Ce Jour-là

Burundi

Pays d'Afrique de l'Est

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Le Burundi (prononcé : /bu.ʁun.di/ ; en kirundi : /βu.ɾǔː.ndi/), en forme longue la république du Burundi (en kirundi : Republika y'Uburundi), est un pays d'Afrique de l'Est sans accès à la mer mais possédant un grand rivage sur le lac Tanganyika, situé dans la région des Grands Lacs et bordé à l'ouest par la république démocratique du Congo, au nord par le Rwanda et à l'est et au sud par la Tanzanie.

Depuis le 4 février 2019, sa capitale politique est Gitega. Bujumbura, ancienne capitale politique et économique et ville la plus peuplée du pays, est la capitale économique.

Les premiers habitants de la région étaient les ancêtres des Twa, qui représentent moins de 1 % de la population actuelle. Les autres groupes démographiques du pays sont les Tutsi et les Hutu qui constituent respectivement 15 % et 85 % de la population. Le royaume du Burundi est établi en 1680 et dirigé par des rois tutsis qui imposent un système de caste sur la majorité hutue. Le territoire est colonisé en 1885 par l'Empire allemand avant de devenir partie de la colonie belge de Ruanda-Urundi à la suite de la Première Guerre mondiale. L'Allemagne et la Belgique continuent toutes les deux la politique pro-Tutsi précoloniale à travers la monarchie.

Après l'indépendance du pays en 1962, la monarchie est renversée par un coup d'État en 1966 et un gouvernement républicain est établi. Au cours des 27 ans suivants, le pays est dirigé par une série de dictateurs tutsis dans un système à parti unique et éprouve deux autres coups d'État ainsi qu'un génocide des Hutu en 1972. En juin 1993, la première élection présidentielle multipartite dans l'histoire du pays amène au pouvoir Melchior Ndadaye, le premier président Hutu. Son assassinat en octobre 1993 après seulement trois mois au pouvoir provoque un génocide des Tutsi ainsi qu'une guerre civile qui a duré douze ans. En 2000, l'Accord d'Arusha met en place des institutions de partage du pouvoir transitoires, qui seront inscrites dans une nouvelle Constitution en 2005. Depuis la fin de la guerre en 2005, le parti dominant est le Conseil national pour la défense de la démocratie – Forces de défense de la démocratie (CNDD-FDD), une ancienne faction dans la guerre civile à dominante Hutu. Le CNDD-FDD est largement accusé de gouvernance autoritaire et de perpétuer le mauvais bilan des droits de l'homme dans le pays.

Les premières traces archéologiques d'un État burundais remontent au XVIe siècle dans l'Est de ses frontières actuelles.

À partir de 1903, le Burundi fait partie de l'Afrique orientale allemande. Après la Première Guerre mondiale, le pays tombe dans le giron de l'empire colonial belge qui s'appuie sur l'aristocratie tutsi.

L'indépendance du pays est proclamée le 1er juillet 1962, date alors choisie pour célébrer la fête nationale, et le roi Mwambutsa IV établit un régime de monarchie constitutionnelle qui sera aboli en 1966.

« La tribu des Tutsis, qui compte pour 10 à 15 % de la population, y domine et y dépouille de ses droits celle des Hutus, lesquels sont cinq à six fois plus nombreux. Le pouvoir politique central reste un monopole tutsi. En 1987, 13 des 15 gouverneurs de provinces sont tutsis et la totalité de l'armée aussi. » Des heurts ont lieu entre Tutsis et Hutus dans les années 1960. En 1972, l'insurrection des Hutus contre le régime dictatorial du président Michel Micombero (d’origine tutsi) est durement réprimée, les massacres atteignent plusieurs dizaines de milliers de victimes chez les Hutus (estimation : 100 000).

Les conflits latents entre Tutsis et Hutus se poursuivent dans les années 1970 et 1980 et débouchent sur la guerre civile burundaise en 1993. Au début, des milliers de civils tutsis sont massacrés par leurs voisins hutus. Puis, l'armée réagit très violemment comme en 1972 et engage une répression très dure et massacre des Hutus. Au total 50 000 à 100 000 personnes (à majorité hutu) sont tuées.

À la suite de négociations tenues à Arusha sous l'égide des pays de la région et avec la médiation de Julius Nyerere puis de Nelson Mandela, les parties au conflit adoptent l'Accord d'Arusha en 2000. Une nouvelle constitution, de transition, est promulguée le 28 octobre 2001, établissant une alternance « ethnique » du pouvoir, la présidence et la vice-présidence changeant tous les 18 mois, alternant Tutsis et Hutus.

La constitution de 2005 met en place un système de partage du pouvoir de type "associatif" qui vise à garantir la représentation politique de la minorité Tutsi tout en dépolitisant l'ethnicité en encourageant la formation de partis politique multi-ethniques. Le système atteint ces objectifs en mettant en place des quotas ethniques sur les listes électorales (sur trois candidates successifs, au maximum deux peuvent être de la même ethnie).

Le CNDD-FDD (hutu) parvient au pouvoir en 2005 en remportant les élections législatives du 4 juillet 2005. Lors des élections présidentielles du 19 août 2005, l'Assemblée nationale et le Sénat réunis en congrès élisent Pierre Nkurunziza président pour un mandat de 5 ans rééligible une seule fois. 162 parlementaires votent pour Nkurunziza, 9 contre et 2 s'abstiennent. Ce scrutin constitue l'étape finale du processus de paix. Cinq ans plus tard, un congrès extraordinaire du Conseil national pour la défense de la démocratie / forces de défense de la démocratie (CNDD-FDD) désigne le 24 avril 2010, Pierre Nkurunziza comme candidat du CNDD-FDD pour briguer un second mandat à la tête du pays à l'élection présidentielle du 28 juin 2010. Des dirigeants de l'opposition sont arrêtés et cette opposition refuse de participer au scrutin. La campagne est émaillée d'incidents, plusieurs membres de l'opposition sont arrêtés. Pierre Nkurunziza est réélu président avec plus de 91 % des voix, seul candidat de l'élection.

En 2015, Pierre Nkurunziza s'impose en avril comme le candidat du pouvoir pour l'élection présidentielle du 26 juin 2015. Cette décision est contraire à la constitution du Burundi, promulguée en mars 2005. Sa candidature est néanmoins validée par une décision controversée de la Cour constitutionnelle. Une nouvelle crise politique, émaillée à nouveau de violences, s'ouvre.

En mai 2015, une tentative de coup d'État échoue. Cette tentative engendre une répression sanglante de l'opposition de la part du président, avec des centaines de morts et des centaines de milliers de Burundais se réfugiant à l'extérieur du pays. Après plusieurs reports, l'élection présidentielle, jugée illégale et truquée par tous les observateurs de la politique burundaise, se tient finalement en juillet. Le 24 juillet, la commission électorale nationale indépendante proclame Nkurunziza vainqueur avec 69,41 % des suffrages.

La situation économique continue à se dégrader. Début 2020, le général Évariste Ndayishimiye est désigné comme candidat pour l’élection présidentielle du 20 mai 2020 par le parti au pouvoir, pour succéder à Pierre Nkurunziza. Il remporte l'élection présidentielle du 20 mai 2020, en obtenant 68,72 % des voix et devance très largement le principal candidat de l'opposition, Agathon Rwasa, président du Conseil national pour la liberté (CNL), qui réunit 24,19 % des voix.

Durant la période de guerre civile de 1993-2004, plus de 260 000 personnes sont mortes.

Le Burundi est une république multipartite à régime présidentiel où le président de la République occupe la charge de chef d'État et où le Premier ministre occupe la charge de chef de gouvernement. Le pouvoir exécutif est aux mains du gouvernement tandis que les deux chambres du Parlement (le Sénat et l'Assemblée nationale) partagent le pouvoir législatif avec le gouvernement.

L'Assemblée nationale compte 121 sièges répartis en 17 circonscriptions. Parmi les députés, 100 sont élus au suffrage universel direct. Ils doivent provenir à 60 % du groupe hutu et à 40 % du groupe tutsi et compter au moins 30 % de femmes. Si ces quotas ne sont pas atteints, autant de députés supplémentaires qu'il est nécessaire pour les remplir sont cooptés. Trois sièges supplémentaires sont également réservés à des députés twa à coopter.

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