Ce Jour-là

Calabre

Région d'Italie méridionale

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La Calabre (en italien : Calabria /kaˈlabrja/ ; en calabrais : Calabbria ; en griko : Καλαβρία, Kalavrìa ; en arberèche : Kalabrì ; en occitan : Calàbria) est une région d'Italie méridionale comptant 1 827 788 habitants et dont le chef-lieu est situé à Catanzaro. Elle est délimitée au nord par la Basilicate, à la pointe sud-ouest par le détroit de Messine, qui la sépare de la Sicile, à l'est par la mer Ionienne et à l'ouest par la mer Tyrrhénienne.

Le nom Italia, par lequel les Grecs dénommaient l'isthme de Catanzaro, est originaire de la région.

Occupée dès le paléolithique, elle a vu s'épanouir de nombreuses civilisations du fait de sa position centrale au cœur de la Méditerranée : Œnôtres, Ausones, Grecs, Bruttiens, Romains, Byzantins, Normands. La période grecque antique est à l'origine, à partir du VIIIe siècle av. J.-C., de la naissance de nombreuses cités qui ont figuré parmi les plus riches et les plus influentes de leur temps, opérant la synthèse entre la culture hellénique et celle des conquérants romains, qui baptisèrent la région Magna Græcia (Grande-Grèce).

À l'époque romaine, elle intègre la Regio III Lucania et Bruttii dans l'Italie augustéenne.

À la suite de la guerre des Goths (VIe siècle), elle passe aux mains de l'Empire byzantin pendant plus de cinq siècles au long desquels elle recouvre pleinement son caractère hellénique. Le cénobitisme y fleurit et la Calabre se couvre d'innombrables églises, monastères et ermitages où des moines basiliens consacrent leur vie à la transcription d'anciens textes grecs. Ce sont les Byzantins qui introduisent dans la région l'art de produire et tisser la soie, qui a fait sa renommée dans toute l'Europe.

À partir du XIe siècle, l'avènement des Normands entame un lent processus de latinisation de la Calabre, dont le destin va peu à peu se confondre à celui du reste du Mezzogiorno : elle appartient successivement au royaume de Sicile, au royaume de Naples et au royaume des Deux-Siciles jusqu'au Risorgimento.

En Bovesìa, quelques communautés parlent toujours le griko, un dialecte local issu du grec. Dans le centre et le nord de la péninsule, de nombreuses municipalités ont pour langue officielle l'arberèche, un dialecte albanais. Une minorité de langue occitane est implantée à Guardia Piemontese.

La Calabre, « pointe » de la « botte » italienne, forme une petite péninsule s'avançant dans la Méditerranée. Pour cette raison, elle dispose de 799 km de côtes où se succèdent étendues rocheuses, caps, falaises et plages de sable.

Les montagnes constituent l'épine dorsale de la péninsule calabraise et sont regroupées dans cinq massifs distincts : le Pollino, la Sila, la Catena Costiera, les Serres et l'Aspromonte. Ainsi, les plaines n'occupent qu'une faible part de la superficie régionale ; les plus étendues sont, par ordre d'importance, celles de Sibari, de Gioia Tauro et de Sant'Eufemia.

Deux petites îles font administrativement partie de la Calabre, Dino (la plus grande) et Cirella, toutes deux rattachées à la province de Cosenza, en mer Tyrrhénienne. Les points extrêmes de la région sont la commune de Nocara qui borde la Basilicate au nord, le cap Colonna à l'est, la punta Palizzi au sud et l'embouchure du Calopinace à l'ouest. La punta Pezzo n'est distante que de 3,2 km du cap Peloro, en Sicile.

Le territoire calabrais est recouvert à 49,2 % de collines, 41,8 % de montagnes et seulement 9 % de plaines.

Les montagnes les plus septentrionales de la région appartiennent au massif du Pollino, où sont situés les plus hauts sommets de Calabre, la serra Dolcedorme (2 267 m) et le mont Pollino (2 248 m). Plus au sud, les Monti di Orsomarso, qui culminent au cozzo del Pellegrino (1 987 m), séparent le Pollino de la Catena Costiera (« chaîne côtière ») qui, comme son nom l'indique, s'étire face au littoral tyrrhénien et culmine au monte Cocuzzo (1 541 m).

Au centre de la région s'élève le vaste plateau boisé de la Sila, renommé pour ses forêts de conifères, dont le plus haut sommet est le monte Botte Donato (1 928 m). Au sud-ouest, la vallée du Corace joint la Sila au massif du Reventino (1 417 m) qui domine le littoral tyrrhénien du capo Suvero à la plaine de Sant'Eufemia.

Entre cette dernière et la plaine de Gioia Tauro se dresse le monte Poro (710 m), relief le plus modeste de la région. Entre l'isthme de Catanzaro et le col de la Limina s'élèvent les Serres, dont le plus haut sommet est le monte Pecoraro (1 423 m). Au sud, les Serres se déploient jusqu'au massif le plus méridional de la région, l'Aspromonte, dont le point culminant est le Montalto (1 956 m).

Les cours d'eau calabrais ne sont guère bien longs du fait de la topographie des lieux : premièrement en raison de la forme étroite et allongée de la péninsule, et deuxièmement en raison de la disposition particulière des massifs montagneux ; par conséquent, la plupart des rivières et fleuves calabrais sont de nature torrentielle, à l'exception du Crati et du Neto - les deux plus longs fleuves de la région - qui se jettent dans la mer Ionienne. Le Coscile (qui naît dans le massif du Pollino, dans lequel il conflue avec son principal affluent, l'Esaro), le Trionto, le Tacina et le Corace, beaucoup plus courts, se déversent également du côté ionien ; les trois derniers fleuves, à l'instar du Neto, prennent leur source dans la Sila. L'Amato et le Savuto sont également originaires du massif de la Sila et, de même que le Lao qui descend du Pollino, sont les principaux fleuves calabrais du versant tyrrhénien. Les autres rivières, encore plus courtes, sont de régime torrentiel et réunissent les caractéristiques typiques d'une fiumara : ils s'écoulent dans des gorges encaissées avant de se déverser dans les plaines alluviales en de larges lits caillouteux, asséchés la majeure partie de l'année mais qui peuvent se remplir brusquement par temps de fortes pluies ou d'orages. Enfin, il existe de nombreux lacs artificiels, principalement sur le plateau de la Sila, dont les plus vastes sont l'Ampollino, l'Arvo, le Cecita, l'Angitola et le Passante.

En géologie, la mention de Calabre se réfère généralement à l'« arc calabrien », parfois appelé arc « calabro-péloritain ». Il désigne la chaîne de montagnes semi-circulaire qui s'étend du sud de la Basilicate jusqu'au nord-est de la Sicile en incluant les monts Péloritains. Le sous-sol de la Calabre est principalement constitué de roches cristallines et métamorphiques de l'ère paléozoïque, recouvertes de sédiments successifs d'origine néogènes. Les roches du substrat sont constituées de différentes unités tectoniques (ou couches) superposées les unes aux autres ainsi qu'à celles des Apennins méridionaux et des Maghrébides siciliennes.

L'évolution géotectonique du système néogène de la Méditerranée centrale est caractérisée par un glissement de l'arc calabrien vers le sud-est, ce qui a permis l'ouverture du bassin tyrrhénien. L'avant-pays de ce système est formé par les promontoires de la plaque africaine : les plates-formes Apula et Ibleo. La mer Tyrrhénienne est le bassin d'arrière-arc de ce processus de subduction, où les « microplaques » d'affinités africaine se positionnent au-dessous des microplaques d'affinités européenne (arc calabrien).

Le risque sismique en Calabre est élevé.

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