Ce Jour-là

Britannicus

Fils de Claude et Messaline

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Tiberius Claudius Cæsar Germanicus, appelé ultérieurement Britannicus (12 février 41 – v. le 11 février 55), est le fils de l'empereur Claude et de sa troisième femme Messaline. Selon Tacite, il est assassiné à la veille de ses quatorze ans par son frère adoptif, l'empereur Néron, qui l'aurait empoisonné lors d'un banquet. C'est Locuste qui aurait confectionné un poison foudroyant sur ordre de Néron.

La vie de Britannicus illustre les problèmes de succession au début de l'Empire romain et les implacables luttes pour le pouvoir au sein de la dynastie julio-claudienne.

Sa mort prématurée inspira la tragédie Britannicus de Jean Racine, qui met en scène la dernière journée du jeune homme.

Les Annales de Tacite et la Vie des douze Césars de Suétone sont les principales sources latines qui relatent cette période. Cependant, les deux historiens ont écrit environ cinquante ans après les événements, durant une période où Néron était (déjà) dénigré. Le tableau qu'ils dressent de ces événements est particulièrement sombre et les arrière-pensées qu'ils prêtent aux protagonistes, sans concession. Il n'est pas toujours aisé de distinguer la part du récit romanesque de celle d'une recherche historique « sérieuse ». Même si, de par leurs fonctions, ils avaient accès à des archives officielles et des documents de première main, leurs propres sources sont cependant très rarement explicitement données. Les deux historiens sont certainement influencés par la société dans laquelle ils vivaient et pour laquelle ils écrivaient. Leur tendance à noircir le tableau et à considérer les acteurs principaux comme des criminels souvent dégénérés, et leur manque d'esprit critique, voire leur crédulité, sont aujourd'hui dénoncés et on attribue en partie la sévérité de leur jugement à leurs a priori idéologiques, voire leur « philosophie politique ». Tacite est, par exemple, considéré comme le grand détracteur de Néron ; Suétone comme exprimant les intérêts politiques du Sénat et des chevaliers romains. Les récits des historiens romains postérieurs au règne de Néron soulèvent ainsi des interrogations sur la fiabilité de ces témoignages de « seconde main ».

En 38, Claude, âgé alors de presque 50 ans et qui n'est pas encore empereur, épouse Valeria Messalina. En 40, elle donne naissance à une fille Octavie et le 12 février 41, elle met au monde Britannicus, à peine trois semaines après que Claude eut accédé au principat. Britannicus est donc l'héritier direct de Claude, le Spes augusta, l'espoir de la famille impériale, il est voué à être montré au peuple et aux soldats.

En 43, à la suite des victoires de Claude en Bretagne, le Sénat romain lui accorde un triomphe et le nom honorifique de Britannicus. Son nom complet est désormais Tiberius Claudius Cæsar Augustus Germanicus Britannicus. Pourtant, Claude ne se fera jamais appeler Britannicus, mais il transmet ce nom à son fils.

Nous possédons peu d'informations sur l'éducation de ce dernier. Tacite mentionne comme tuteur un précepteur du nom de Sosibius. En tant que fils de l'Empereur, Britannicus reçut sans doute la meilleure éducation, mais à partir de 51, sa situation se détériore rapidement. Agrippine, la nouvelle Augusta, tire en effet prétexte du premier affrontement entre les deux « frères » pour prendre le contrôle total de l'entourage de Britannicus.

« Un jour qu'ils se rencontrèrent, Néron salua Britannicus par son nom et l'autre appela son frère Domitius. Agrippine rapporte le fait à son mari, en s'en plaignant beaucoup, disant que c'était le début de la discorde : apparemment on ne tenait pas compte de l'adoption, et l'avis donné par les Pères, le commandement du peuple, tout cela était aboli dans la famille, et si l'on n'éloignait pas les maîtres qui enseignaient pareille hostilité, elle finirait par une catastrophe pour l'État. Touché par ces arguments, à ses yeux autant d'accusations, Claude fait exiler ou punir de mort tous les meilleurs précepteurs de son fils et impose pour le surveiller des hommes choisis par sa belle-mère. »

— Tacite, Annales, Livre XII, 3.

Tacite précise en outre que, sur la fin, « l'entourage immédiat de Britannicus était formé de gens sans foi ni loi », et que lors de la première tentative d'empoisonnement, ce sont ses propres précepteurs qui lui administrèrent le poison.

De nombreuses rumeurs couraient sur le libertinage de Messaline. Rumeurs en partie fondées, Messaline n'hésitant pas à user de ses charmes à des fins politiques. L'affaire à l'origine de sa chute concerne Decimus Valerius Asiaticus, un sénateur que Messaline avait dépouillé de ses biens, notamment les magnifiques Jardins de Lucullus et qui garde une rancœur contre la famille impériale. Les affranchis de la cour, tel Narcisse, avaient une grande emprise sur Claude et considéraient les activités de Messaline intolérables et la percevaient de plus en plus comme un danger. Pour leur faire face, Messaline chercha des soutiens chez les sénateurs et les chevaliers qui cherchaient à retrouver leur influence perdue à la cour. Pour garantir cette influence, les sénateurs avaient besoin d'un gage de bonne foi de la part de l'impératrice.[réf. nécessaire]

Selon Suétone et Tacite, Messaline avait alors épousé l'un des sénateurs, consul désigné pour l'année 47, C. Silius, qui aurait également accepté d'adopter Britannicus.

Des historiens actuels, comme Barbara Levick, estiment que ce mariage a été plus une mascarade qu'une véritable célébration : pour épouser Silius, Messaline aurait dû désavouer Claude et elle aurait perdu ainsi sa place d'Augusta. Cette interprétation n'est cependant pas partagée par l'historien Paul Veyne, qui relève que le divorce romain, tout comme le mariage, était un acte privé et informel. On pouvait ainsi divorcer de son époux sans même prendre la peine de le mettre au courant de la nouvelle situation.

En 47, le mariage de Messaline avec Silius remonta jusqu'aux oreilles de Claude par le biais de Narcisse. Une fois informé, et après une très brève enquête qu'il mène lui-même, Claude fait mettre à mort la plupart des comploteurs, dont Silius, qui réclame seulement une mort rapide. Il ordonne également d'en finir avec Messaline. Un ordre que Narcisse se hâte d'accomplir avant que l'hésitant Claude ne change d'avis. Messaline est exécutée dans les jardins de Lucullus par les sbires de Narcisse.

« Ce qui aida à faire oublier Messaline fut que le Sénat décida que l'on ôterait son nom et ses portraits des lieux publics et privés. On décréta pour Narcisse les insignes de questeur, honneur bien mince au prix de son orgueil, alors qu'il s'était élevé au-dessus de Pallas et de Calliste. »

— Tacite, Annales, Livre XI, 38 3-4.

Après l'assassinat de Messaline, Claude doit se remarier pour réaffirmer sa position. Narcisse lui propose la main d'Ælia Pætina, jugée inoffensive. Une autre candidate est la dernière fille vivante de Germanicus : Agrippine la Jeune, sœur de Caligula. Seul problème, elle est la nièce de Claude et les mariages entre nièce et oncle, considérés comme incestueux, sont interdits. Le mariage de Claude et d'Agrippine a donc lieu le lendemain de la validation d'une loi sénatoriale autorisant les mariages entre oncles et nièces. En 49, quand Agrippine épouse Claude, elle a déjà un fils, Néron, né en 37 d'un précédent mariage avec Gnæus Domitius Ahenobarbus. Néron est plus âgé que Britannicus et Agrippine va tout faire pour que son fils soit reconnu comme le successeur de l'empereur.

Claude meurt opportunément le 13 octobre 54. De nombreuses sources latines considèrent qu'Agrippine a joué un rôle dans la mort de l'empereur, mais Suétone donne la chose comme simplement probable. Sénèque, alors tuteur de Néron, parle, quant à lui, de mort naturelle. L'empoisonnement de Claude reste donc objet de discussions.

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