèle et gagne difficilement sa vie en copiant des requêtes pour les procureurs.

Initié très jeune en franc-maçonnerie, son nom apparait avec le grade de maître maçon sur le tableau de la « Loge des maîtres », sise à Amiens en 1776. Sa carrière maçonnique ne laisse toutefois aucune trace.

En mars 1789, Desmoulins père est nommé député aux États généraux du bailliage de Guise, mais malade, il ne prend pas place. Camille Desmoulins, lui-même limité au rôle de spectateur lors de la procession des États généraux du 5 mai 1789, rédige une réponse à cet évènement : Ode aux États Généraux. Le comte de Mirabeau, personnage politique puissant au sein des États généraux qui se positionne comme un pont entre l'aristocratie et le mouvement réformiste naissant, engage brièvement Desmoulins pour écrire dans son journal à cette époque, renforçant la réputation de Desmoulins en tant que journaliste.

Malgré son bégaiement remarqué, il devient un des principaux orateurs de la Révolution française. Son premier grand discours a lieu devant la foule réunie dans les jardins du Palais-Royal devant le café de Foy le 12 juillet 1789 après la démission de Necker à Versailles, prise pour un renvoi à Paris. Debout sur une table de café, un pistolet dans chaque main, il harangue la foule :

« M. Necker est renvoyé ; ce renvoi est le tocsin d'une Saint-Barthélémy des patriotes : ce soir, tous les bataillons suisses et allemands sortiront du Champ-de-Mars pour nous égorger. Il ne nous reste qu'une ressource, c'est de courir aux armes et de prendre des cocardes pour nous reconnaître. »

Après concertation avec l'assistance, il est convenu que la cocarde sera verte, « couleur de l'espérance ». Il est parfois dit que Desmoulins aurait cueilli une feuille de tilleul et qu'il l'aurait placée sur son chapeau. Cependant, dans le cinquième numéro de son journal politique Le Vieux Cordelier, Desmoulins écrit qu'on lui aurait apporté un ruban vert, qu'il mit effectivement à son chapeau, puis distribua à la foule. La cocarde verte sera bientôt remplacée par la cocarde tricolore, car la couleur verte était celle du comte d’Artois. À son appel, les Parisiens ne s'arment pas, mais organisent un cortège qui défile dans Paris et envahit les théâtres pour inviter les spectateurs à les rallier.

Ce Camille excitant le peuple à la révolte dans la journée du 12 juillet est à l'origine du surnom de l'« homme du 14 juillet ». Il fut surnommé le « Cicéron bègue » par François-René de Chateaubriand pour son art oratoire en étant atteint de troubles de l'élocution.

Il fait ses débuts de journaliste en novembre 1789, où il publie les Révolutions de France et de Brabant, journal qui comptera 104 numéros et tirera à 3 000 exemplaires, ce qui lui assure l'essentiel de ses revenus. Il y dénonce constamment le complot aristocratique. Il s’oppose également au suffrage censitaire, en déclarant qu’un tel mode d’élection aurait exclu Jésus-Christ ou Jean-Jacques Rousseau. Il y ajoute avec ironie l'exclusion des juifs réclamée le 21 décembre 1789 par Reubell et combattue par Clermont-Tonnerre : « Ne serait-ce pas en effet le comble de l'absurdité si, avec la quittance du marc d'argent, il fallait encore justifier du prépuce ? »

On lui doit, à l'occasion de ses commentaires de la fête de la fédération du 14 juillet 1790 (et quelques mois avant que Robespierre ne l'ait le 5 décembre écrit) le triptyque « Liberté, égalité, fraternité". » Ce même mois, il doit faire face à une motion officielle déposée par le monarchien Malouët demandant son arrestation et des poursuites judiciaires pour crime de lèse-nation et incitation à la guerre civile . Il faudra l’intervention de Robespierre, qui convainc l'Assemblée de ne pas inculper le journaliste, pour lui éviter un décret de prise de corps.

Après la manifestation du Champ-de-Mars du 17 juillet 1791, bien qu’il n’ait lui-même pas participé à cet évènement, son journal est suspendu. Un autre journaliste jacobin, Joseph Du Saulchoy, par admiration pour lui, prendra la relève et fera publier le journal jusqu'en décembre 1791.

Député à la Convention nationale

Avant et après la déclaration de guerre de 1792, Camille est résolument partisan de la paix, comme ses amis Robespierre, Danton et Marat. Cette opinion est formulée un discours prononcé au Club des jacobins le 25 décembre 1791, reprise dans une brochure Jacques-Pierre Brissot démasqué en février 1792, puis le 30 avril 1792 dans La Tribune des Patriotes, journal co-fondé avec Fréron. Après le 10 août 1792 et la chute de la Monarchie, il devient secrétaire du ministère de la Justice, dirigé par Danton. Il devient de plus en plus engagé dans la voie d’une répression des contre-révolutionnaires. Il est élu à la Convention nationale, où il siège parmi les montagnards, mais ne joue pas de rôle important. Le 28 septembre 1792 il fait preuve d'une certaine réticence à l'annexion de la Savoie en s'écriant : « Craignons de ressembler aux rois en enchaînant la Savoie à la République ». Dans le procès du roi, en janvier 1793, il vote contre l'appel au peuple, pour la mort et contre le sursis. Le 13 avril 1793, il se prononce contre la mise en accusation de Marat. Beaucoup de ses contemporains voient en lui un brillant orateur, mais incapable de jouer un rôle politique. Il s'oppose beaucoup à Jacques Pierre Brissot, qui l'accuse d'être corrompu. Il publie contre lui Histoire des brissotins, où il rappelle la versatilité de son adversaire, ancien proche de La Fayette. En juin il salue l'expulsion des Brissotins de la Convention.

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