Ce Jour-là

Caligula

Troisième empereur romain, de 37 à 41

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Caligula, de son nom complet Caius Julius Caesar Augustus Germanicus, né le 31 août 12 à Antium et mort assassiné le 24 janvier 41 à Rome, est le troisième empereur romain. Il règne de 37 à 41, succédant à son grand-oncle Tibère.

Bien qu'il ait été nommé en référence à Jules César, les soldats de son père le surnomment Caligula (« petite caliga, sandalette ») à partir de sa campagne en Germanie.

Selon les sources concernant son principat — essentiellement les récits de Suétone et Dion Cassius —, il connaît tout d'abord un début de règne prometteur, durant lequel il jouit d'une grande popularité auprès du peuple romain. Cependant, il devient rapidement un empereur autocratique, délaissant et assassinant tous ceux qui ont soutenu son ascension, tout en éprouvant une profonde aversion envers le Sénat. Il lui est attribué un comportement extrêmement instable, et un goût pour la démesure qui conduit à de grandes dépenses impériales.

Confronté à une faible popularité à la suite d'une augmentation de la fiscalité afin de renflouer les caisses qu'il a lui-même vidées, il est tué en 41 par un tribun de sa garde personnelle, Cassius Chaerea, contre qui il semblait nourrir une inimitié.

Les principales sources littéraires sur Caligula sont la Vita Caii de Suétone, le livre LIX de l'Histoire Romaine de Dion Cassius et les Antiquités Juives de Flavius Josèphe. Quant à Tacite, les livres qui traitent du règne de Caligula sont perdus et son récit s'arrête à la mort de Tibère.

D'autres sources, comme les différentes œuvres de Sénèque ou de Pline l'Ancien, nous révèlent des anecdotes sur certains éléments inédits de son règne et présentent l'avantage de provenir d'auteurs contemporains de l'empereur.

Le règne de Caligula est le plus mal documenté de la dynastie julio-claudienne. Les sources littéraires sur ces quatre années sont imprécises, souvent anecdotiques et généralement hostiles. De ce fait, non seulement la plupart des événements de ce règne restent flous, mais Caligula apparaît davantage comme une caricature, un mégalomane fou, capricieux et cruel, que comme un personnage ayant réellement existé. Une telle description est principalement due aux écrits des historiens Suétone et Tacite. Dans la lignée des travaux de l'historien allemand H. Willrich, de nombreux historiens contemporains prennent toutefois leurs distances vis-à-vis de ces témoignages.

Caius Augustus Germanicus, Caligula (petite sandale en latin), est le fils du très populaire Germanicus et d'Agrippine l'Aînée. Il est également, d'une part le petit-neveu (et aussi le fils adoptif[réf. nécessaire]) de l'empereur Tibère, d'autre part l'arrière-petit-fils en ligne directe d'Auguste par sa grand-mère maternelle Julie et l'arrière-petit-fils de Marc Antoine par sa grand-mère paternelle Antonia. Il a cinq frères et sœurs : Nero Iulius Caesar, Drusus III, Drusilla, Agrippine la Jeune et Julia Livilla. Caligula naît à Antium, une cité balnéaire à proximité de Rome, la veille des calendes de septembre, en l'an 12, sous le consulat de son père et de Caius Fonteius Capito.

Selon Suétone, ce n'est que vers l'âge de deux ans qu'il est envoyé en Germanie rejoindre sa famille. Enfant, il accompagne sa mère qui suit souvent son mari dans les camps militaires. Les bottines qu'il porte et qui sont adaptées à ses petits pieds lui valent le surnom de « Caligula » (diminutif de caliga), un surnom qu'il finit par détester.

En mai 17, lors du triomphe de Germanicus, il défile dans le char de son père avec ses frères et sœurs.

En l’an 19, des troubles éclatent en Syrie. L’empereur Tibère envoie alors Germanicus, le père de Caligula, pacifier la région. Caligula est le seul enfant du couple qui accompagne son père durant son voyage. À la fin de l’été, la santé de Germanicus se dégrade rapidement, puis il meurt sans que l’on puisse définir précisément l’origine de la maladie. Selon l’historienne Virginie Girod, la mère de Caligula, Agrippine l'Aînée, aurait alors propagé la rumeur selon laquelle son mari avait été empoisonné sur ordre de Tibère, avec la complicité du gouverneur de Syrie, Pison.

Caligula rentre ensuite à Rome où il est confié à sa mère. Néanmoins, celle-ci le délaisse, préférant se concentrer sur l’éducation de ses deux frères, Nero et Drusus, dont elle espère favoriser la carrière politique, voire faire des successeurs potentiels de Tibère. Les ambitions d’Agrippine auraient alors fortement irrité l’empereur. La percevant comme un danger, ce dernier la sépare de ses enfants et la place en résidence surveillée en Campanie.

Après l’arrestation de sa mère, Caligula est confié à son arrière-grand-mère Livie. En 29, à la mort de cette dernière, Tibère le choisit pour prononcer l'éloge funèbre de la défunte. À cette occasion, le jeune Caligula, âgé de 16 ans, montre son excellence dans l'art oratoire, pour lequel il aura un goût prononcé par la suite. Avec ses deux sœurs, Livilla et Drusilla, Caligula est recueilli par sa grand-mère Antonia. Néanmoins, le jeune homme ne reste chez celle-ci que quelques mois. Afin de l'éloigner de ses sœurs et peut-être, pour préparer sa succession, Tibère le fait venir en l'an 31 sur l'île de Capri où il s'est retiré.

Après la mort de Germanicus et l’arrestation d’Agrippine et de ses fils, Tibère pense pouvoir léguer le pouvoir à son fils Drusus II, mais la mort de ce dernier en mai 23 bouleverse ses projets. Ne souhaitant plus vivre à Rome où son impopularité s'accroît de jour en jour, le vieil empereur, alors âgé de soixante-dix-sept ans, s’isole sur l’île de Capri. Lorsque Caligula l'y rejoint, l’armée réclame que Tibère désigne le jeune homme comme successeur, mais l'empereur préfère temporiser. Les deux hommes, en effet, se vouent une haine farouche.

En 33, Caligula épouse Junia Claudilla, membre de la famille aristocratique des Silani. Elle meurt cependant en couches trois ans plus tard.

En attendant que Tibère veuille bien se résoudre à le désigner comme successeur et par souci pour sa propre vie, Caligula décide néanmoins de suivre les volontés du vieil empereur, du moins en apparence. Par stratégie, il forme par ailleurs une alliance avec le préfet du prétoire Macron, tout juste nommé après l’exécution de Séjan. Macron accepte de bonne guerre, espérant bénéficier de cette alliance, une fois que Caligula serait devenu empereur. Le jeune homme partage un moment la couche d'Ennia Naevia, l'épouse de Macron, en lui laissant entendre qu'elle pourrait devenir impératrice s'il obtient le soutien de son mari. Ce dernier ferme les yeux sur la liaison, espérant en tirer des bénéfices.

Le 16 mars 37, Tibère rend son dernier souffle. Les circonstances de sa mort sont incertaines. Selon Tacite, Macron aurait étouffé Tibère afin de plaire à Caligula. Ce récit d'un meurtre hypothétique est également confirmé par Suétone dans sa biographie de Caligula. Néanmoins, en s’appuyant sur certaines rumeurs de l’époque, ce dernier laisse entendre que Caligula aurait pu porter lui-même le coup de grâce.

Dans son testament, Tibère avait initialement assigné à sa succession conjointement son propre petit-fils Gemellus et Caligula. Mais le 18 mars 37, ce dernier se fait seul reconnaître par le Sénat. Le nouvel empereur adopte d'abord Gemellus, avant de le faire exécuter en 37 ou 38 dans des circonstances qui demeurent mal élucidées.

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