Ce Jour-là

Buchenwald

Camp de concentration nazi en Thuringe, de 1937 à 1945

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Buchenwald est un camp de concentration nazi créé en juillet 1937 sur la colline d'Ettersberg près de Weimar, en Allemagne. Destiné initialement à enfermer des opposants au Troisième Reich, pour la plupart communistes ou sociaux-démocrates, il reçoit par la suite quelque 10 000 juifs arrêtés lors de la nuit de Cristal en 1938, ainsi que des Tsiganes, des homosexuels, des Témoins de Jéhovah, des opposants politiques et des prisonniers de droit commun. Pendant la Seconde Guerre mondiale, des prisonniers de guerre y sont également envoyés. Les prisonniers politiques y ont organisé une résistance.

Camp de concentration nazi : 1937-1945

L'origine du camp de Buchenwald, mis en service à la fin juillet 1937, remonte à la décision prise le 20 mai 1936 par Fritz Sauckel, représentant du Reich en Thuringe, et par Theodor Eicke (inspecteur des camps de concentration à cette époque) de déplacer, « pour des raisons de sécurité », le camp de concentration de Lichtenburg vers la Thuringe. Comme celui de Sachsenhausen, ce camp de Thuringe, prévu pour 8 000 détenus, devra être un camp de concentration d'un type nouveau, combinant « de manière optimale » les intérêts organisationnels, politiques et économiques de la SS.

Le site du camp n'est définitivement choisi que quatre mois plus tard, à savoir la colline de l'Ettersberg près de Weimar, ville symbole des auteurs classiques de la culture de l'Allemagne tels que Goethe, Schiller, Nietzsche…

Le camp est baptisé Buchenwald (hêtraie en français), officiellement KL Buchenwald bei Weimar ; le nom d'Ettersberg, où se trouve le vieux chêne à l'ombre duquel Goethe venait méditer, selon la légende, utilisé au départ, est abandonné parce que trop fortement associé à celui de Goethe.

Les premières baraques sont construites sur le versant nord, entièrement boisé, d'une superficie de 190 ha. Le 15 juillet 1937, 149 prisonniers qualifiés pour les travaux de construction sont amenés du camp de Sachsenhausen. Ils doivent défricher, installer les canalisations d’eau, poser les installations électriques et construire les voies d'accès et de circulation, les bâtiments du camp, un manège pour chevaux, les villas des SS, etc. Les conditions de travail, l'encadrement par les triangles verts et le manque d'équipements appropriés causent de nombreuses victimes. La clôture du camp est électrifiée (tension de 380 V), tandis que le portail d'entrée s'orne de l'inscription de fer forgé : Jedem das Seine (« À chacun son dû »).

Buchenwald a eu deux commandants nommés par l’inspection des camps de concentration :

le SS-Standartenführer Karl Otto Koch, de juillet 1937 à décembre 1941 ;

le SS-Oberführer Hermann Pister, de janvier 1942 à avril 1945.

Ils sont tous deux issus de milieux sociaux modestes, combattants de la Première Guerre mondiale et sont devenus membres de la SS avant 1933. Karl Koch privilégie la violence et l'ordre, Pister l'organisation et l'efficacité.

Koch a successivement eu cinq adjoints : Harting Block (1937), Johannes Wellershaus (1937), Hans Hüttig (1938-39), Hermann Hackmann (1939-40) et Heinz Büngeler (1941-42).

Sous le mandat de Koch, les blockführer et kommandoführer ont tout pouvoir sur les internés. Après le départ de Büngeler, Pister n’aura qu’un adjoint, Hans-Theodor Schmidt.

Jusqu’en 1942, les SS mènent eux-mêmes les interrogatoires, bien souvent par la violence. Une annexe de la Gestapo est alors créée dans le camp sous le nom de « Section politique » (Politische Abteilung (KZ)). Elle interroge et torture les prisonniers et elle surveille les activités politiques des prisonniers grâce à un réseau d’espions. De 1942 à 1945, le responsable en est Walter Serno.

La section III établit l’emploi du temps des prisonniers et obtient leur soumission absolue.

Chaque journée commence et se termine par le long décompte des détenus qui a lieu sur la place d'appel et auquel la quasi-totalité d'entre eux doivent participer, et ce jusqu'à ce qu’ait lieu l'enregistrement de l'effectif.

Le premier Lagerführer, le SS le plus puissant après le commandant, règne sans partage sur le camp. Il nomme les prisonniers fonctionnaires, ordonne les contrôles des blocks et dicte les mesures de terreur quotidienne. Les führer successifs du camp de Buchenwald sont décrits comme brutaux et fantasques, parfois même ivrognes notoires. Parmi eux Jakob Weiseborn, Arthur Rödl, Hermann Florstedt et Hans Hüttig ont été plus tard nommés commandants d'autres camps de concentration.

Comme dans d'autres camps, les SS recrutent, parmi les prisonniers, le personnel qui doit effectuer à leur place le travail routinier. Ils délèguent à certains une partie du travail d'administration et d'intendance. Ainsi apparaît une classe de prisonniers fonctionnaires, qui d'après leurs compétences et leur poste, se répartissent en trois groupes :

les prisonniers fonctionnaires responsables de groupes ayant un pouvoir de sanction : doyens de camp, doyens de block, kapos et contrôleurs ;

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