Ce Jour-là

Buenaventura Durruti

Anarchiste espagnol (1896-1936)

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Buenaventura Durruti Dumange (León, 14 juillet 1896 - Madrid, 19 novembre 1936) est l'une des figures principales de l'anarchisme espagnol avant et pendant la révolution sociale espagnole de 1936, initiée par la guerre civile.

Après une période d'apprentissage en tant que métallurgiste, il entre comme ouvrier mécanicien à la Compañía de los Caminos de Hierro del Norte de España. Il participe au mouvement de grève de 1917, est licencié et intègre la Confédération nationale du travail (CNT). Durruti, poursuivi pour ses activités politiques, s'exile en France. À son retour en Espagne, il rejoint la Fédération anarchiste ibérique (FAI). En 1919, il est arrêté pour désertion, s'évade et gagne Paris, où il rencontre des figures majeures du mouvement anarchiste comme Sébastien Faure ou Émile Cottin.

Il revient début 1920 en Espagne et participe, notamment avec Francisco Ascaso, Juan García Oliver et Ricardo Sanz, aux « groupes d'action directe » Los Justicieros et Los Solidarios.

Poursuivi par la police, il se réfugie en Amérique latine puis revient en France, où il est incarcéré pour une tentative d'attentat contre le roi Alphonse XIII. Libéré, il vit quelque temps en Belgique où il est actif au Comité International anarchiste.

Avec l'avènement de la Seconde République espagnole en 1931, Durruti gagne Barcelone et intègre le groupe Nosotros. Partisan de la ligne insurrectionnelle, avec entre autres Isaac Puente et Cipriano Mera, qui s'impose alors dans la CNT, il participe à différents soulèvements révolutionnaires en 1931, 1933 et 1935, ce qui lui vaut plusieurs incarcérations.

Lors du coup d'État du 18 juillet 1936, il organise la résistance victorieuse contre les nationalistes à Barcelone. Membre du Comité central des milices antifascistes de Catalogne, le 24 juillet, il rejoint le front d'Aragon avec une colonne de 3 000 hommes, plus tard connue sous le nom de « Colonne Durruti ». Durant cette campagne, il encourage la collectivisation des terres et la création du Conseil régional de défense d'Aragon. Il s'oppose à la militarisation des milices et à la participation de la CNT-FAI au gouvernement.

Le 13 novembre 1936, il est appelé avec sa colonne pour défendre Madrid. Il est tué le 19 dans des circonstances peu claires, par un coup de feu tiré de l'arme de l'un de ses soldats. Le 23, son enterrement à Barcelone, au cimetière de Montjuïc, rassemble plus de 250 000 personnes[réf. nécessaire].

Durruti naît à León dans une famille ouvrière. Il est le deuxième des huit enfants de Santiago Durruti, cheminot de profession, et d'Anastasia Dumange. Santa Ana est un quartier modeste constitué de maisons exiguës et anciennes habitées par les ouvriers de la ville. Durruti va à l'école de la Rue de la Misericordia. C'est un bon élève.

En 1903, son père, membre de l'UGT (Union General de Trabajadores), est emprisonné pour participation à la grève des corroyeurs, qui revendique la journée de huit heures. Cette grève qui dure neuf mois affecte durement l'économie familiale. Buenaventura Durruti passe dans une autre école plus modeste. En 1910, à l'âge de quatorze ans, Durruti abandonne les études et apprend le métier de mécanicien sous la tutelle de Melchor Martínez, un socialiste ayant une certaine réputation de révolutionnaire à León. Pendant deux ans, Melchor Martínez lui enseigne la mécanique et le socialisme. Durruti passe ensuite dans l'atelier d'Antonio Mijé où il se spécialise dans le montage de machines servant au nettoyage des minerais extraits des mines.

En 1912, sous l'influence de son père et de Melchor Martínez, il entre à l'Union des métallurgistes, association faisant partie de l'UGT, mais il ne tardera pas à s'éloigner de ce socialisme trop modéré à son goût. Durruti quitte son travail de mécanicien et travaille comme monteur dans la ville de Matallana de Torio. Il participe avec les ouvriers de l'usine au licenciement d'un des ingénieurs de l'usine. En revenant à León, Durruti s'aperçoit que la Guardia civil le surveille.

La grève de 1917 et l'exil en France

Durant l'été de 1917, l'UGT lance une grève à laquelle Durruti participe activement. C'est à ce moment que Durruti est expulsé de l'UGT en raison de ses positions révolutionnaires. Le gouvernement espagnol fait appel à l'armée pour faire cesser cette grève ; plus de 500 travailleurs sont tués ou blessés, et 2 000 grévistes sont emprisonnés sans procès légal ou juste. Durruti est de ces jeunes saboteurs qui prônent l'insurrection ouvrière. Le syndicat les désavoue et ils sont licenciés. En septembre, Durruti se réfugie à Gijón, puis, toujours recherché, passe en France.

Durant son exil, jusqu'en 1920, Durruti travaille à Paris comme mécanicien. Il y rencontre Sébastien Faure, Louis Lecoin et Émile Cottin ainsi que des anarchistes espagnols exilés militant à la CNT. Puis il décide d'aller à Barcelone où il devient membre de la CNT.

En octobre 1922, à Barcelone, avec Joan García Oliver (1901-1980), Francisco Ascaso (1901-1936) et Ricardo Sanz (1898-1986) il fonde Los Solidarios (Les Solidaires). En 1923, le groupe dévalise la Banque d'Espagne à Gijón. L'argent sert à venir en aide aux familles de militants emprisonnés. Des membres de Los Solidarios essayent sans succès de tuer le roi d'Espagne Alphonse XIII. Toujours en 1923, le groupe est impliqué dans l'assassinat du cardinal de Saragosse Juan Soldevilla y Romero en représailles de l'assassinat commandité par Soldevila du militant anarchiste Salvador Seguí. Le cardinal Soldevila était le principal bailleur de fonds des pistoleros à la solde du patronat qui exécutaient les meneurs ouvriers[réf. nécessaire].

En 1924, l'anarchiste belge Hem Day l'accueille chez lui à Bruxelles avec Francisco Ascaso et les aide à rejoindre Cuba.

Ils poursuivent vers l’Argentine, puis le Chili où ils mènent des attaques contre des banques afin de récolter des fonds dans le but de libérer des camarades emprisonnés.

Durruti traverse plusieurs pays sud-américains puis revient en Europe.

En France, en 1927, il est emprisonné avec Francisco Ascaso et Gregorio Jover (1891-1964) en raison de leurs activités révolutionnaires. Commence alors, à l'initiative du Comité international du droit d’asile (CIDA) animé par Nicolas Faucier et de Louis Lecoin, une grande campagne en faveur de l'amnistie des trois militants anarchistes qui aboutit à leur libération.

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