Ce Jour-là

César Ritz

Hôtelier d'origine suisse

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César Ritz est un hôtelier et entrepreneur suisse né le 23 février 1850 à Niederwald dans le Haut-Valais et mort le 26 octobre 1918 à Küssnacht (canton de Schwyz).

Il est le premier à développer le marché de l'hôtellerie de luxe. Il a laissé sa marque dans l’histoire de l'hôtellerie, tant et si bien qu’en anglais le mot « ritzy » est un adjectif qui désigne le nec plus ultra en matière d'élégance.

César Ritz naît dans une famille de paysans de montagne et modestes notables de Niederwald, village du Haut-Valais situé dans la vallée de Conches. Il est le dernier des treize enfants de Johann Josef Anton Ritz et son épouse Kreszentia. Son père est juge (castellanus) et président de ce village, qui compte à l'époque près de deux cents habitants.

En raison de ses études médiocres au collège jésuite de Sion — école francophone dans laquelle il apprend le français —, ses parents le placent à 14 ans comme apprenti sommelier à l'hôtel de la Couronne et de la Poste, à Brigue, une commune du Valais, mais il est rapidement renvoyé sous prétexte qu'il casse trop de matériel.

Il est alors mis en apprentissage à Sion chez un artisan serrurier pendant trois ans. À la fin de son apprentissage, il exerce pendant quelques mois les fonctions d'intendant, puis de sacristain dans un collège.

Ayant appris que l'Exposition universelle de 1867 va ouvrir ses portes à Paris et que l'on cherche du personnel pour servir dans ses nombreux restaurants, César Ritz quitte la Suisse. Il commence sa carrière dans des restaurants comme serveur puis comme sommelier. Garçon d'étage à l'hôtel de la Fidélité, il noue une aventure avec une aristocrate russe qui lui donne le goût du luxe et les rudiments du savoir-vivre dans la bonne société. Renvoyé par la direction qui a appris cette liaison, il exerce au grand hôtel parisien Le Splendide, puis devient maître d'hôtel du Café Voisin, un grand restaurant parisien propriété d'Alfred Alexandre Bellenger qui doit fermer à la suite de la guerre de 1870. À ce dernier poste, il côtoie le Tout-Paris de l'époque, ce qui fait pour lui une excellente école de psychologie sociale.

En 1873, alors qu'il est serveur dans le restaurant Les Trois Frères Provençaux en Autriche, il travaille en extra au pavillon impérial de l'Exposition universelle de Vienne. Il y rencontre de nombreuses personnalités de l'époque, Bismarck, l'empereur Guillaume et surtout le prince de Galles qui marquera son destin à jamais, les deux hommes inventant le palace aristocratique moderne, lieu de rencontre privilégié entre les anciennes et nouvelles classes dirigeantes. Après cinq années dans les restaurants, il se tourne vers l'hôtellerie. Il prend le poste de directeur d'un hôtel de Menton, sur la Riviera française, à une époque où les Anglais les plus riches venaient y passer l'hiver. Lors des années suivantes, il va naviguer entre Nice, Locarno et Sanremo.

En 1877, il devient le directeur de l'Hôtel National de Lucerne (devenu Grand Hôtel National en 1899). Pour l'hiver 1877-1878, il prend le poste de directeur de l'hôtel des Îles britanniques de Menton, propriété des Rosnobet. Il y rencontre une jeune fille de 10 ans, Marie-Louise Beck, fille d'un hôtelier alsacien qui tient une maison à Menton. Il l'épousera dix ans plus tard et formera un duo avec elle qui se charge de la décoration de ses hôtels.

À l'été 1878, il est de retour à l'Hôtel National de Lucerne et fait un voyage pour visiter l'Exposition universelle de 1878 qui se tient à Paris. Durant l'hiver 1878-1879, il travaille pour l'hôtel Bellevue, à Enghien-les-Bains, puis retourne à Lucerne pour la saison d'été.

Désireux de lancer sa propre affaire, il fait ses armes en louant, pour l'hiver 1879-1880, le buffet du Jardin d'acclimatation du bois de Boulogne. Cette expérience l'ayant enthousiasmé, et après être retourné à Lucerne pour l'été 1880, il s'associe avec Ehrensberger, le directeur de l'Hôtel Splendid de Paris. Ensemble, ils acquièrent l'hôtel des Roches Noires à Trouville-sur-Mer, en Normandie. Il y engouffre ses économies. L'expérience est un échec mais il y a acquis la certitude qu'un grand hôtel nécessite un grand chef. Il débauche Jean Giroix et retourne à l'Hôtel National de Lucerne pour la saison d'été 1881.

Pour l'hiver 1881-1882, Alexandrine Yungbluth, parente des Rosnobet de Menton et tante de Marie-Louise Beck, lui propose le poste de directeur général du Grand Hôtel de Monte-Carlo, qu'elle et son mari possèdent. Dès lors, entre 1882 et 1887, César Ritz passe ses étés à Lucerne et ses hivers à Monte-Carlo. L'année 1882 marque également le début de sa collaboration avec le chef de cuisine Auguste Escoffier.

Pionnier du développement de la grande hôtellerie de luxe, il sait séduire la clientèle aisée et acquiert rapidement une réputation de bon goût et d'élégance. C'est l'avènement, en cette fin du xixe siècle, de l'hôtellerie de luxe, notamment dans les régions touristiques et dans les grandes villes. Parmi la clientèle qu'il côtoyait, beaucoup de rentiers et d'hommes d'affaires, mais surtout beaucoup d'aristocrates — têtes couronnées et grandes dames — qui menaient encore la haute société. Il organisa de nombreuses fêtes mondaines qui commencèrent à établir sa réputation.

En 1881, alors que César Ritz dirige le Grand Hôtel de Monte-Carlo, le prince de Galles, qui passait tous ses hivers à Cannes, décide de changer ses habitudes et de venir à Monte-Carlo, attirant derrière lui de nombreuses personnes extrêmement riches. César Ritz décide alors qu'il était temps de mettre certaines de ses idées en pratique en créant un nouveau type d'hôtel de luxe, entièrement tourné vers une clientèle prête à payer un prix très élevé, mais à condition de leur offrir ce qu'ils ne pourraient trouver nulle part ailleurs.

En 1888, il achète avec le grand chef Auguste Escoffier un restaurant, puis un hôtel à Baden-Baden.

Il est attiré à Londres par Richard d'Oyly Carte, un riche investisseur anglais afin de devenir directeur général de l'hôtel Savoy, poste qu’il occupe de 1889 à 1898 avant d’être licencié.

Pendant six ans, l'hôtel connaît en effet une période faste, mais en 1897, les bénéfices du Savoy chutent de façon spectaculaire de 40 %. La cuisine, tenue par Escoffier, est déficitaire et justifie des dépenses somptuaires par les seuls frais d'exploitation. Un audit est lancé et constate la disparition de plus de 3 400 £ de vins et spiritueux, des détournements de fonds et de la corruption. Un système de pots-de-vin de 5 %, mis en place par Escoffier au détriment des fournisseurs du Savoy, lui rapportait l'équivalent, au XIXe siècle, de près de 2 250 000 dollars. Ritz et Escoffier utilisent également la salle à manger du Savoy pour démarcher des investisseurs en vue de la réalisation de leurs propres projets hôteliers, dont un futur concurrent du Savoy à Londres, le Carlton.

Le 28 février 1898, les administrateurs du Savoy licencient César Ritz, Escoffier et Echenard, le maître d'hôtel. La nouvelle de leur renvoi fait la une des journaux londoniens.

Ritz et Escoffier nient les malversations et se pourvoient contre le Savoy. Mais le 3 janvier 1900, il signent une reconnaissance de fraude, une information gardée secrète par l’hôtel qui ne sera rendue publique que dans les années 1980 suite à une enquête de journalistes.

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