Brindisi (en italien : prononcé /ˈbrindizi/, ; en brindisien : Brìnnese), en français Brindes, est une ville italienne d'environ 80 000 habitants, chef-lieu de la province homonyme, dans les Pouilles.
Son emplacement privilégié sur la côte adriatique a conféré à son port un rôle commercial et culturel de haute envergure pour la majeure partie de son histoire. La ville a occupé la fonction de capitale en tant que siège provisoire du gouvernement du royaume d'Italie entre 1943 et 1944.
Brindisi est située sur un port naturel, au milieu d'une anse qui s'avance profondément dans la côte adriatique des Pouilles. Au fond de la baie se trouvent les îles Pedagne, minuscule archipel inaccessible au public en raison de son exploitation à des fins militaires (s'y trouve une base construite par l'ONU lors de l'intervention en Bosnie).
L'ensemble du territoire municipal appartient à la plaine de Brindisi, à forte vocation agricole. La ville occupe l'extrémité nord-est de la plaine du Salento, à environ 60 km de la Valle d'Itria et des premiers contreforts des basses Murge. La réserve naturelle nationale de Torre Guaceto est proche du centre-ville. La mer Ionienne se trouve à environ 60 km.
La commune de Brindisi occupe une vaste plaine d'où affleurent des dépôts calcaires et sableux d'origine marine, qui recouvrent eux-mêmes une couche argileuse plus profonde datant du Pléistocène ainsi qu'une couche carbonatée plus récente, composée de calcaires mésozoïques. Le développement de l'agriculture intensive a entraîné une augmentation de la consommation d'eau, mais aussi une utilisation excessive et non raisonnée de celle-ci.
Le nom de Brindisi est dérivé du latin Brundisium, lui-même issu, via le grec ancien Βρεντέσιον (Brentesion), du messapien brention, que l'on peut traduire par « ramure de cerf » (cf. lien phylogénétique avec l'albanais bri, « corne », du proto-albanais *brina), en référence à la forme caractéristique de son port naturel ramifié, qui évoque les bois d'un cerf.
Le toponyme francisé Brindes est également employé, en particulier dans un contexte historique. Il sert encore parfois à identifier le célèbre saint de la ville : Laurent de Brindes (Lorenzo da Brindisi).
Sur le promontoire maritime de Punta le Terrare, un peuplement regroupé et fortifié de l'âge du bronze moyen (xvie siècle av. J.-C.) ayant livré des fragments de céramiques mycéniennes a été mis au jour. Hérodote suggère que les habitants de la région étaient d'origine mycénienne. La nécropole de Tor Pisana, au sud de la vieille ville de Brindisi, a livré des vases proto-corinthiens de la première moitié du viie siècle av. J.-C. Ces découvertes attestent de la persistance des relations commerciales entre la Brindisi messapienne avec la rive opposée de l'Adriatique et les populations grecques de la mer Égée.
Brundisium est conquise par les Romains en 267 av. J.-C., qui en font rapidement leur port de prédilection pour l'embarquement et le débarquement de leurs armées mandatées en Grèce et en Orient. À cette fin, elle est reliée à Rome par les tracés de la Via Appia et de la Via Traiana. Elle vit la naissance de Pacuvius, grand poète tragique latin ; Agrippine y débarqua avec les cendres de Germanicus ; le célèbre poète Virgile y mourut le 21 septembre 19 av. J.-C., à son retour de Grèce.
Siège épiscopal depuis les débuts de l'époque apostolique, Brindisi représente l'un des centres de l'évangélisation de la région. Après la chute de l'Empire romain d'Occident, elle est prise par les Ostrogoths à la fin du ve siècle. Conquise par les forces lombardes de Romuald en 674 puis assiégée par les Sarrasins en 838, elle repasse sous la domination de Byzance jusqu'au xie siècle.
À sa conquête par les Normands, en 1070, elle est intégrée à la principauté de Tarente et au duché d'Apulie, gouvernée par les comtes de Conversano. Elle est faite ville royale sur ordre de Roger II à la suite de la révolte baronniale de 1132 et recouvre une partie de son antique splendeur : le siège épiscopal lui est réattribué, avec l'érection d'une nouvelle cathédrale ainsi que d'un château muni d'un arsenal flambant neuf, tandis qu'elle redevient un port privilégié pour la Terre sainte à l'époque des croisades.
C'est notamment dans la cathédrale de Brindisi que furent célébrés le mariage du jeune prince Roger puis celui de l'empereur Frédéric II de Hohenstaufen avec Isabelle de Brienne le 9 novembre 1225, et ce dernier s'embarqua pour la sixième croisade depuis son port en 1227.
Brindisi est durement affectée par la peste noire, qui dévaste sa population.
De 1496 à 1509, Brindisi est sous la suzeraineté de Venise avant de passer sous domination espagnole.
Sous le régime des Bourbons, le roi Ferdinand IV de Naples ordonne en 1775 la reconstruction du port de la ville afin de permettre sa réouverture après des siècles de négligence et d'ensablement.
Peu après son annexion au royaume d'Italie (1860), l'ouverture du canal de Suez en 1869 lui assure une grande prospérité.
Durant la Seconde Guerre mondiale, de septembre 1943 à février 1944, le roi d'Italie Victor-Emmanuel III et ses partisans s'y réfugient, faisant de Brindisi le siège provisoire du gouvernement italien.
L'église San Benedetto, construite vers 1090 pour des moniales bénédictines, possède un clocher et un cloître de style roman.