Bruno Retailleau, né le 20 novembre 1960 à Cholet (Maine-et-Loire), est un homme politique français. Il est ministre de l'Intérieur du 21 septembre 2024 au 12 octobre 2025 dans les gouvernements Barnier, Bayrou et Lecornu I.
Élu en 1988 au conseil général de la Vendée, qu'il préside de 2010 à 2015, il est député de 1994 à 1997 puis sénateur de la Vendée de 2004 à 2024 et depuis 2025. Il préside également le conseil régional des Pays de la Loire de 2015 à 2017.
D'abord membre du Mouvement pour la France de Philippe de Villiers, qu'il quitte en 2010, il adhère à l'Union pour un mouvement populaire puis au parti Les Républicains dont il préside le groupe au Sénat de 2014 à 2024 et dont il échoue à devenir président en 2022 face à Éric Ciotti. Il est également président du club de réflexion politique Force républicaine depuis 2017.
Il devient ministre de l'Intérieur au sein du gouvernement Barnier après les élections législatives de 2024, poste auquel il est reconduit dans le gouvernement Bayrou et le premier gouvernement Lecornu avec le statut de ministre d'État. Durant son année place Beauvau, il se montre ferme sur l'immigration et vis-à-vis de l'Algérie, et se démarque par ses propos sur l'État de droit et la politique d'Emmanuel Macron dont il est pourtant l'un des principaux ministres.
Sa notoriété se renforce en parallèle, en particulier parmi les adhérents et sympathisants des Républicains. Bénéficiant de cette dynamique, il est élu président du parti face à Laurent Wauquiez en 2025. Son hostilité à la présence de Bruno Le Maire au sein du premier gouvernement de Sébastien Lecornu pousse le nouveau Premier ministre à présenter sa démission quelques heures après la composition de son gouvernement. Bruno Retailleau refuse de participer au gouvernement suivant et retrouve son siège de sénateur. Il est désigné candidat des Républicains pour l'élection présidentielle de 2027 lors d'une consultation interne des militants du parti.
Il est généralement considéré comme faisant partie de l’aile droite des Républicains.
Fils d'un négociant en grains, Bruno Retailleau naît le 20 novembre 1960 à Cholet. Aîné d'une famille de quatre enfants, il grandit à Saint-Malô-du-Bois, commune du canton de Mortagne-sur-Sèvre, dans le bocage vendéen et à sept kilomètres du Puy du Fou. Son grand-père Lucien puis son père Michel ont été maires de son village d’enfance, Saint-Malô-du-Bois.
Il apprend l'équitation à l'âge de 10 ans, et s'intéresse au dressage ainsi qu'au cheval ibérique.
Il étudie au lycée Saint-Gabriel de Saint-Laurent-sur-Sèvre en Vendée, établissement dont l’enseignement représente l’une des trois branches de la spiritualité montfortaine et mariale.
Entre 1982 et 1983, Bruno Retailleau effectue son service militaire à Saumur, d’abord au sein de l'École d'application de l'arme blindée cavalerie où il est élève officier de réserve ; il accède ensuite au grade d'aspirant et rejoint un corps de troupe, selon ce parcours standard.
Bruno Retailleau est diplômé de l'Institut d'études politiques de Paris (service public, 1985) après une maîtrise de sciences économiques à l'université de Nantes.
Catholique pratiquant, il est marié à une médecin et père de trois enfants. Il n'a pas de lien de parenté avec Sylvie Retailleau, ancienne ministre de l'Enseignement supérieur.
Passionné d'équitation, c'est en participant comme cavalier bénévole à La Cinéscénie du Puy du Fou (en Vendée) que Bruno Retailleau est repéré, dès l’âge de 17 ans, par Philippe de Villiers. Ce dernier, créateur du spectacle, en fait vite son second et lui confie en 1987 la mise en scène de La Cinéscénie pour une période qui va durer vingt-deux ans.
En 1989, à la création de la société anonyme du « Grand Parc » (initialement « Le Grand Parcours »), qui gère le parc d'attractions associé à la Cinéscénie, il en devient le président.
Retailleau devient membre du Mouvement pour la France (MPF), le parti politique de Philippe de Villiers dès 1994 et évolue pour atteindre diverses responsabilités au département, à l'Assemblée nationale, au Sénat.
En 1997, il est impliqué dans un scandale de tricherie lors de l'émission Intervilles, où il aide son équipe à gagner en relayant des informations fournies par l'animateur Olivier Chiabodo. Ce scandale, révélé par Le Canard enchaîné et l'émission Arrêt sur images, conduit au licenciement de Chiabodo. Bruno Retailleau n'a jamais nié les faits mais ne les a pas commentés publiquement.
Le MPF se radicalise au milieu des années 2000, ce qui dérange Retailleau. Le Premier ministre François Fillon lui propose par deux fois d'entrer dans ses gouvernements, ce qu'il refuse pour rester dans le parti.
En janvier 2010, Retailleau est exclu brutalement de la société du Puy du Fou, sans explication, même si un différend politique pourrait l'expliquer, selon certains médias. L’ouvrage Puy du Fou : La grande trahison (2019) de Christine Chamard — ancienne journaliste et ancienne bénévole au Puy du Fou pendant près de vingt ans — relate l'exclusion à main levée le 23 décembre 2009, par le comité directeur, du metteur en scène de la Cinéscénie, Bruno Retailleau. À la suite de son exclusion du parc, ce dernier quitte aussi le MPF en 2010.