Ce Jour-là

Bujumbura

Capitale économique du Burundi

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Bujumbura (prononcé /buʒumbuʁa/ ; en kirundi : /buʒumbuɾa/) est la capitale économique du Burundi ; jusqu'en 2018, elle en était également la capitale politique — elle a depuis été supplantée par Gitega, plus centrale. Située tout à l'ouest du pays, sur la rive du lac Tanganyika, elle est la plus grande ville du pays avec une population de 1,2 million d'habitants en 2021.

Bujumbura, la capitale économique de la République du Burundi, est située dans l’ouest du pays dans la province de Bujumbura, au bord du lac Tanganyika, un des Grands Lacs en Afrique de l'Est. Ce lac, qui compte plusieurs plages, a une superficie de plus de 32 000 km2 et est le plus profond du monde après le lac Baïkal.

Bujumbura se situe à l'est d'Uvira, au nord de Kigoma et au nord-est de Baraka.

La ville de Bujumbura a aujourd’hui une superficie de 14 500 hectares (d’après la nouvelle délimitation) avec une altitude moyenne de 820 mètres. Le climat, de type tropical, offre un ensoleillement dominant toute l’année et une température moyenne de 23 °C, avec des pics à 28° - 35 °C au cours des périodes les plus chaudes. Bujumbura, comme l’ensemble du pays, connaît deux saisons : saisons sèches et saisons des pluies.

Estimée à 60 000 habitants en Bujumbura 1962, Bujumbura compte actuellement une population résidente d'un million d'habitants. La population active dépasse les 500 000 habitants. Mais cette population (résidente) est inégalement répartie. Elle se regroupe surtout dans les quartiers périphériques du noyau de la capitale où la densité atteint parfois plus de 10 000 hab/km2. Elle est essentiellement jeune. En 1971, 54 % de la population avait moins de 20 ans. Une partie croissante des salariés travaillent dans le secteur tertiaire, tandis que les agriculteurs voient leur surface de terre cultivable diminuer avec l’urbanisation croissante, les poussant à exercer leur activité aux abords de la ville. Bujumbura abrite plus d’une soixantaine de nationalités, notamment rwandaise, congolaise, belge, anglaise, indienne, pakistanaise, arabe, omanaise et française.

Le noyau originel de Bujumbura est un terrain de cent hectares acheté au chef local le 11 août 1897 par des missionnaires allemands. En 1901, Usumbura devint le chef-lieu du district du Rwanda-Urundi et acquit en 1934 le statut de centre extracoutumier, dépendant directement de Léopoldville (Congo belge, l’actuelle République démocratique du Congo). Usumbura s’est développée pour devenir une véritable ville pendant la période de tutelle belge (1922-1962) et l’administration coloniale en fit la capitale du Rwanda-Urundi. En 1960, Usumbura fut érigée en commune urbaine. À la promulgation de la constitution du 16 octobre 1962, le nom « Usumbura » fut remplacé par « Bujumbura ».

Bujumbura acquit le statut de municipalité en 1977 (Décret no 1/26 du 30 juillet 1977 portant réforme de l’organisation communale).

La ville de Bujumbura apparaît comme un agrégat discontinu de quartiers aux visages très différents. Au moment de l’accession du Burundi à l’indépendance en 1962, Bujumbura ne comprenait que quelques petits quartiers. Actuellement[Quand ?], elle compte de nombreux quartiers résidentiels inégalement équipés en infrastructures. Sa zone industrielle s’étend de plus en plus. Progressivement, la ville se transforme et acquiert une silhouette qui la place au même rang que les autres métropoles africaines en voie de modernisation.

Période précoloniale (XIXe siècle)

Le royaume enclavé du Burundi, comme plusieurs pays africains, a dû attendre la colonisation pour être connu par le monde moderne et ainsi bénéficier de ses techniques avancées d’archivage. C’est pour cela que l’histoire du pays avant cette époque est quelque peu vague et l’on doit se reporter aux sources orales traditionnelles pour apprendre comment le Burundi était alors.

La plaine du lac Tanganyika — l’Imbo — où se trouve Bujumbura fait partie du Burundi depuis des siècles. Néanmoins, il n’y a vraiment pas beaucoup à raconter à propos de ce milieu chaud, humide, marécageux et propice aux maladies tropicales, qui n’était pas un endroit vraiment aimé par les Burundais : en fait, ils l’évitaient. La peur de l’Imbo était telle qu’une vieille tradition interdisait à un mwami (roi burundais) de voir le lac sous peine de mort. Quand Mwami Mwezi Gisabo défia involontairement (sous la pression allemande) cette interdiction par sa première visite dans la région — et sa première vision du lac — il mourut mystérieusement pendant son retour à Gitega, le 19 août 1908. En outre, l’histoire — tant traditionnelle que moderne — fait allusion à un marché de Mukaza qui se serait trouvé dans l’emplacement de l’actuel marché central, et autour duquel plusieurs regroupements se seraient créés à partir des années 1850.

Le lac Tanganyika aussi resta bien caché du monde jusqu’aux débuts du XIXe siècle, quand il fut découvert pour la première fois par un Munyamwezi de Zanzibar nommé Lieben Saïd qui, dit-on, aurait effectué son deuxième voyage sur le lac en 1831. En 1844, les Zanzibarites Saïd Bin Habib et Afifi auraient voyagé le long des rives du lac et en 1850 plusieurs Zanzibarites y avaient déjà installé des comptoirs de commerce dont Uvira en l’actuelle République démocratique du Congo.

Vers 1870, les Zanzibarites auraient essayé de prendre le contrôle de toute la plaine de l’Imbo et des régions environnantes dont le royaume du Burundi, mais ils auraient été vaincus par les Abadasigana (l’armée royale) de Mwezi Gisabo. Et pourtant, ils ont quand même pu s’installer dans la région du Buzige (l’actuel Bujumbura) où ils pratiquaient le commerce et le trafic d’esclaves. En 1885, Mohamed Bin Khalfan – connu sous le nom de Rumaliza - était parvenu à contrôler toute la plaine à partir de sa résidence à Magara, et tous les princes et les chefs de Gisabo étaient sous son influence.

Aussi pendant ce temps, des missionnaires ont tenté de s’installer dans le Buzige : les « missionnaires d’Alger » du cardinal Lavigerie ont tenté de s’installer sur les rives septentrionales du lac, mais sans succès, à la suite des conflits d’intérêt entre eux et les Zanzibarites : et ainsi la mission « Saint-Antoine de l’Uzige » (l’actuel Paroisse Saint-Michel) fut fermée en 1879.

Parmi les nombreux visiteurs de la région pendant le XIXe siècle on peut également noter les célèbres explorateurs Richard Francis Burton et John H. Speke (1858), Henry Morton Stanley et David Livingstone (1871 et 1876), et Oscar Baumann dont la visite en 1892 fut suivie de l’établissement de la première station militaire allemande à Kajaga (Mutimbuzi, Bujumbura Rural) en 1896 : cette année marque le début de l’ère coloniale au Burundi.

Pendant la colonisation, Bujumbura, alors connu comme Usumbura (et surnommé Usa) était une ville coloniale dont les habitants étaient exclusivement des non-Burundais. Ceci étant parce qu’il fallait avoir un travail rémunéré pour avoir la permission de résider à Usumbura.

Colonisation belge (1916-1962)

En 1916 quand la Belgique réceptionna le Ruanda-Urundi comme 'territoire sous tutelle', Usumbura fut maintenue comme capitale. Le Ruanda-Urundi, colonie allemande, a été confié à la tutelle de la Belgique à l'issue de la guerre de 1914-1918, par la Société des Nations, ancêtre de l'ONU.

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