Ce Jour-là

Brigitte Mohnhaupt

Militante et ex-terroriste allemande

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Brigitte Margret Ida Mohnhaupt (née le 24 juin 1949 à Rheinberg, Rhénanie-du-Nord-Westphalie) est une militante allemande d'extrême-gauche, ancienne terroriste membre de la Fraction armée rouge (RAF) de 1970 à 1982.

Avec Christian Klar, sorti de prison fin 2008, celle que la presse allemande a appelé la « femme la plus dangereuse d'Allemagne », est considérée comme la principale organisatrice de plusieurs actions sanglantes qui avaient semé la terreur en Allemagne à la fin des années 1970. L'organisation s'était dissoute en 1998.

En 1977 dans le cadre des attentats de la RAF en Allemagne, elle est impliquée dans plusieurs assassinats dont ceux de Hanns Martin Schleyer, du procureur général fédéral Siegfried Buback et du banquier Jürgen Ponto, et dans plusieurs autres tentatives d'assassinats.

Arrêtée le 11 novembre 1982, elle est condamnée en 1985 à Stuttgart à la réclusion criminelle à perpétuité assortie d'une période de sûreté de vingt-quatre ans eu égard à la « particulière gravité des faits ».

Le 12 février 2007, le tribunal de grande instance de Stuttgart considère qu'elle ne présente plus de danger, et accepte sa mise en liberté à l'issue de sa période de sûreté, qui aurait dû avoir lieu le 27 mars 2007.

Elle est libérée le 25 mars 2007 de la prison d'Aichach, deux jours avant la date prévue.

Brigitte Mohnhaupt, après un passage dans les rangs du « Collectif socialiste des patients » (SPK, Sozialistisches Patientenkollektiv), intègre, après la dissolution du SPK, en 1971, la Fraction armée rouge, et prend rapidement en charge l'organisation, la logistique et l'approvisionnement en armes du groupe.

Le 9 juin 1972, Brigitte Mohnhaupt est arrêtée à Berlin et condamnée à une peine de quatre ans et huit mois de prison, pour participation à une organisation criminelle, falsification de pièces d'identité et détention illégale d'armes.

En 1976, peu après le suicide d'Ulrike Meinhof dans sa cellule, Brigitte Mohnhaupt demande son transfert à la prison de Stammheim, à Stuttgart, où étaient détenus plusieurs autres membres de la RAF, tels qu'Andreas Baader, Gudrun Ensslin et Jan-Carl Raspe, qui l'auraient convaincue de prendre la tête, dès sa libération, de ce que l'on appellerait la « seconde génération » de la Fraction armée rouge.

De fait, dès sa libération, intervenue le 8 février 1977, Brigitte Mohnhaupt plonge immédiatement en clandestinité et réorganise rapidement un nouveau réseau comprenant notamment Christian Klar et Adelheid Schulz.

Le 7 avril 1977, un commando à motocyclette, comprenant Brigitte Mohnhaupt, Christian Klar, Knut Folkerts et Günter Sonnenberg, ouvre le feu sur la voiture de fonction de Siegfried Buback, avocat général à la Cour fédérale de justice de Karlsruhe et adversaire résolu de la Fraction armée rouge, tuant les trois occupants du véhicule, soit M. Buback, son chauffeur et un de ses collaborateurs.

Le 30 juillet 1977, Brigitte Mohnhaupt, Christian Klar et Susanne Albrecht tentent d'enlever à son domicile d'Oberursel, près de Francfort, le banquier Jürgen Ponto, président du directoire de la Dresdner Bank. Devant la résistance du banquier, celui-ci est tué à bout portant de cinq coups de feu. Il semble établi que le choix des terroristes s'est porté sur M. Ponto en raison des liens qui l'unissaient à Susanne Albrecht, qui était sa filleule.

Le 5 septembre 1977, un commando de la RAF, comprenant notamment Christian Klar et Brigitte Mohnhaupt, enlève à Cologne Hanns-Martin Schleyer, président de la Confédération des associations patronales allemandes (Bundesvereinigung der Deutschen Arbeitgeberverbände), tuant au passage son chauffeur et ses trois gardes du corps. L'attentat est rapidement suivi d'une revendication qui exige la libération d'Andreas Baader, Gudrun Ensslin et Jan-Carl Raspe, condamnés en avril à la réclusion criminelle à perpétuité.

Le 13 octobre, un commando palestinien s'empare d'un avion de la Lufthansa, avec 91 passagers à son bord, et exige à son tour la libération des prisonniers de Stammheim. Après un périple ayant successivement conduit l'appareil en Italie, à Chypre, au Bahreïn et à Dubaï, l'avion fait escale à Aden le 16 octobre, et les preneurs d'otage assassinent alors le commandant de bord de l'avion, avant que celui-ci ne reparte pour Mogadiscio, en Somalie. Le 18 octobre, un commando d'élite allemand prend d'assaut l'avion immobilisé sur l'aéroport de Mogadiscio, et parvient à libérer tous les otages, après avoir tué trois des quatre terroristes. Le même jour, les trois prisonniers sont retrouvés morts dans leurs cellules de la prison de Stammheim, Andreas Baader et Jan-Carl Raspe étant semble-t-il décédés de blessures par balles, tandis que Gudrun Ensslin est retrouvée pendue, et qu'une quatrième prisonnière, Irmgard Möller, est elle aussi retrouvée atteinte de plusieurs lacérations à la poitrine, mais survit à ses blessures. L'enquête n'a jamais pu déterminer comment les prisonniers auraient pu se procurer les armes à feu leur ayant servi pour se suicider ou tenter de se suicider. La thèse officielle du suicide est controversée. Irmgard Möller affirmera plus tard qu'il s'agissait d'assassinats.

Le 19 octobre, le corps de Hanns-Martin Schleyer, tué de plusieurs balles dans la tête, est retrouvé dans le coffre d'une voiture à Mulhouse, en France.

Le 11 mai 1978, un commando composé de Brigitte Mohnhaupt, Sieglinde Hofmann, Rolf-Clemens Wagner et Peter-Jürgen Boock, est arrêté à Zagreb par la police yougoslave. Les autorités yougoslaves tenteront pendant plusieurs mois de négocier l'extradition de Brigitte Mohnhaupt contre la libération de plusieurs prisonniers yougoslaves, marché auquel la République fédérale d'Allemagne refusera de participer.

En novembre 1978, les autorités yougoslaves libèrent Brigitte Mohnhaupt, la laissant libre de partir pour le pays de son choix.

Brigitte Mohnhaupt devait à nouveau faire parler d'elle le 15 septembre 1981, en participant à un commando qui s'attaquait, à Heidelberg, à une limousine blindée transportant le général Frederick Kroesen, commandant en chef de la 7e armée américaine et un des plus hauts responsables de l'OTAN en Europe. Le commando de la RAF, baptisé « commando Gudrun Ensslin », avait attaqué le véhicule avec un lance-roquettes RPG-7, sans toutefois parvenir à tuer le général.

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