Clive Staples Lewis, plus connu sous le nom de C. S. Lewis, né à Belfast le 29 novembre 1898 et mort à Oxford le 22 novembre 1963, est un écrivain et universitaire britannique. Il est connu pour ses travaux sur la littérature médiévale, ses ouvrages de critique littéraire et d'apologétique du christianisme, ainsi que pour la série des Chroniques de Narnia parue entre 1950 et 1957.
Ami très proche de J. R. R. Tolkien, l'auteur du Seigneur des anneaux, il enseigna à ses côtés à la faculté de littérature anglaise de l'université d'Oxford, ils faisaient tous deux partie du cercle littéraire des Inklings. Partiellement en raison de l'influence de Tolkien et de la celle de G. K. Chesterton, Lewis s'est reconverti au christianisme, devenant, selon ses propres termes, « un très ordinaire laïc de l'Église d'Angleterre » ; cette reconversion a eu de profondes conséquences sur son œuvre. Il a acquis une grande popularité par les chroniques radiophoniques sur le christianisme qu'il a données au cours de la Seconde Guerre mondiale et obtenu un énorme succès avec ses livres de fantasy pour enfants.
Les œuvres de C. S. Lewis ont été traduites en plus de 40 langues et le recueil des Chroniques de Narnia s'est vendu à plus de 120 millions d'exemplaires dans le monde et continue à se vendre au rythme de plus d'un million d'exemplaires par an. Le Monde de Narnia a également été adapté à plusieurs reprises au théâtre et au cinéma.
Venu au monde le 29 novembre 1898, au sein d'une famille protestante aisée d'origine galloise, dans une maison de campagne à quelques kilomètres de Belfast en Irlande, Clive Staples Lewis est le deuxième enfant d'Albert James Lewis (1863–1929), un solliciteur, et de Flora Augusta Hamilton Lewis (1862-1908) ; son frère Warren Hamilton Lewis est son aîné de trois ans. La famille déménage en 1905 dans une grande maison appelée Little Lea, à Strandtown, toujours en Irlande du Nord. En 1908, sa mère décède à la suite d'un cancer ; c'est un véritable drame pour Clive Staples.
Ce décès marque la famille Lewis et resserre les liens qui les unissent. Warren part en pension, ce qui contribue à la passion précoce pour la lecture et l'écriture de Clive Staples. Ils se retrouvent néanmoins régulièrement et écrivent ensemble les Chroniques de Boxen, une histoire qui se déroule dans un monde peuplé d'animaux. Un troisième grand malheur vient ensuite frapper Clive Staples : son propre départ en pension, moins d'un mois après la disparition de sa mère. Il rejoint ainsi son frère à l'école de Wynyard, à Watford, en Angleterre.
Il décrit cette expérience comme celle d'un « camp de concentration ». En effet, le directeur de cette école est sadique et autoritaire, autant envers ses élèves qu'avec ses collaborateurs. C. S. Lewis reste longtemps marqué par les sévices subis et observés à Wynyard. Deux ans plus tard, l'école fait faillite et ferme. À la rentrée de 1910, Albert Lewis l'inscrit dans une école à Belfast même. Entré en septembre, Clive Staples en sort en novembre pour des raisons de santé. Un an plus tard, il entre à la Cherbourg School, où il vit tranquillement pendant deux ans. Ce changement de vie contribue à lui faire perdre la foi.
Il entre en septembre 1913 au Malvern College, qu'il décrit sous le nom de « Wyvern » dans son autobiographie. Lewis porte un regard extrêmement critique sur la pression considérable qui pèse sur les élèves, plus soucieux de leur réputation et de leur place au sein de la hiérarchie non officielle de l'établissement que de leur réussite scolaire ; à tel point qu'il considère la pédérastie qui y est pratiquée comme « la seule oasis au milieu du désert brûlant des ambitions rivales ». Quant à lui, n'appréciant guère le sport et n'étant pas intéressé par les amours homosexuelles, il se consacre tout entier à son intérêt grandissant pour les mythologies celtiques et nordiques.
En 1914, il part suivre des cours privés au domicile de W. T. Kirkpatrick, un ami de son père, ancien proviseur du Lurgan College. Chez lui, il découvre la littérature classique, pour laquelle il se prend de passion. Le nom de ce professeur a peut-être inspiré Lewis pour le nom du héros du livre Le Neveu du magicien dans Le Monde de Narnia. D'après son autobiographie, les deux années passées chez M. Kirkpatrick furent pour lui idylliques ; Lewis appréciait tout particulièrement les longues conversations durant lesquelles son précepteur le contraignait à s'assurer de la pertinence de ce qu'il disait et à approfondir ses raisonnements. Il pallie son relatif isolement en entretenant une correspondance régulière avec son ami d'enfance Arthur Greeves, qui partage sa passion pour les récits mythologiques.
Après avoir passé une partie des examens d'entrée à l'University College d'Oxford, il est appelé, sous les drapeaux, au régiment d'infanterie légère du Somerset. Il prend donc part à la Première Guerre mondiale et combat dans les tranchées, en France, où il est blessé par des éclats d'obus le 15 avril 1917, au cours de la bataille d'Arras. Rapatrié en Angleterre, il est libéré de ses obligations militaires en décembre 1918. Il reprend les études à Oxford, et mène de front plusieurs brillants cursus en philosophie, lettres classiques et littérature anglaise.
Conversion et premières œuvres
À la suite d'un long cheminement, qui avait commencé à la fin de ses études universitaires, Lewis se reconvertit au christianisme en 1931, sous l'influence, entre autres, de la lecture de George MacDonald et G. K. Chesterton, et de conversations avec J. R. R. Tolkien et Hugo Dyson. Il redevient dès lors membre de l'Église anglicane, au grand désarroi de Tolkien qui avait espéré l'amener à la foi catholique. Il conserve toute sa vie cette identité religieuse, et une théologie anglicane orthodoxe (Anglicanisme), bien qu'il soit resté scrupuleusement non confessionnel dans ses écrits apologétiques.
Certaines notions proches du catholicisme se trouvent dans ses écrits (par exemple : l'expiation des péchés véniels au purgatoire après la mort dans Le Grand Divorce entre le ciel et la terre et Lettres à Malcolm ; les péchés mortels dans Tactique du diable) ; ces notions sont toutefois largement admises dans l'Anglicanisme, notamment dans la Haute Église ou dans l'Anglo-catholicisme. Il a par ailleurs reconnu qu'il n'allait initialement à l'église que pour recevoir la communion et qu'il avait toujours été déçu par la piètre qualité des chants religieux et des sermons entendus à l'église, mais aussi qu'il avait graduellement appris à apprécier le fait de pratiquer sa religion aux côtés de croyants simples, portant des vêtements usés et des chaussures de travail, qui chantaient toutes les strophes des cantiques.
Sa conversion est décrite dans son autobiographie, Surpris par la joie — qui permet par ailleurs de connaître assez bien les premières années de sa vie. Son itinéraire spirituel est également relaté dans Le Retour du pèlerin (The Pilgrim's Regress), une parodie du Voyage du pèlerin de John Bunyan.
Ami intime de J. R. R. Tolkien (auteur du Hobbit et du Seigneur des Anneaux, pour lesquels Lewis écrit d'élogieuses critiques sous couvert d'anonymat), ils fréquentent ensemble un cercle littéraire qui s'appelait les « Inklings », où l'on retrouve également Owen Barfield. On y lit pour la première fois les romans de Lewis, Tolkien et de Charles Williams. Généralement, ils se rencontraient au pub The Eagle and Child à Oxford, et les discussions avaient lieu autour d'une bière.
Dès 1925, il enseigne à l'université d'Oxford, et préside l'Oxford Socratic Club où croyants et incroyants débattent de la validité du christianisme. Lewis intervient souvent dans ces débats. Des personnages connus y participent, comme le biologiste Konrad Lorenz, mais aussi J. B. S. Haldane et Jacob Bronowski. En 1936, il publie L'Allégorie de l'amour, une étude sur la littérature médiévale qui lui vaut immédiatement une grande réputation.
Il se fait également connaître du grand public grâce à ses interventions à la BBC sur « l'essence du christianisme » (Mere Christianity) données durant de la Seconde Guerre mondiale.