César Chesneau, dit Monsieur Dumarsais ou Du Marsais, né à Marseille le 17 juillet 1676 et mort à Paris le 11 juin 1756, est un grammairien et philosophe français.
César Chesneau, dit Dumarsais, est orphelin de père dès sa naissance. Sa mère « laissa dépérir la fortune de ses enfants par un désintéressement romanesque. » (d'Alembert). Il avait « perdu en très bas âge » deux oncles, qui lui ont légué leur bibliothèque ; sa mère veut vendre les livres. Son fils, âgé de 6 ans, les cachait pour les sauver de la vente, selon d'Alembert dans son Éloge de Dumarsais.
Il entre chez les Oratoriens de sa ville natale et y étudie avec succès. Il entre dans leur congrégation, mais est découragé par le manque de liberté ; il en sort vers l’âge de vingt-et-un ans pour étudier le droit à Paris.
Il s’y marie, et est reçu avocat au Parlement, le 10 janvier 1704.
Il quitte le barreau, pour raisons financières et entre chez le président de Maisons comme précepteur.
Il commence à rédiger son ouvrage sur les libertés de l’Église gallicane, (qui paraîtra à titre posthume). À la mort du président de Maisons, Dumarsais entre comme gouverneur chez le financier Law. Law fait faillite, Dumarsais est dans le dénuement. Le marquis de Beaufremont l'accueille. Il rédige ses Principes de Grammaire ainsi que son Traité des Tropes, son ouvrage majeur.
Il quitte le marquis de Beaufremont, et ouvre un pensionnat dans le faubourg Saint-Victor. Il se charge de quelques éducations particulières, mais son âge le fait renoncer.
Il collabore à l’Encyclopédie. Cette activité (151 articles, signés «F», parus dans les sept premiers volumes terminés avant sa mort) lui assure une modeste aisance. Cette tâche encyclopédique sera reprise à sa mort par le grammairien Nicolas Beauzée (Verdun 1717-Paris 1789).
Le 11 juin 1756, César Chesneau Dumarsais meurt, infirme et dans la misère, à l'âge de 79 ans. Il était en train de rédiger l’article « grammaire » de l’Encyclopédie.
Dumarsais passe pour un esprit net et juste, d’un caractère doux et tranquille. Avec sa faible connaissance des hommes, sa naïveté et sa facilité à dire ce qu’il pense, César Chesneau Dumarsais est surnommé par d’Alembert : le « La Fontaine des philosophes ».
Ses contemporains ont fait l’éloge de sa probité et de sa simplicité. Ses ouvrages montrent une pénétration d’esprit et une érudition étendue.
Ses principaux ouvrages sont :
Traité des Tropes, 1730, son œuvre principale. Dans ce traité de rhétorique, l’auteur expose d’abord ce qui constitue le style figuré, et montre combien ce style est ordinaire, et dans les écrits et dans la conversation ; il détaille l’usage des tropes dans le discours, en appuyant ses observations d’exemples. « Tout mérite d’être lu dans le Traité des Tropes, dit d’Alembert, jusqu’à l’errata ; il contient des réflexions sur notre orthographe, sur ses bizarreries, ses inconséquences et ses variations. On voit dans ces réflexions un écrivain judicieux, également éloigné de respecter superstitieusement l’usage et de heurter en tout pour une réforme impraticable. »[réf. souhaitée] Cet ouvrage n'a pas de succès ; le titre même contribue à l’indifférence du public ; Dumarsais a raconté lui-même que quelqu’un voulant un jour lui faire un compliment, lui dit qu’il venait d’entendre dire beaucoup de bien de son Traité des Tropes, prenant les tropes pour un nom de peuple[réf. souhaitée].
Méthode raisonnée pour apprendre la langue latine, 1722 ; il y présente d’abord les mots dans l’ordre de la construction française avec une version interlinéaire.
Exposition de la doctrine de L'Eglise gallicane par rapport aux prétentions de la Cour de Rome, 1757
Logique et Principes de grammaire, 1769, où il traite la grammaire en philosophe
Il a fourni à l'Encyclopédie de Diderot plus de cent cinquante articles sur la grammaire (volume I-VII) ainsi que l’article « philosophe » en 1765 (volume XII de l'Encyclopédie).
À côté de ses textes philologiques, il est l’auteur d’œuvres de philosophie éditées clandestinement, tels que: