Ce Jour-là

Camille Claudel

Sculptrice et artiste peintre française

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Camille Claudel ([kamij klodɛl] ), née à Fère-en-Tardenois dans l'Aisne, le 8 décembre 1864 et morte à Montdevergues (Montfavet, Vaucluse) le 19 octobre 1943, est une sculptrice française.

Son art de la sculpture à la fois réaliste et expressionniste s'apparente à l'Art nouveau par son utilisation savante des courbes et des méandres.

Collaboratrice du sculpteur Auguste Rodin, sœur du poète, écrivain et diplomate Paul Claudel, sa carrière est météorique, brisée par un internement psychiatrique forcé et une mort quasi anonyme. Un demi-siècle plus tard, un livre (Une femme, Camille Claudel d'Anne Delbée, 1982) puis un film (Camille Claudel, 1988) la font sortir de l'oubli pour le grand public.

Depuis 2017, un musée porte son nom dans la ville où elle a commencé à sculpter, Nogent-sur-Seine, dans l'Aube. Il présente la plus grande collection de ses œuvres, qui permet de suivre toute la carrière de la sculptrice.

Camille Claudel naît le 8 décembre 1864 à Fère-en-Tardenois. Elle est la fille de Louis Prosper Claudel (né à La Bresse, dans les Vosges, le 26 octobre 1826), conservateur des hypothèques, et de Louise-Athanaïse, née Cerveaux, fille du médecin et nièce du prêtre du village. Par son père, on remonte sa généalogie jusqu'à Jacques Elophe Claudel né vers 1500 et mort en 1530, ainsi que jusqu'à Jean Debordeaux, maître-chirurgien de Pierrepont, toujours en Picardie, né autour de 1605. Par ce lien, Camille Claudel est à la fois cousine et contemporaine de Jules Debordeaux, l'un des Trois instituteurs de l'Aisne, martyrs aux mains des Prussiens lors de la guerre de 1870 et immortalisés par une statue de bronze dans la ville de Laon. Conduit par sa carrière en Picardie, son père y trouve une épouse et entre dans une famille de notables enracinée dans l'Aisne. Par sa mère, elle descend de Charlotte de Vertus, issue d'une famille de vignerons. La famille de Vertus prétend descendre directement d'un fils illégitime de Philippe Antoine, bâtard de Vertus, gouverneur de Blois et de Coucy qui meurt des mains du bourreau le 18 juillet 1445. Philippe Antoine était le fils naturel de Philippe d'Orléans, comte de Vertus, fils de Valentine Visconti et de Louis Ier d’Orléans, fils de Charles V le Sage.

En raison de la disparition, à seize jours, du premier-né du couple, Charles-Henri (né en août 1863), Camille Claudel devient l'aînée d'une future fratrie de trois.

Par la suite, le couple Claudel s'installe à Villeneuve-sur-Fère, petit village proche de Fère-en-Tardenois (Aisne). Camille Claudel y passe son enfance entourée de Louise, née en février 1866 et de Paul, né en août 1868. Le presbytère qui a vu naître Paul Claudel à Villeneuve-sur-Fère, est devenu la Maison de Camille et Paul Claudel.

La famille Claudel s'installe ensuite pour quatre années à Nogent-sur-Seine (Aube), de 1876 à 1879. Camille Claudel y fait ses premiers pas d'artiste si bien que son travail attire l'attention d'Alfred Boucher, jeune sculpteur originaire des alentours de Nogent-sur-Seine et vivant à Paris, qui lui reconnaît des dons exceptionnels.

Au plus tôt depuis son adolescence, Camille Claudel est passionnée par la sculpture et commence très jeune à travailler la glaise. Appuyée constamment par son père, qui prend conseil auprès d'Alfred Boucher, Camille Claudel doit affronter la très forte opposition de sa mère qui aura toujours une violente aversion pour cet art, qui passionne sa fille aînée.

De 1879 à 1881, les Claudel habitent à Wassy (Haute-Marne). Camille Claudel persuade sa famille (à l'exception de son père retenu par ses obligations professionnelles) d'emménager à Paris, afin de perfectionner son art auprès des maîtres. Les trois enfants et leur mère habitent au no 135 bis boulevard du Montparnasse, de 1882 à 1886.

Elle suit tout d'abord les cours de l'Académie Colarossi. En 1882, elle loue un atelier au no 117 rue Notre-Dame-des-Champs, où d'autres sculptrices viennent la rejoindre, la plupart anglaises, dont Jessie Lipscomb, avec qui elle se lie d'une profonde amitié. Une photographie de William Elborne, mari de Jessie, prise en 1887, les montre travaillant ensemble dans leur atelier (voir ci-contre).

En 1882, Camille Claudel étudie sous la direction du sculpteur Alfred Boucher. Celui-ci est à Paris pour mettre en place La Ruche, un phalanstère d'une communauté d'artistes. Mais, lauréat du prix du Salon, il doit partir pour Rome et il s'installe à la Villa Médicis, afin d'honorer des commandes (il n'a jamais gagné le prix de Rome, étant toujours arrivé second ; c'est seulement à l'aide de la fortune amassée grâce aux commandes de l'État — notamment La Piété Filiale — qu'il peut entreprendre ce voyage). Il demande à Auguste Rodin de le remplacer pour le cours de sculpture, qu'il donne au groupe de jeunes filles. Ainsi Camille Claudel, après avoir rencontré Rodin en 1882, intègre l'année suivante l'atelier parisien du maître au dépôt des marbres de l'État, no 182 rue de l'Université à Paris.

En 1888, elle reçoit une mention honorable au Salon des artistes français puis une médaille de bronze à l'Exposition universelle de 1900.

Les premières œuvres que Camille Claudel montre à son maître Rodin « lui font forte impression », comme Vieille Hélène et Paul à 13 ans. Vers 1884, elle intègre son groupe de praticiens, et elle participe à plusieurs sculptures des œuvres de Rodin, comme l'imposant groupe statuaire Les Bourgeois de Calais dont la légende veut que Camille Claudel fut chargée des mains, et Jessie Lipscomb des drapés.

Très vite, la connivence puis la complicité artistique s'installent ; Camille Claudel, par son génie, l'originalité de son talent et sa farouche volonté, devient indispensable à Rodin ; tel qu'il le dit lui-même :

« Mademoiselle Claudel est devenue mon praticien le plus extraordinaire, je la consulte en toute chose »

Et à ceux qui la critiquent, Rodin répondra :

« Je lui ai montré où trouver de l'or, mais l'or qu'elle trouve est bien à elle »

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