Le calendrier julien est un calendrier solaire utilisé dans la Rome antique, introduit par Jules César en 46 av. J.-C. pour remplacer le calendrier romain républicain. Il a été employé en Europe occidentale jusqu'à son remplacement par le calendrier grégorien à la fin du XVIe siècle. Il reste utilisé dans la communauté monastique du mont Athos, par cinq Églises orthodoxes reconnues par le synode (celles de Jérusalem, de Russie, de Géorgie, de Serbie et d'Ukraine — uniquement l’Église orthodoxe ukrainienne rattachée au patriarcat de Moscou —), deux Églises orthodoxes non reconnues (celles de Macédoine et du Monténégro), et marginalement dans plusieurs régions d'Afrique du Nord (surtout berbères) et par le calendrier rûmi en Turquie.
Le calendrier julien est parfois signalé par l'appellation ancien style (a.s.) ou vieux style.
Les calendriers copte et éthiopien utilisent la même période d'intercalation de jour que le calendrier julien : un jour supplémentaire tous les quatre ans. La correspondance entre chaque date de ces calendriers et les dates du calendrier julien sur un cycle de quatre ans est donc constante.
Après avoir primitivement utilisé un calendrier de 10, puis de 12 mois lunaires, les Romains, vers 450 av. J.-C., adoptèrent un calendrier de 355 jours, comprenant 12 mois de 29 ou 31 jours (à l'exception de février qui en comprenait 28). Ce calendrier pré-julien, dit « de Numa » ou « de Tarquin », était approximativement lunaire, mais se décalait de 2/3 de jour par an par rapport aux lunaisons. Il était en revanche trop court de 10 jours pour suivre l'année solaire.
Les Romains décidèrent donc d'ajouter un mois, alternativement de 22 ou 23 jours, tous les deux ans. Ce calendrier alternait ainsi des années communes de 355 jours et des années de 377 ou 378 jours. Il resta en vigueur jusqu'aux dernières années de la République, et Jules César y mit fin en 45 av. J.-C..
La composition d'une année commune était :
L'année commençait en mars, et les mois de septembre, octobre, novembre et décembre portaient un nom conforme à leur rang (« septième », « huitième », « neuvième » et « dixième »). Ainsi les mois avaient tous un nombre impair de jours, les nombres pairs étant tenus pour néfastes par les Romains, sauf février, le mois des morts. Le mois intercalaire, nommé mensis intercalaris, était curieusement entièrement placé entre le 23 et le 24 février, et il était intercalé tous les deux ans. Il était également appelé Mercedonius parce que les mercenaires recevaient leurs salaires (en latin : merces) à ce moment-là. Selon les sources, on considère parfois que les derniers jours de février s'ajoutaient aux 22 ou 23 jours insérés pour former le mois Mercedonius, le mois de février étant alors tronqué de quelques jours.
Ainsi les années comptaient les nombres de jours suivants :
Ce calendrier n'est cependant pas en accord avec le Soleil puisqu'il donne une année moyenne de 366,25 jours [(355 + 378 + 355 + 377) / 4], soit environ un jour de plus que l'année tropique. La durée moyenne des mois était de 29,59 jours, assez proche de la durée d'une lunaison (intervalle entre deux pleines lunes), soit 29,53 jours. Les semaines dites nundinae (Nundines) duraient alors huit jours.
Selon Censorin et Macrobe, ce cycle d'intercalation était le meilleur possible. Macrobe décrit un raffinement, pour une période de huit ans tous les 24 ans, ne comprenant que trois années intercalaires, toutes de 377 jours. Ce principe permettait de ramener la longueur moyenne de l'année calendaire à 365,25 jours sur 24 ans, proche de l'année tropique.
En pratique, le système n'était pas appliqué rigoureusement ; les intercalations étaient effectuées de façon hasardeuse ; celles-ci étaient déterminées par les prêtres responsables du calendrier, ordonnées par les pontifes et appliquées par les consuls. Négligence, concussion aussi (le calendrier déterminait les dates de résolution des crédits, d'exigibilité des loyers, etc.), les documents montrent qu'elles furent très irrégulières, parfois omises plusieurs années de suite et, à l'occasion, mises en œuvre plusieurs années consécutives. Lorsqu'il était utilisé correctement, ce système permettait à l'année romaine de rester grossièrement alignée sur l'année tropique. Cependant, lorsque trop d'intercalations furent omises, comme pendant la deuxième guerre punique ou des guerres civiles romaines, le calendrier se décala rapidement. De plus, comme les intercalations étant déterminées assez tardivement, le citoyen romain ordinaire ne connaissait pas la date officielle, particulièrement s'il se trouvait loin de Rome. Ainsi, le calendrier devint peu à peu incompréhensible ; les années précédant la réforme julienne furent appelées les « années de la confusion ». Pendant les années où Jules César exerça la charge de pontifex maximus, avant la réforme, entre 63 av. J.-C. et 46 av. J.-C., seules cinq intercalations furent pratiquées au lieu de huit, et entre 51 av. J.-C. et 46 av. J.-C., aucune ne se produisit.
La réforme julienne avait donc pour objet de corriger définitivement ces défauts en créant un calendrier qui resterait de façon simple en correspondance avec le Soleil, sans intervention particulière.
Description de la réforme julienne
En tant que pontifex maximus, Jules César avait la charge de fixer le calendrier. La réforme julienne fut introduite à son initiative en 46 av. J.-C. ou 708 depuis la fondation de la Ville de Rome, ab Urbe condita (AUC), et elle entra en application en 45 av. J.-C. (709 AUC). Elle fut établie après consultation de l'astronome Sosigène d'Alexandrie et probablement conçue pour approcher l'année tropique, déterminée depuis au moins Hipparque.
Alignement du calendrier avec le Soleil
La première étape de la réforme fut le réalignement du début de l'année romaine avec l'année tropique. Du fait des intercalations manquantes, le calendrier romain avait pris 90 jours d'avance. L'année 46 av. J.-C. dura donc 445 jours, appelée année de confusion. Elle avait déjà été étendue de 355 à 378 jours par l'insertion d'un mois intercalaire régulier en février. Lorsque César décréta la réforme, probablement après son retour de sa campagne africaine à la fin du mois de quintilis (juillet), il ajouta 67 autres jours en introduisant deux mois intercalaires exceptionnels entre novembre et décembre. Cicéron nomme ces mois intercalaris prior et intercalaris posterior dans une lettre écrite à cette époque ; leur longueur respective est inconnue, tout comme la position des nones et des ides lors de chacun de ces mois. L'année 45 av. J.-C. fut la première année d'application régulière du nouveau calendrier julien.
Réforme de la longueur des mois et de l'année
Censorin décrit la réforme comme suit :